La bUze

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jeudi 29 septembre 2011

L'art de voler - Antonio Altarriba & Kim

volerAltarriba.jpeg 90 ans d'une vie en 200 pages, c'est ce que proposent Antonio Altarriba et Kim, celle du père du premier, enfant de la campagne de Saragosse qu'il ne tarde pas à fuir pour la ville avant d'embarquer dans le train de l'Histoire espagnole : d'abord le front populaire puis la guerre civile, l'exil en France (parqués dans des camps) avant de s'en retourner, résigné, sous la dictature franquiste.

Le fils devient (transsubstanciation dit-il) le père et raconte cette (pas vraiment) drôle de vie, bouffée par les regrets. Dessin très agréable, densité du récit, on est vite happé dans ce pan d'histoire pas si lointaine !


ps1 & scoop buzien tout frais : Altarriba participera au prochain salon du livre de Bron (c'est dans 6 mois :) ).

ps2 : j'ai failli mettre 'volare' des Gipsy Kings mais je me suis retenu, j'avais aussi la solution d'un duo Sardou-Dion... auto-censure, quand tu nous tiens !

mardi 5 juillet 2011

Gerry Alanguilan - Elmer

elmer_chicken.jpg Première BD Philippine (!) et grosse curiosité de par une idée de départ un peu folle, comme un défi : celui d'élever la condition des gallinacés au rang de citoyen lambda et d'en faire un bouquin.

Une fable / farce (les 5 premières sont vraiment bien vues) qui moque les psychoses pandémiques, joue avec le star-system et donne aussi sa petit réflexion sur quelques massacres passés (la Shoah notamment (du coup, la référence à 'Maus' vient naturellement)) avec un recul très bien trouvé.

Si on on ajoute à cela un dessin en N&B agréable et un sens narratif attractif, on se retrouve avec une très bonne surprise !

Les 20 premières pages ICI

dimanche 24 octobre 2010

Pourquoi j'ai tué Pierre (Oliver Ka - Alfred) / Sutures (David Small)

2 livres pour un billet ? Oui mais deux BDs à la trame similaire :

pourquoi.jpg De ce côté de l'Atlantique, Olivier et sa famille, les idéaux libertaires de l'époque (début des 70's) mis en pratique, la rencontre avec un prêtre pas très standard, camps d'été... Tout va pour le mieux jusqu'à l'évènement qui restera gravé et enfoui de nombreuses années avant que tout çà ne ressorte avec le mot pédophilie dans les médias.

A la lecture de l'album, on ressent le besoin de l'auteur à tourner définitivement cette page et la dernière partie, très forte et très digne, reste longtemps en mémoire.

Le tout est magnifiquement servi par le dessin d’Alfred (Je mourrais pas gibier) et une mise en couleur qui nous replonge délicatement dans l'époque.


sutures.jpg Un peu plus tôt et du côté de Detroit, David, un père radiologue, une mère acariâtre et une grosseur au cou non traité dans les temps.

C'est ici plus lourd dès 6 ans et les tons gris de l'album retranscrivent bien cette enfance ni normale ni heureuse : désamour parental, cancer, non-dits et famille un peu dingue...

Small aura attendu la soixantaine pour raconter son histoire, sans pathos, avec même un soupçon de poésie pour alléger la lecture du pavé (320 pages) dont on sort groogy.

C'est touchant et effrayant à la fois... quelque part optimiste aussi. C'est surtout un très grand roman graphique !

mercredi 4 novembre 2009

Pascal Rabaté - Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune

rabate.jpg Drôle de titre pour un one-shot où l'auteur creuse le sillon intimiste provincial initié avec l'excellent Les petits ruisseaux (et poursuivi plus légèrement avec les 2 tomes de La Marie en plastique).

On suit cette fois un tenancier de boutique de farces & attrapes en pleine déprime post-séparation, se soignant à coup de régime raviolis + mauvais vin et au grand dam de son entourage.

Des fragments de vie, quelques gags bien sentis, une rencontre, des silences aussi, c'est ce qu'on nous propose au long de la centaine de pages qui composent l'album dont les teintes à dominante marron-jaune surprennent un peu au début.

Pas grand chose finalement mais c'est tout l'art de Rabaté que de savoir les souligner avec justesse et délicatesse.

J'adhère !

jeudi 9 juillet 2009

Joe Matt - Strip tease

Avant d'avoir mis en scène son obsession du porno et de la branlette dans un Epuisé plein de kleenex (et épuisant), Joe Matt s'était fait connaitre avec un pseudo-journal intime (période fin 80's début 90's) paru en divers épisodes et compilés ici aux yeux de tous.

strip_tease.jpg On y découvre l'auteur et ses travers : égocentrique, geignard, radin, égoïste, obsédé, manipulateur, insatisfait, feignant... Que des qualités donc, présentées à raison d'une page assez verbeuse (il dessine petit !) par anecdote.

Quand elles ne tournent pas autour de sa propre personne, ses histoires dépeignent au lance-flamme ses proches : copine actuelle, ex, co-loc, parents... tout le monde en prends pour son grade et c'est plutôt très drôle dans le genre.

La faute à un humour au vitriol et une auto-dérision sans limite qui frise le masochisme (mais quand même moindre comparé à Epuisé).

A plusieurs reprises, Matt allège aussi le propos avec des planches plus graphiques où notre looser se retrouve pris au piège d'un détraquement des codes de la BD.

Enfin, en filigrane derrière la déconne, on perçoit toute l'angoisse du personnage quant à son quotidien, sa vie de couple, ...

Bref, un must, à lire par morceaux ! On espère juste que l'américain à bien forcé le trait.

samedi 9 mai 2009

Joe Daly - the Red Monkey dans John Wesley Harding

Tiens, un album de l'Association en couleur... on gratte un peu plus : l'auteur est sud-africain... De quoi ête intrigué !

redMonkey.jpg On se retrouve donc avec deux protagonistes un brin glandeurs : Paul qui vient de trouver du taf' au sanctuaire des animaux (il est responsable de la section des porcins) et Dave, sans emploi, qui vient d'acheter des nouvelles sandales pour assumer ses pieds de singe (!).

Les lascards vont s'associer pour chercher John Wesley Harding (du nom de l'album du Zim), un capybara échappé du sanctuaire à la suite d'un cambriolage.

A partir d'ici, l'histoire part un peu en vrille : rencontre extraterrestre (ou pas), enquête avec un détective privé un poil cintré, scandale écolo-immobilier (ou pas), ...

Loufoque donc, avec une ambiance à la Tarantino plutôt bien rendue, servie par un dessin très cool (pas trouvé d'autre mot plus parlant) qui fait quelques clins d'oeil aux Cigares du Pharaon (scène du cambriolage). La mise en couleurs est vraiment magnifique (toute en aplats - ligne claire, quoi) et les dialogues bien farfelus.

Atypique donc, inhabituel, de quoi donner envie d'explorer cette scène sud-africaine (si scène il y a) à commencer par Scrublands, du même auteur !

mardi 7 avril 2009

Scott McCloud - L'Art invisible : comprendre la bande dessinée

Petit détour avec cet essai (oui oui) qui propose un décryptage de la bande dessinée en bande dessinée.

scott C'est une première dans le genre et l'approche ludique choisie par McCloud (qui se mets souvent en scène pour étayer son propos) rends la lecture de ce bouquin assez conséquent (220 pages) très plaisante. La lecture d'une traite est un peu lourde je pense, se farcir les 7 chapitres un par un facilite le transit.

Parmi ceux-ci et entre autres, l'américain retrace d'abord l'histoire de la BD, ses premières formes, avant qu'elle n'ait même un nom. Il insiste ensuite salutairement sur sa richesse : non, ce n'est pas que dessins et textes associés (l'ellipse !) et oui, l'interaction avec le lecteur (et ses humeurs) est bien réelle, peut-être même jamais autant centrale.

Un must donc mais quelques regrets aussi : l'ouvrage date de 1993 et zappe l'évolution du média depuis (et pour bouger, il a bien bougé), le manga est toutefois abordé. Ensuite, on trouve peu de pistes, références pour approfondir, seuls quelques grands noms (Eisner, Spiegelman, ...).

Reste maintenant à voir si mes prochaines lectures seront altérées par celle-ci.

mardi 17 février 2009

Cyril Pedrosa - auto bio

...ou les confrontations et contradictions que doit affronter un écolo-urbain.

autobio.jpg L'auteur (marié - 2 enfants) est sensible à l'environnement, habite en ville, scolarise ses gamins dans une école Freinet, possède un kangoo et vote plutôt vert. Pas mal de clichés bobos donc ! Ceci dit, au quotidien, c'est parfois difficile à mettre en pratique et les mises à l'épreuve sont nombreuses.

Un brin looser (sa dégaine tout au long de l'album n'est pas très flatteuse), Cyril Pedrosa dépeint avec beaucoup d'auto-dérision ses chroniques familiales : choix alimentaires, rêves de maison en bois, réunion des parents d'élèves...

Drôle mais pas que : l'autre intérêt du bouquin est qu'il apporte aussi un brin de réflexion sur l'éco-citoyen-citadin qui sommeille (pardon, se réveille) en pas mal de monde et se donne finalement bonne conscience à peu de frais.

Un bon album Fluide Glacial.

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