La bUze

mardi 18 novembre 2008

les Young Gods - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 12 Novembre 2008

après Shearwater, la soirée continue...

Retour au bar : pas de tisane proposée, c'est dommage tant la bière n'y est pas bonne et puis c'eut été bien face à la scène transformée en chalet suisse : chaises, lampes de chevet, vieux tapis et chaussettes (et non tapis et vieilles chaussettes). Les plus très jeunes Young Gods (20 ans d'existence) ont remisé leur rock électro-industriel-bruitiste au garage et acheté des guitares en bois pour revisiter leur répertoire en mode acoustique.

young Gods 2008.jpg
Le trio devenu quatuor durant ce Knock on wood tour plante l'ambiance avec délicatesse, quelques solis mesurés et inspirés de la nouvelle recrue Vincent Hänni ponctuent le titre d'ouverture.

Ce sera la seule fois (on n'est pas vendredi soir à San Francisco). Hormis le bluesy Gasoline Man presque trop classique, la suite est toute autre : des morceaux étirés, amorcés via des percus sobres mais efficaces qui lancent des accords de grattes qui tournent en boucle.

Le chant pointe après de longues intros et martèle quelques phrases en anglais ou en français, guère plus, on n'est pas bavard dans ces couplets ! Si certains morceaux gagneraient à être écourtés, Gardez les esprits contredit tout çà et hypnotise pendant plus de 10 minutes, rythmé par 2 doigts claquant sur une caisse de guitare. On guette une éventuelle explosion qui n'arrive jamais, à croire que çà les amuse :o) !

Pas mal de reprises (Suicide, Richie Havens, ...), un peu d'humour aussi (instrumentations de Charlotte) et des effets discrets côté voix ou 6 cordes. Le second rappel clôture ce bon concert, avec plein de fréquences médiums !

La femme invisible, conquise, s'empresse d'aller féliciter les helvètes très accessibles sitôt le rideau tombé. On attend sa chronique !!!

dimanche 16 novembre 2008

Shearwater - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 12 Novembre 2008

Nouvelle Epicerie ce soir pour une soirée qui s'annonce éclectique :

D'abord 30 secondes de Luis Francesco Arena qui ne permettent pas de faire une mini-chronique... C'est ballot d'avoir loupé çà, la première partie qu'ils avaient assuré en 2006 pour Syd Matters ici même avait laissé un bon mais flou souvenir...

Place à Shearwater, en tournée pour Rook, album coqueluche 2008 du net pas écouté. Ce sera donc une découverte totale du quintet qui a pris possession de la scène et des nombreux instruments qui s'y trouvent : basses, contrebasse, batterie, clavier, banjo, guitare, trompette, xylo, machines, ...

shearwater Lyon.jpg
Tout commence dans le calme avec Jonathan Meiburg seul au clavier jusqu'au refrain et sa déflagration bien violente. Le décor est planté, suivront des chansons folk-rock pas très folk finalement : un peu de banjo pour la forme mais beaucoup d'électricité (et des chansons à 2 basses !). Ce songwriting est tout en tension et le groupe, très compact et complice, sait le rendre parfaitement. Le personnel change parfois de poste pour servir des instrumentations originales et variées, grosse impression donc !

Tout est parfait donc ? mmm, Non : le leader chante (normal il est leader) mais il en fait des tonnes dans le lyrisme et la grandiloquence. Si, sur les titres mid-tempo, on pense entendre Mark Hollis (c'est un compliment), çà ne dure jamais très longtemps et Meiburg monte vite dans les tours et gave ses couplets / refrains de ohhhhh ohhhhh outrés.

C'est fâcheux mais c'est comme çà... sûrement le genre de voix qu'on aime ou qu'on déteste ! J'ai choisi mon camp... et ce n'est pas l'attitude scénique du garçon, au jeu tout aussi appuyé qui me fera changer d'avis.

la suite de la soirée dans le prochain billet

jeudi 6 novembre 2008

Emily Jane White - le Sirius (Lyon), le 05 Novembre 2008

cat power.jpg Première date du festival Just Rock (au calendrier avec plein de trous dedans cette année) et soirée folk au Sirius.

La bUze est en retard (21h, c'est quoi ces concerts-gouters qui commencent à 20h sans retard) et le panneau complet est affiché. Je franchis le pont quand même et, après un regard de teckel dont j'ai le secret, on me laisse accèder au tas de gens qui s'entasse à l'avant du bateau dans un mélange d'effluves corporelles à forte dispersion calorifique.

Emily Jane White (puisque c'est elle qui joue déjà) vient de San Francisco et a sorti cette année un premier album Dark Undercoat (en écoute ici) chez Talitres (qui ont accessoirement fait connaitre dans nos contrées le plus-grand-groupe-du-monde : The National).

Dur de profiter pleinement du début de ce concert, on ne voit pas grand chose à part un mec à casquette à peine plus petit que sa contrebasse qui touche presque le plafond du bateau. On devine Emily au centre de la scène (étonnant) et rien sur la gauche... On entends mal aussi, le bar est trop proche. A l'écoute, on identifie quand même un violon et un violoncelle.

Petit à petit, la chaleur faisant fuir les moins résistants, on se rapproche pour goûter au folk de l'américaine, plutôt simple et arpégé mais heureusement enrichi par le trio à cordes. Les arrangements sont vraiment bons et font ressortir un songwriting déjà bien affirmé.

Sur certains titres, la voix rappelle furieusement celle de Cat Power (avant la chute - oups -), une dose de fêlure en moins, certes, mais quand le piano se substitue à la guitare acoustique, c'en est vraiment troublant.

Beaucoup plus à l'aise sur scène que Chan Marshall, l'ambiance est plutôt détendue entre la petite bande et le public, notamment lorsque la péniche s'incline d'un coup à tribord (bizarrement, les images de Titanic reviennent en tête).

La demoiselle termine seule son set et entame le rappel de la même façon. Le groupe revient pour un Hole in the middle bien enjoué avant de fermer boutique sur une dernière chanson juste touchante.

Belle découverte donc, la première assemblée de l'amicale des blogueurs (NextMusic aka Daniel & JP et Blinkinglights aka Xavier) confirme. Et un nouvel album à écouter, un !

ps: merci à Daniel & Xavier pour les bières, la prochaine sera la mienne !
ps2: monsieur Birdy Birdy Partners, aperçu ce soir-là : vos concerts nous manquent...


add : pour retrouver la chronique de Xavier, clique ici, pour celle de Daniel, clique là.

jeudi 16 octobre 2008

Suzanne Vega - salle Molière (Lyon), le 13 Octobre 2008

Soirée calme et assise ce soir puisque La bUze est au balcon et découvre la salle Molière au look ma foi bien rétro, remplie aux 2/3 pour accueillir Suzanne Vega.

suzanne vega glaurent.jpg
Pas de première partie et horaire respecté ou presque (20h), pas très rock'n'roll mais on n'est pas là pour çà !

Accompagnée du seul Gerry Leonard (guitariste chez Bowie), la new-yorkaise présente son dernier Beauty and Crime (tout a fait honorable) en formule acoustique.

Pas d'effet de mise en scène très spectaculaire : un spot braqué sur la chanteuse vêtue de noir, Gerry sort de l'ombre de temps en temps. No look pour les deux.

"Marlene on the wall" ouvre le bal. Suivront des titres piochés dans la plupart des tiroirs discographiques (7 albums), l'accent est évidemment mis sur le récent album ("New York Is a Woman", "Pornographer's Dream", "Frank & Ava").

L'accompagnement réduit pouvait laisser craindre une certaine monotonie, il n'en est rien : Leonard, à l'electrique (oui, je sais, j'ai dit formule acoustique), varie brillamment les approches, muscle juste ce qu'il faut son jeu par moment, joue habilement des effets sonores. Vega à l'acoustique (on y est) rythme l'ensemble et prends quelques leçons de français entre les chansons.

Toujours est-il que l'on retrouve avec délice la caresse de cette voix si particulière. La bUze fond sur "In Liverpool" (de l'excellent 99.9 F°), sommet de ce concert. C'est déjà la fin du set, plutôt convenue, avec les 2 tubes Luka (pas convaincant) & Tom's Diner enchainés.

2 rappels en douceur suivront et puis Suzanne s'en va. Il est 21h30... Au lit !

lundi 29 septembre 2008

The Notwist + Married Monk Solo - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 26 Septembre 2008

Quitte à être patient pour la rentrée musicale, autant pêcher du gros, et se déplacer jusqu'à Feyzin (presque une évidence, désormais) pour voir son premier groupe allemand en live (il faut un début à tout) : the Notwist. Je tiens à préciser que ce n'est pas un dégât collatéral d'une passion incontrôlable pour Tokio Hotel : je possède, factures à l'appui, Shrink et Neon Golden (ma préférence allant vers le bleu plutôt que le rouge).

Pour se mettre en jambes, un Married Monk en solo, à savoir le chanteur guitariste Christian Quermalet. Lançant les accompagnements au pied, il propose une poignée de chansons pop mélancoliques très bien ficelées avant de ralentir le rythme et de perdre une partie de l'auditoire. L'absence de groupe y est aussi pour quelque chose : interdiction de s'affranchir en cours de morceau de la partition qui défile, le tout est très millimétré et les accents Lou Reed-iens du chant n'y changeront rien : si on ne verse pas encore dans le karaoké, on touche aux limites de la formule.

A noter une très bonne reprise, plus décontractée puisque seul à la guitare, c'est connu mais impossible de me rappeler le groupe (les paroles semblaient assez drôles : 'love at first sight', 'it's gonna be hot in...'). Entracte!

Place à la tête d'affiche, en tournée promo de The Devil, You + Me, pas écouté. Ils sont 5, en formation plutôt rock : guitares, basse, batterie mais les machines et platine sont bien à portée de main.

notwist.jpg
Niveau look, c'est presque la revanche des geeks, no look pour tout le monde (c'est tellement rare maintenant que çà fait plaisir), paires de lunettes et Martin Gretschmann avec sa tronche de Garth dans Wayne's world qui en joue pas mal, surtout quand il enfile les dragonnes de ses wiimotes pour triturer un peu de texture sonore (la wiimote, çà fait pas trop rock'n'roll on stage, plutôt clip de Kraftwerk).

Sinon, pour la musique, l'entame est assez électro avec 3 titres presque dansants. On retrouve avec beaucoup de plaisir la voix si particulière de Markus Acher. Au 4ème top pourtant, arrêt brutal et retour au punk-rock (efficace) des premiers albums du groupe.

C'est le tournant du concert qui bascule alors dans ce que le groupe sait faire le mieux : un mélange d'électro-pop-rock-jazz (pour faire court). Les versions live sont étirées pour y placer une embardée bruitiste bien barrée, le temps aussi de construire des murs du son fascinants, très denses et compacts avec beaucoup de dB.

La cohésion du groupe est impeccable, le batteur est impressionnant (dans son toucher et aussi le head-banging). L'enchainement 'Neon golden' / 'Pilot' est juste parfait ; le "hit" des allemands semble d'ailleurs s'arrêter avant de rembrayer pour un final exceptionnel.

2 rappels et le groupe s'éclipse après de nombreuses salutations et une grosse banane sous les lunettes de chacun.
Grosse claque donc ! The Notwist, tout en humilité, sait transcender ses compos de façon inimaginée. De quoi oublier cette longue période loin des fosses.

dimanche 3 août 2008

Camille, The Dø & Fink - les Nuits de Fourvière (Lyon), le 27 juillet 2008

Bon, c'est presque fin juillet et La bUze n'a pas foulé le moindre caillou des théâtres antiques du coin... Il est temps d'y remédier avec cette affiche intéressante (et complète) des Nuits de Fourvière (ah si Léonard Cohen... blah blah blah).

fink.jpg Fink d'abord, DJ anglais reconverti à la gratte acoustique pour son 2ème album. Arrivé seul sur scène pour une chanson qui plante le décor, il sera progressivement rejoint par un bassiste puis un batteur.

C'est posé et prenant, suffisamment tendu pour capter l'attention du public malgré la chaleur et la nuit pas encore là. La voix du bonhomme fait son petit effet, son jeu de guitare aussi, le tout assoit une personnalité bien affirmée.

Un petit clin d'oeil à l'électro avec la très bonne reprise de Kraftwerk ('The Model') et c'est donc une excellente surprise que cette première première partie !

Place à la dernière hype de par ici: the Dø, duo franco-finnois auteur d'un "A Mouthful" plutôt rafraichissant. Depuis, il parait que c'est l'emballement médiatique (publicité, tous les gros festivals), de quoi se méfier, surtout quand on mate l'énorme batterie au centre de la scène.

Olivia.jpg Celle-ci lance le concert avec le titre branque qui ouvre aussi l'album, soit. La chanteuse chausse ensuite sa stratocaster pour poser les accords pourtant simples mais rudement efficaces d'une des pépites du disque.

Son collègue alterne claviers et basse et lance du pied quelques boucles non jouables. Y'a rien a dire, leur set est très rôdé : dansant (même si la fosse ne remue pas beaucoup - trop serrés ?), énergique, bancal aussi et donc charmant. La voix et le chant de la demoiselle y sont pour quelque-chose, c'est certain.

Le fait de n'avoir qu'un album à défendre ne transparait nullement, la plupart des titres ont été retravaillés sur la longueur pour la scène et çà passe nickel (c'est pas les Strokes qui peuvent en dire autant).

Ils ont la bonne idée de calmer le jeu au rappel avec un titre plus folk. Seconde bonne surprise que ce groupe en pleine ascension. Pourvu que çà dure...

Tête d'affiche maintenant avec Camille, en tournée Music-Hole, son 3ème entièrement vocal (non-écouté et très discuté il parait).

Elle se présente ce soir en chaussettes et habit de chaperon orange accompagnée de 8 musiciens-choristes. Un seul instrument traditionnel: le piano.

music hole.jpg Pas très communicatrice en début de set, on en profite pour écouter ces nouvelles chansons (sympathique météo marine revue et corrigée). Si la performance vocale impressionne au début, on l'oublie par la suite et le reste emballe moins (le côté un peu trop music-hall justement). Heureusement les retours au Fil sont réguliers et permettent de raccrocher au wagon.

Côté ambiance, la troupe s'entend à merveille et les encouragements ne sont pas feints quand les human beat box feront montre de l'étendue de leur talent ou quand le 'bassiste' partira pour une danse déchainée de quelques minutes.

Premier rappel avec changement de tenue pour Camille : un robe de soirée bien moulante au décolleté suspect. Comme c'est maintenant la tradition à Fourvière, le public lance ses coussins sur la scène, réplique du groupe et ensevelissement de la chanteuse sous ces accessoires.

Elle rappelle alors les premières parties pour tenter une impro (mauvaise) pendant laquelle elle trouvera le moyen d'enfiler une combinaison de plongée devant 3000 spectateurs sans rien montrer et finir par un très prudent stage diving...

Toujours doucement barge, quoi !

dimanche 20 juillet 2008

Ilene Barnes + Susheela Raman (Vénissieux), le 12 juillet 2008

Pleuvra, pleuvra pas... Une question presque typique pour cet été 2008 ! La bUze se déplace quand même jusqu'à Vénissieux pour ses Escales offertes et curieuses, féminines ce soir : Ilene Barnes et Susheela Raman se partagent l'affiche.

Ilene Barnes, from Detroit city - Surinam - Barbade, ... a déjà sorti 3 albums et parle parfaitement notre langue (elle est parisienne désormais). Accompagnée d'une guitariste et d'un batteur, elle s'impose d'entrée et avec le sourire, calmant gentiment un fan transi de la fosse.



Son gabarit impressionne (1m90 ?) mais pas autant que sa voix, souvent méconnaissable d'un titre à l'autre. Son registre folk-rock est aussi perméable à d'autres influences : blues, chants indiens et en fin de concert , une chanson bien régressive avec participation active du public pour un compte à rebours très original.

Chouette moment donc, à ne pas manquer si elle passe de par chez vous !

On continue dans le métissage avec Susheela Raman, anglaise d'origine tamoul mêlant soul, blues et rock à de fortes influences indiennes.

Sur scène ce soir, tous de noir vêtus, la formation est réduite : un guitariste classique (avec 2-3 pédales quand même) et un joueur de tablas.



Le début de concert est plutôt lent, ce qui permet d'apprécier la beauté de la voix de la demoiselle. Et c'est à peu prêt tout : pas d'emballement par la suite ou du moins on ne sait pas trop ce qu'il se passe, c'est décousu, guère addictif et la reprise du Voodoo Chile d'Hendrix n'y change rien.

Expédié rapidement (une heure à peine, rappel compris), c'est pas plus mal !

samedi 28 juin 2008

Daniel Darc - Les Invites (Villeurbanne), le 21 juin 2008

Fête de la musique today, et plutôt que de se perdre à Mirmande, on profite de la dernière soirée des Invites où Daniel Darc assure la tête d'affiche.

En formation presque nombreuse (2 grattes, basse, batterie & clavier), il jouera principalement les titres de son dernier Amours Suprêmes (référence Coltranienne) et de ce Crêve-coeur qui avait permis un retour réussi après quelques abîmes traversées.



Déjà vu pour l'album précédent au Kao, on note que l'ex leader de Taxi-Girl a durcit le ton côté arrangements et discours : entre 2 titres, Sarkozy en prends souvent pour son grade (Les regrets en spéciale dédicace à ses électeurs). Il chante aussi de moins en moins, il marmonne plutôt et semble titubant sous le chapiteau du square de la Doua.

Avec J'irai au Paradis et son riff très efficace, tout s'emballe, le pied de micro en fait les frais et Darc tombe la veste. La suite est tout aussi rock'n'roll, bien soutenu par un excellent groupe et un son parfait, le bonhomme chante souvent à genoux et va faire quelques tours dans la fosse donner quelques accolades.

Peu de voix donc mais un charisme évident, presque prédicateur sur Psaume 23. Chercher le garçon emballe cette fin de concert... Deux rappels, une fin de concert intimiste où accompagné du seul piano, Darc calme le jeu avec maestria et dévoile une sensibilité vraiment touchante.

Contrairement aux Balkan Beat Box l'avant veille, aucun calcul ici, Daniel Darc se donne tout entier : c'est déglingué parfois, pas parfait non plus, juste humain et sincère. Rare, quoi...

dimanche 22 juin 2008

Le Tigre des Platanes & Etenèsh Wassié, Balkan Beat Box - Les Invites (Villeurbanne), le 19 juin 2008

Ouverture ce soir du festival "pas pareil" au square de la Doua. Après Getatchew Mekuria & The Ex, on continue dans la musique éthiopienne métissée avec cette collaboration entre Etenèsh Wassié, chanteuse azmarie et Le Tigre des Platanes, combo jazz toulousain aux multiples influences.

tigredesPlatanes Etenèsh Wassié.jpg
Le Tigre est un quatuor : batterie, basse acoustique, trompette et saxophones et Etenèsh Wassié, vêtue d'une robe blanche traditionnelle (?) assure au chant ces réinterprétations des classiques éthiopiens. Le fameux groove est bien là, tout de langueur avec un brin de mélancolie.

Calme au début (on reconnait le Tezeta présent sur au moins la moitié des volumes Ethiopiques), le répertoire s'énerve progressivement avec des embardées sauvages de sax ou quelques trouvailles bien senties du batteur. Lors des parties plus nerveuses, la chanteuse nous sert une danse des épaules typique plutôt sympathique. Bonne ambiance, un peu d'humour, le groupe prends un plaisir évident sur scène.

Plaisir communicatif, la salle réagit très positivement mais, timing oblige, n'aura pas droit à rappel. Cà commence bien !!!

Direction le bar et son judicieux système de verres à bière consignés... Pendant ce temps, Beat Assailant prends possession de la scène : hip-hop trempé longuement dans la funk (la section 3 cuivres et la basse bien ronde y sont pour quelque chose), résultat efficace et pétaradant, parfait pour les étudiant(e)s voisins venu(e)s faire transpirer leur bouteille de jus d'orange. On encaisse un petit coup de vieux, on trouve çà répétitif et on retourne au bar.

Il est plus d'une heure du mat' quand les new-yorkais de Balkan Beat Box (auto-link) lancent leurs premières boucles. Saxophones, percus, machines, basse & gratte, ils sont 6 pour finir la soirée en beauté.

balkanBeatBox.jpg
Petit problème, le son : çà résonne et les cuivres sont mixés très en dessous... On passe outre et on observe : ils ont l'air bien sympathiques et haranguent souvent la foule. Celle-ci répond présent, normal, les jus d'orange sont vidés...

Côté musique, çà tourne vite en rond : une boucle électro, des riffs de sax, un tricotement de gratte... Les voix présentes sur le premier album manquent cruellement. Et puis la spontanéité n'est pas trop là : festif certes mais très pro et calculé. Déception !

mardi 10 juin 2008

Getatchew Mekuria + The Ex - Le Fil (Saint Etienne), le 04 Juin 2008

De part la longue ( :o) ) existence de ce blog, une règle voudrait que le concert de l'année ait lieu au mois de Juin. Nous y sommes donc et le déplacement stéphanois du jour part favori : l'association des vétérans (28 ans d'existence) punks hollandais The Ex avec le roi du saxophone éthiopien Getatchew Mekuria (né en 1928 (!) ou 1935 (!)) avait déjà fait merveille tant sur scène au CCO en 2004 que sur disque (hop, un rétro billet ici).

Le fil d'abord, nouvelle salle à la configuration surprenante : toute en longueur avec un bar attenant... on se dit que c'est juste pour la première partie : Fedayi Pacha, soit un jeune homme caché sous un habit XXL de moine à grosse capuche pour nous servir un mix d'ethno drum'n'bass original mais bien riche en basses et trop long.

Le concert aura bien lieu ici et la troupe s'installe rapidement. Pour cette tournée, le groupe est complété de 3 souffleurs (sax, trombone et clarinette), soient 9 personnes pour envoyer en grosse partie ce Moa Anbessa. Cà part à toute berzingue avec 2 des titres les plus bourrins de l'album. Mekuria arrive tranquillement, juste à temps pour poser sa partie, c'est puissant, le son est parfait et çà devrait durer un moment.

the ex getatchew mekuria.jpg
On a un peu peur quand le sax devient récalcitrant et coince quelque part dans les mécanismes, on flippe même quand notre homme disparait dans les coulisses. Pendant ce temps, la batteuse assure au chant le temps d'une réinterprétation d'un folklore de là bas en éthiopien s'il vous plait. L'absent réapparait revêtu d'un habit traditionnel flamboyant et accompagné d'un danseur frénétique qui enflamme un peu plus le public. C'est bon enfant et excellent.

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Les autres musiciens ne sont pas en reste, que ce soient les guitaristes qui, sautant un peu de partout tels deux gamins, proposeront un joute bien bruitiste ou les fameux souffleurs qui se fendront de quelques solos tout aussi pêchu (c'est dingue la variété de sons qui sort d'une clarinette). Ils savent aussi calmer le jeu en fin de parcours : belle image où tous assis en bord de scène écoutent Mekuria, seul.

Lors des rappels, le héros de la soirée refusera de se plier aux règles du retour en backstage, encourageant ses acolytes à revenir sitôt partis. Le set s'achève sur un dernier morceau en solo et c'est bien dommage !

Quel pied !!! Le concert parfait, généreux, direct et ... et dire qu'il n'y a pas d'autre date en Rhône Alpes... çà va être long d'attendre Juin 2009.

ps : more interactivity with La bUze, mais pas encore au top du cadrage, c'est ici.