La bUze

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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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jeudi, février 11 2010

Ukandanz & Asnaqé Guèbrèyès - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 07 Février 2010

Il en aura fallu du temps pour renouer avec un peu de live... et on commence à petite dose : pas de soirée folk à 3 groupes ;o) , juste un concert goûter, comme désormais presque tous les concerts du dimanche (qu'est-ce qui se passe le dimanche, d'ailleurs ? les gens se couchent plus tôt ? (c'est toi Pluto)).

Bref, trêve de digression, c'est à nouveau l'Epicerie et on commence l'année comme on a fini la précédente, avec une saveur éthiopienne !

Au programme, le résultat d'une résidence où les lyonnais de Ukandanz se sont associés avec le batteur chanteur Asnaqé Guébrèyès, déjà aperçu ici même en 2006 accompagnant le disparu Mohammed 'Jimmy' Mohammed, en première partie de (étonnant ?!) The Ex.

Ukandanz-Asnaqe-Guebreyes_live_Lyon.jpg
Durant une bonne heure, les 5 protagonistes vont embarquer le public vers des contrées incertaines : malmenant pas mal le groove éthiopien, le teintant de sonorités bien rock parfois, jazz souvent, jazz-rock quoi mais sans virer dans la démonstration déroutante.

Les morceaux sont longs mais très variés, les joutes de Lionel Martin (sax ténor) et Damien Cluzel (gratte) fonctionnent parfaitement et le chant & les pas de danse de Guébrèyès pimentent agréablement le tout.

Ils finiront en beauté avec un titre plus classique (déjà entendu chez les hollandais) mais d'une efficacité remarquable. Fin du goûter oblige, une dizaine de marmots dansent devant la scène.

Après le Tigres des Platanes, un autre métissage réussi, à suivre sans faute lors des festivals de cet été !

dimanche, janvier 3 2010

Fendika & The Ex - Ground Zero (Lyon), le 19 Décembre 2009

Est-il bien raisonnable d'aller revoir The Ex sachant que :

theEx_lyon_live.jpg
Les pour:

  • c'est toujours impeccable sur scène
  • leur démarche d'auto-tout est rare et très respectable
  • ils prennent leur pied à chaque fois et çà se voit
  • ils embarquent toujours un groupe éthiopien en guest, ce soir ce sera les excellentissimes Fendika, en costumes traditionnels, 1 couple de danseurs (le gars officiait déjà à Saint-Etienne) avec changements de tenues et bonne humeur garantie (le public adhère dès le début et pogotera un brin quelques minutes + tard)
  • c'est à Grrrnd Zero, et ce serait la dernière au Rail Théâtre, la faute à des problèmes de bruits, des nouveaux voisins pas conciliants et une mairie pas trop concernée
  • la bière est bonne
  • fin du monde oblige, un DVD avec quelques prestations live du cru est offert à l'entrée
  • on va pas louper le dernier métro, la bUze mobile sait se la jouer Holiday on Ice

Fendika_live_Lyon.jpg
Les contre:

  • Getatchew n'est pas de la partie
  • 30 ans que çà dure pour les hollandais : place aux djeunes
  • c'est à Grrrnd Zero, et donc 4 (!) groupes ce soir et des premières parties souvent pénibles : je loupe une bonne partie de Reveille (soient Françoit Virot et une charmante batteuse pour un duo bien bruitiste mais plaisant) mais n'échappe malheureusement pas à 300mA, déjà aperçu seul et ce soir en compagnie d'un gars qui joue magnifiquement du marteau sur un ressort d'amortisseur (il se feront même applaudir)
  • on va se coucher tard (2h)

Score 8 Pour - 4 Contre, bah... j'y retournerais !

jeudi, décembre 17 2009

Piers Faccini + Grizzly's Ache - le Marché Gare (Lyon), le 12 Décembre 2009

Ras le bol de l'épicerie (non pas vraiment)... place au Marché Gare, lieu peu visité pour cause de programmation non compatible... M'enfin, on fera facilement exception ce soir puisque Piers Faccini joue enfin en terres lyonnaises, après un loupé en 2005 (pour une raison valable dont il s'excusera d'ailleurs - et puis Red avait largement sauvé les meubles).

Mais revenons à nos moutons, ruminants un peu cons qui, en Pyrénées, se font bouffer tout cru par ces salauds d'ours... Habile transition pour dire que décidément l'ours est à la mode : après Panda Bear et autre Grizzly Bear c'est Grizzly's Ache qui débute la soirée, dans les deux sens du terme puisque c'est une première pour eux aussi.

Le chanteur est d'ailleurs assez crispé dans ses interventions mais rayon musique çà fonctionne vraiment pas mal : les compos sont variées (voix à la Dogbowl, influences qui lorgnent parfois vers Wooven Hand) et ils savent mettre en place des ambiances sonores (la balade dans le désert, notamment). 6 titres en guise de présentation, bon format !

Place à Faccini, auteur cette année d'un excellent Two Grains of Sand (son premier Leave No Trace est du même niveau et le Tearing Sky suivant doit bien le valoir). La fosse est bien garnie, on garde donc sa place et on aperçoit la charmante Laetitia Sheriff qui officiera aux choeurs et à la basse.

piers.jpg[1]
L'entame est minimaliste : voix + guitare (2 accords ?) et c'est déjà bluffant. Le son est parfait et s'il était difficile, à 3, de reproduire les arrangements nombreux et discrets des enregistrements, les ré-orchestrations sont très réussies. Plus rock aussi, l'anglais se permettant même une paire de cours chorus crados (aka à la Neil Young). Le batteur lui emboitera le pas : 2 solos de batterie en moins d'un mois, où va-t-on ?

Coté répertoire, il pioche dans ses trois galettes, y ajoute une reprise de Springsteen (période Nebraska) et un blues en rappel acoustique. Impressionnant jeu aux doigts au passage mais surtout des qualités de songwriting épatantes et une voix à tomber ! Il parait même qu'il est plutôt beau gosse, alors bon...

Deep Blue Sea fermera le chapitre : seul, a cappella, après presque 2 heures de concert... Thanks !

On croise Benoit & Max B à la sortie, convaincus tous 2, l'épisode Young Gods est oublié ;) .

Notes

[1] photo Pirlouiiiit

vendredi, décembre 11 2009

David Krakauer, Klezmer Madness & Socalled - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 02 Décembre 2009

Déplacement presque improvisé et on aurait bien eu tort !

L'épicerie, encore... pour une soirée à tête d'affiche unique (des fois, c'est bien), à savoir David Krakauer, clarinettiste et maitre ès klezmer, cette vieille musique juive originaire d'Europe de l'est et centrale.

Unique l'affiche, d'accord, mais bicéphale (au moins) puisque le Klezmer Madness est accompagné ce soir par Socalled, jeune DJ québécois fan du genre qui en avait offert une relecture hip-hop plutôt réjouissante.

krakauer_socalled.jpg[1]
L'entame se fait sans ce dernier, histoire de découvrir les impeccables musiciens qui accompagnent Krakauer: trio classique basse-guitare-batterie et un accordéoniste. Le tempo est vite très soutenu, l'énergie débordante et la clarinette un peu folle. Socalled les rejoint rapidement au piano (et aux samples), il posera son flow atypique sur 2-3 titres également.

Beaucoup de plaisir à jouer pour tous, de l'humour (Tweet tweet et la participation demandée et obtenue du public), chaque musicien ira de son petit chorus (la guitariste plus (trop ?) souvent que les autres).

Piochant dans le klezmer donc mais empruntant aussi beaucoup à la funk des 70's, c'est là qu'ils excellent: le groove est juste MONUMENTAL et ce mélange d'influence reste hors normes et jouissif, juste dommage que la salle soit en configuration assise...

En fin de set, Krakauer fera seul une belle démonstration de sa virtuosité, mais sans trop se la péter non plus et, après 1h30 de concert, le premier rappel est gigantesque : rarement les applaudissements qui suivent auront été aussi nourris ici. Nous avons alors droit à un peu de rab' importé de Russie, autre genre (encore).

Excellente découverte, donc, à voir absolument sur scène !

Notes

[1] photo justpearly

mardi, novembre 17 2009

Dominique A + Des Fourmis dans les Mains - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 13 Novembre 2009

Deuxième rendez-vous avec A en deux ans pour encore presque 2 heures de concert, seul le lieu à changé : c'est l'Epicerie qui régale ce soir...

La première partie est locale et chante en français : Des Fourmis dans les Mains propose une belle originalité dans sa formation : batterie (bon d'accord), clavier-accordéoniste (déjà), contrebassiste-bassiste-chanteur (ah, quand même) et violoncelliste.

des_fourmis_dans_les_mains_live.jpg
Des compositions aux influences variées : chanson française, pays de l'est, une pointe de dub (heureusement courte) et un coté théâtral dans l'interprétation qui passe bien (j'entends "pas surchargé"). Une influence Noir Désir aussi dans la voix mais très bien digérée. Gros travail sur le son également, tout est en place, une belle découverte donc !

Petite entracte, on reste dans fosse : c'est complet et bien peu de monde n'ose tenter la cohue au bar de peur de perdre sa place surtout quand elle est assise.

J'avais dit tout le bien que je pensais de Dominique A lors de ce concert, je pourrais faire bref en disant que le concert de ce soir était encore mieux !

Tournée La musique, nouveau (presque) double album (avec le bonus disc La Matière), entouré d'un nouveau groupe et toujours pas de bassiste (qu'a-t-il contre les bassistes, d'ailleurs ?). Cà attaque dans le vif avec Le sens, ouverture de ce nouvel opus qui sera bien mis en avant puisque qu'une bonne douzaine de titres seront présentés ici.

La présence scénique du nantais reste impressionnante : très physique avec ce tronc massif et presque convulsé et c des mouvements de mains, amples et doux qui contrastent donc... L'ensemble est fascinant !

dominique_a_live.jpg
Côté musique (!), c'est du tout bon : cold-wave, pop (excellents Immortels et Le Bruit Blanc De L'été) ou bien rock comme ces grosses déflagrations chargées d'électricité sur Je Suis Parti Avec Toi. Toujours tranchant et bien envoyé, abrupt aussi dans les conclusions mais c'est tant mieux !

Quelques incartades opportunes dans le reste de la discographie (Le Faussaire, Pour la peau, ...) et en bonus, décontraction & humour pas aperçus lors de la précédente séance, la soirée vire à l'excellence...

3 rappels généreux où le public réclame ses chansons mais où le gars n'en fera qu'à sa tête : le classique Le courage des oiseaux en version couillue et, non demandé, un Twenty two bar bien envoyé.

Pour le dernier titre, seul à la guitare, A se lance dans un blues à sa sauce, accent anglais très limite et vocalises d'opérette... Ce garçon peut tout se permettre !

mardi, octobre 20 2009

Shannon Wright + Slashers - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 19 Octobre 2009

Première course de la saison à l'Epicerie (on pense qu'il y en aura d'autres), un dimanche en plus et pour une fois, l'horaire nous permettra de gouter tranquillement...

En guise d'apéro, un duo féminin du coin, guitare + violon / batterie et un visuel très réussi : projection des "meilleures" scènes de Shining, Halloween ou Psychose au ralenti et en noir & blanc. Effet garanti à l'écoute de la bande sonore servie par les Slashers : registre noise déconstruite, volume sonore assourdissant et des titres répétitifs et trop longs... Je décroche vite mais Xavier, ici présent, devrait donner un avis plus positif.

On s'éclipse au bar et une bonne surprise nous attends puisque le fournisseur de bière est désormais drômois et c'est tant mieux : la Grihète est bien bonne !

Place à Shannon Wright qu'on dit assagie depuis Let in the light où l'électricité était presque coupée. Honeybee Girls, son tout frais successeur creuse cette veine.

Shannon_Wright_live.jpg
Et c'est ce qui transpire sur les 3 titres d'ouverture, pourtant à la guitare, mais qui ne décollent pas complètement, comme bridés. C'est lorsqu'elle passe au piano qu'elle nous embarque définitivement mais sitôt fait que l'instrument est abandonné au profit d'une 6 cordes.

On retrouve alors cette tension, cette musique qui râpe dans les coins, non domestiquée. Pas de bavardages ici, tout au plus quelques mercis. Les 3 gars qui l'accompagnent (très efficacement) ne sont pas très loquaces non plus, presque effacés. Il faut dire que Shannon Wright bouge pas mal, retient l'attention et surtout bouffe toute la scène de part sa présence ahurissante, sa voix déchirante et puissante... dur de rivaliser !

D'autant plus que pas mal de vieux titres (et parmi les plus nerveux) sont joués ce soir. Black little stray en version magistrale, enchainé parfaitement With Closed Eyes et You’ll be the Death (tous issus de l'excellent Over the Sun). Cà tient en haleine/apnée jusqu'au premier rappel où l'américaine revient seule : 3 perles au piano, à vous coller des frissons dans la colonne. Et personne qui moufte dans la fosse.

Le groupe revient une fois pour un titre sur fond d'électro et de voix trafiquée (moins convaincant) avant que Wright n'achève la soirée (et le public), seule à la guitare, le temps d'un dernier morceau en forme de joute avec l'ampli et elle-même... Furieuse dans sa musique et dans ses mouvements...

Paf, prends çà !

vendredi, octobre 9 2009

Dick Annegarn - Espace Montgolfier (Davézieux), le 02 Octobre 2009

Après l'Isère, l'Ain, La bUze poursuit son tour Rhône-Alpin-des-départements-qui-commencent-par-une-voyelle : en route vers l'Ardèche (c'était la minute géographique), coté nord où il fait presque un temps à pique-niquer !

Cà se passe à Davézieux et on arrive à temps pour s'engouffrer dans l'Espace Montgolfier. Pas de première partie, salle assise et numérotée, Dick Annegarn apparait un mégaphone à la main accompagné de 2 cuivres (formule qu'il avait expérimenté sur Plouc en 2005) et d'un percussionniste.

Dur de s'installer sur les premiers titres, notamment ce Bruxelles en version minimaliste et vite expédié (mais je crois savoir que l'homme n'attache pas trop d'importance à cette bien belle chanson), le concert commence vraiment après ce titre.

suckMyDick.jpg
Pris de la voix, le gascon d'adoption tchatche un max entre 2 réaccordages (et c'est souvent drôle) ou fait participer le public puisque le concert est le moins cher de la saison... Quand il ne joue pas de la guitare, il nous gratifie de quelques chorégraphies bien décalées à l'image du personnage : atypique et d'un naturel désarmant parfois déroutant.

Coté répertoire, il piochera un peu partout : son dernier "Soleil du soir" avec Jacques (Brel) & Théo (Van Gogh) mais aussi les précédents ou quelques classiques (Mireille, Bébé Elephant). On devine le pourquoi du choix de l'accompagnement cuivré : çà fonctionne à merveille avec son timbre de voix !

Un seul rappel (pour les raisons médicales évoquées plus haut), hip-hop & Boileau c'est bien dommage !

samedi, octobre 3 2009

Terry Lee Hale - Restaurant des Mas (Villette sur Ain), le 27 Septembre 2009

Week-end ensoleillé de Septembre, les pneus de la bUze'mobile crissent gentiment sur l'asphalte, dépassent largement la cité médiévale de Pérouges pour s'arrêter sur une petite place de village : Villette sur Ain. 5 personnes en terrasse, on reconnait de suite Terry Lee Hale, vedette du soir.

terryLeeHale.jpg Un peu plus de monde au bar, c'est convivial et on goûte déjà la bière du cru avant que l'américain n'entame son premier set. 40 minutes apéritives très plaisantes et calmes, au dobro et en open-tuning, des compositions mais aussi (à priori) quelques standards instrumentaux.

Pause repas tex-mex (bien vue la formule !) et petite discussion avec le texan qui nous remets d'un précédent concert... Incroyable !

La nuit est tombée et l'éclairage a été revu version intimiste quand sonne la reprise et c'est tant mieux ! Lâchant le dobro pour une folk ou une 12 cordes, on savoure quelques titres du petit dernier : le très bon Shotgun Pillowcase.

L'auditoire est à peine garni (les gens sont restés en terrasse, observant de la fenêtre (!)) mais notre homme chante avec conviction. Sa patte gauche un peu folle et son gabarit dans la haute moyenne mettent à rude épreuve le matériel du lieu : soudain, c'est l'accident... La chaise s'effondre sur Texas Rose, demi-seconde de perplexité puis bonne rigolade !

Pas décontenancé pour autant, le concert reprends et n'en finira plus : l'harmoniciste vu il y a 3 ans a fait le déplacement en voisin et ils partageront de nombreux titres et une belle complicité. Le répertoire se tend aussi, avec des titres plus bluezy et entrainants : çà danse même sur le carrelage.

Superbe ambiance, un peu comme à la maison... dur donc de quitter la scène, pressés de toutes parts d'en faire encore une autre. Malins, ils termineront en douceur, sans amplification avec un instrumental délicat !

C'était juste la soirée de l'année... simplement ! Et merci au Restaurant des Mas pour cette belle initiative.

mercredi, août 26 2009

Leonard Cohen - Théâtre antique de Vienne, le 18 Août 2009

Température caniculaire et arrivée très en avance ne font pas bon ménage... On se liquéfie (mais on s'hydrate) en regardant se garnir le théâtre (c'est pas plein (c'est également hors de prix)) et la moyenne d'âge est bien au dessus des normales saisonnières...

A l'heure dite (20h), les musiciens s'installent vite rejoints par le chef de la soirée planqué sous un chapeau noir. Ses premiers mots sont ceux de Dance Me To The End Of Love et on ne regrette déjà plus d'être là : quelle voix !

Introduisant chaque titre par ses premiers vers en français, Cohen fait dans la classe élégante (on pense à Bashung lors de sa dernière tournée), ôtant son couvre-chef quand les musiciens prennent le lead, s'agenouillant même devant Javier Mas, guitariste qui apporte une touche espagnolante bienvenue aux orchestrations.

Les autres musiciens sont tout aussi virtuoses, mention spéciale au multi-instrumentiste aux vents (sax, clarinette, harmonica, ...). On redoutais le plan tricotage de solo à tout va, c'est finalement plutôt rapide et discret, casé en fin de concert.

La première partie (puisqu'entracte il y a) est bien axée sur les compos post 1980, avec un peu trop de synthés à mon gout mais c'est pour chipoter. Tower of song sonne la reprise et fait douter avec sa seule programmation minimaliste au synthé. Heureusement, Suzanne nous ramène plus en arrière et sera enchainée avec quelques classiques du Môssieur : Hallelujah ou The Partisan (sommet du concert) entre autres.

Leonard_Cohen_live_vienne.jpg
On prends un dernière valse et Cohen s'en va tournoyant rejoindre les coulisses (notre septuagénaire est encore bien alerte !).

Il reviendra vite avec Marianne, 2 titres par ci, 3 titres par là... on pense que If it be Your Will entamé en spoken word par le Léo et terminé par les soeurs Webb à la harpe et guitare pourrait être une très belle façon de tirer sa révérence, discrètement... que nenni ! Jouant avec ses paroles, Cohen repart à cloche-pied après un Closing Time de bon aloi ... et revient encore chanter I tried to leave you.

Finalement après 3 heures de concert magique, toute la troupe vient saluer en chantant une dernière fois l'assistance debout. Ben merci, donc !

mercredi, août 19 2009

Karimouche + Anaïs + I’m from Barcelona - Nuits de Fourvière (Lyon), le 01 Août 2009

Retour presque imprévu à Fourvière pour l'éclat final et, on espère, une bonne raison: les Choristes de I'm From Barcelona.

Avant, Karimouche, artiste locale dont l'entrée en matière rappelle Camille (le human beat-box derrière elle n'y est pas pour rien) mais çà ne dure pas puisque la demoiselle a son propre univers.

Un côté gouailleur dans le chant en clin d'oeil à la chanson française du siècle dernier mais pour tes textes plus actuels. Dommage que le mix des basses (sorties par un gars aux claviers) soit vraiment trop fort et gâche la prestation !

La suite, c'est Anaïs, révélée par son Cheap Show plutôt sympathique il y a 4 ans... A vrai dire, on n'en attends pas grand chose, après avoir entendu un peu de son deuxième effort.

En observation du bout du haut du théâtre antique, on n'a pas l'impression de louper beaucoup : du pop-rock en français assez bateau, efficace certes mais bon... Quelques titres du précédent pour mettre du liant, le public adhère en plein et lui réserve une ovation.... ouaip...

Déplacement dans la fosse pour la tête d'affiche, les organisateurs ayant distribués des tubes fluos au public, le Gérard Jugnot suédois est ravi de l'accueil qui lui est fait.

La troupe s'installe et, grosse déception, la plaquette a menti : là où on nous promettait 24 musiciens, ils ne sont que 14 sur scène : 3 guitares, 1 basse, 2 claviers, 1 batterie et 2 cuivres, le reste au chant. Mais on leur pardonnera rapidement.

Première impression : le magma sonore qui s'échappe rappelle (à peine) bizarrement celui d'Arcade Fire vus ici même il y a 2 ans (une question d'effectif sûrement).

I__m_from_Barcelona_live.jpg
Très mélodiques et souvent légères, ces compositions ont un effet euphorisant immédiat et très bénéfique. Il faut dire que le groupe a soigné l'emballage : énormes ballons de baudruches rouges (malheureusement vite balayés par le vent) et confettis à gogos en guise d'accompagnement visuel. Une douce folie gagne la fosse déjà convertie et qui reprends à tue-tête les hymnes nordico-ibériques.

On ne verra pas le temps passer... Le rappel est généreux (pimenté d'un mini stage-diving pour le chanteur à moustache) et le timing est synchro avec la météo qui lâche ses premières radées sitôt les dernières notes achevées (c'est le service nettoyage qui va être content).

Over !

dimanche, août 2 2009

Hugh Coltman + Joseph Arthur and the Lonely Astronauts - Cabaret Frappé (Grenoble), le 24 Juillet 2009

Ayant loupé l'Arthur lors de son passage à l'Epicerie cette année, et pour pas regretter, prenons la bUze'mobile direction Grenoble (sous les nuages) pour une halte au pied du téléphérique de la Bastille.

Dans le jardin de ville à coté, le festival Cabaret Frappé propose une semaine de concerts divers et variés, ambiance détendue, bière artisanale et Dédé, spécialiste du blind-test au mange-disque...

Pas le temps de vider la première bière qu'il faut migrer sous le chapiteau : Hugh Coltman vient d'ouvrir le bal. Accompagné d'un band plutôt rock, le garçon commence presque calmement à la guitare acoustique (c'est - dixit une source de confiance - la tonalité de son album Stories From The Safe House). Cà ne tarde pourtant pas à s'énerver quand l'anglais chausse une stratocaster et c'est encore meilleur !

Hugh_Coltman_live.jpg
Excellente présence scénique, il parle très bien français et sait jouer avec le public : on participe avec plaisir à recréer les choeurs à la Beach Boys ou, lors de la reprise du Jealous Guy de Lennon, tenter de retrouver les sensations procurées à l'écoute du live du regretté Donny Hathaway (çà donne envie de retrouver cet album !).

Il encourage aussi à quelques pas de danse sur un mento endiablé. Dommage que çà soit le dernier titre : contrainte horaire oblige, il n'y aura pas de rappel... Rageant tant c'était frais et excellent !

Place à Joseph Arthur et ses Lonely Astronauts,soient une bassiste à peine femme fatale + un guitariste et un batteur assez discrets en comparaison. Joseph Arthur plein centre, les cheveux devant les yeux, le gars rigole pas trop en début de concert.

Joseph_Arthur_live.jpg
Déjà vu à Vienne en 2002 pour l'ouverture de Dionysos & Iggy Pop, pas trop de souvenirs si ce n'est son utilisation fréquente de l'over-sampling. Il en fait moins usage cette fois-ci et pioche dans sa discographie bien touffue (8 LPs). On reconnait seulement In the Sun du très bon Come to where I'm from mais le reste est de haute tenue.

Songwriting bien reconnaissable, sens mélodique évident, contrairement à Coltman, c'est les titres mid-tempos que je préfère, ceux qui mettent en avant la voix du garçon.

Le rappel arrive tôt (ou est-ce juste une impression ?) mais sera généreusement fourni : une première moitié en solo et un final qui claque.

Bonne ambiance, programmation impeccable, très belles lumières et un son fort jusque comme il faut... on reviendra !

dimanche, juillet 26 2009

Romano, Sclavis, Texier & Le Querrec- Ahmed, Eshete & Mekurya - Nuits de Fourvière (Lyon), le 18 juillet 2009

Premier amphithéâtre de saison après hésitation pour la soirée de clôture de Jazz à Vienne (Anthony Joseph, Seun Kuti, ...). Mauvais choix ? C'est à Lyon que nous irons, sous un ciel bien nuageux... "Destination Afrique" est le titre de la soirée avec la crème de la scène éthiopienne des 60's/70's précédée d'un trio jazz voyageur.

Pour ouvrir le tout, le backing-band des Ethiopiens : Badume. Les bretons sont fans de la série des Ethiopiques et revisitent quelques classiques (en amharique s'il vous plait), une introduction sympathique...

La nuit n'est pas encore là (on voit juste clair pour ramener les bières sans en renverser dans les gradins centraux bien tassés de Fourvière) quand Louis Sclavis lancent ses premières notes.

J'ai parlé trio jazz, il s'agit en fait d'un quatuor puisque Sclavis (clarinettes), Henri Texier (contrebasse) et Aldo Romano (batterie) sont accompagnés des photos de Guy Le Querrec qui a souvent trainé ses objectifs sur le continent noir, avec ou sans le trio.

louis_Sclavis_Henri_Texier_Aldo_Romano_live.jpg
Une première moitié de concert plutôt calme, une formule sobre : le titre du morceau, les photos défilent en même temps que commencent les lignes de contrebasse de Texier, au groove excellent, parfois même rock. Scalvis alterne clarinette classique et basse et on embarque avec eux, portés par les photos de Le Querrec qui participent pleinement à la création.

La seconde partie est plus nerveuse et barrée mais reste finalement très accessible, avec de l'humour (clin d'oeil à la musique militaire sur les clichés en rapport avec la FrançAfrique notamment)... Beaucoup beaucoup mieux qu'une soirée diapo ;o) , ce voyage exceptionnel donne envie de plonger dans le triptyque de cette réunion : Carnets de routes, Suite africaine & African Flashback.

Place aux vétérans avec d'abord l'inénarrable Mekuria qui a revêtu son costume traditionnel pour 2 titres calmes (on est loin de son jeu survolté avec les hollandais de The Ex).

Ensuite Eshete, costard anthracite, chemise blanche bien ouverte, sourire ultra-bright et jeu de jambes bien old-school. Le "James Brown éthiopien" se la raconte un peu et c'est plutôt drôle ! Son répertoire enjoué et presque pop fonctionne bien et le chanteur de ses dames les repèrera vite sur le coin de la scène (la fosse est assise). Vraiment chouette donc (hormis un dernier titre presque disco, efficace certes mais qui dénote un peu).

mahmoud_Ahmed_live.jpg
Il est tard quand Mahmoud Ahmed entre en scène et on se demande si on va en profiter longtemps. Pourtant, à bientôt 70 ans, il l'emporte haut la main : un voix toujours au top et une énergie communicatrice, il faut le voir, tout de blanc vêtu, sauter de façon inégalée (pour pas dire particulière) ou encourager le public a reprendre les refrains ou faire des grrrr...

Il avait déjà mis le feu aux Invites il y a 3 ans... il récidive cette année ! Un seul bémol pour sa partie : le mauvais dosage des titres avec certains trop longs (le standard éthiopien) et trop calmes juste après les plus enjoués, faisant retomber l'ambiance.

Le rappel se fait à 3 avec la traditionnelle pluie de cousins. On a même droit à un dernier aurevoir avec tout le monde... L'heure du mat' est dépassée !

samedi, juillet 18 2009

Moussu T e lei jovents - Fêtes Escales (Vénissieux), le 13 juillet 2009

Petite escale (arf) annuelle à Vénissieux pour le feu d'artifice de la municipalité...

Euh, en fait non, on est là pour Moussu T, dans le genre chanson melting-potée et bonne humeur. En effet, le groupe est composé des chanteur et guitariste du Massilia Sound System (accompagnés d'un batteur, d'un percussionniste-manager et d'un lecteur CD), autant dire des vétérans...

Commençant à 3, ils piochent dans leur autant d'albums, au rayon plutôt léger (pas de Paul, Emile & Henri ce soir par exemple) pour se mettre le public bigarré dans la poche.

Moussu_T.jpg
Et ils ont l'expérience et l'accent pour çà : joute verbale en rimes, petits sketches et, bien mieux qu'une plaquette de de l'office du tourisme, le bagout pour nous vendre La Ciotat à tour de bras, son port, ses filles, les cigales, ...

Ils restent assis d'accord (faut pas déconner, hein) mais leur patchwork musical fonctionne bien et l'heure et demi passe sans temps mort. L'excellent A la Ciotat en guise d'au-revoir, c'est l'heure du feu d'artifice !

jeudi, juin 25 2009

Victor Démé & Arthur H - Les Invites (Villeurbanne), le 20 juin 2009

Final des Invites, au parc de la Commune et tant pis pour Fishbone (simultanément au square de la Doua) mais vu qu'ils tournent encore pas mal, je désespère pas de les voir un jour !

Ce soir c'est Victor Démé, auteur d'un premier album distribué dans nos contrées plutôt réussi (remarqué ici même il y a un an) accompagné d'un guitariste, d'un joueur de kora / percussions et d'un autre qui frappe une sorte de saladier renversé qui fait des grosses basses (impossible de trouver le nom de cet instrument).

Victor_deme_live.jpg
La casquette vissée sur le crâne, Démé jouera une bonne moitié de titres de l'opus pré-cité mais piochera aussi dans son répertoire non-international. Voix toujours au top et ambiance très positive au menu, le curieux mélange de folk, blues métissé d'influences capverdiennes ou latines fonctionne pleinement sur scène.

Les rythmes comme les orchestrations sont plutôt variés ; une faute de gout tout de même : sur l'excellent Djon Maya, le gratteu chausse une électrique pour faire un plan quasi scorpionesque... beurk et bien dommage ! M'enfin, çà reste le seul bémol de la partie, donc...

Petite boisson chaude (anecdote vraiment très intéressante mais bon la bière est pas bonne) avant Arthur H. Le chapiteau est plein comme un oeuf et çà part plutôt fort et dansant, à l'image parait-il de son dernier L'Homme du monde : grosse basse et bon son.

On reconnait (quand même) Est-ce que tu aimes ?, sans M mais avec extension lasso et fille au chapeau pour un intermède folk très plaisant.

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Le hit Dancing with Madonna aussi, étiré en longueur sans en diminuer l'efficacité : Arthur H y est à son aise pour titiller le public (nombreux fans dans l'assistance, d'ailleurs).

Pour la suite, La bUze décroche : The Hypno-Techno Gypsie Queen répétitif, Ma Dernière Nuit A New-York City brouillon. Dur de pénétrer l'univers du bonhomme (puisqu'univers il semble y avoir), la faute à une voix pas trop puissante et sous mixée ?

En rappel, un hommage casse-gueule : reprendre Bashung & La nuit je mens, notre H s'en sors à peu près. Over !

ps: d'accord, il y avait aussi Laxula en première première partie mais le temps de chausser polaire et bonnet de ski que c'était déjà terminé.

dimanche, juin 21 2009

Tahiti 80, Naive New Beaters & Metronomy - Les Invites (Villeurbanne), le 18 juin 2009

Compte-rendu photo (ou presque) de cette première soirée du festival gratuit de Villeurbanne. Proximité du campus oblige, la programmation est ici plutôt remuante : Naive New Beaters, soit la "sensation" du moment suivi de Metronomy.

Pour ouvrir les hostilités, les frenchies de Tahiti 80, déjà vieux de 4 albums en plus d'une décennie. Ils vont facilement imposer leur pop-funk bien mélodique et efficace.

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Les rouennais sont plutôt décontractés, çà groove et leur set est bien rôdé (fruit des nombreuses tournées japonaises, la terre d'accueil du groupe ?) ! Très sympa donc même si je goûte sans plus la voix haut perchée de Xavier Boyer.

Passons à l'inrockuptiblerie NNBs, soit une sauce electro-pop-rock-rap (un joyeux bordel quoi) montée par 3 lascards : Martin Luther B.B. King (!) (guitare), Eurobelix (machines) & David Boring au chant. Tous vêtu dans un accoutrement digne de Dschinghis Khan, les chorégraphies bien ringardes (et assumées comme telles) qui agrémentent leur prestation rappellent à nouveau le groupe allemand ou, (pas si) étrangement, Queen.

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C'est régressif, drôle aussi (hommage au saucisson brioché entre 2 titres) et côté musique ? Du lourd : lancement de batterie & basses roboratives préenregistrées que le guitariste double la plupart du temps. Boring rape par dessus en sautant un peu de partout. Bonne énergie donc mais après 3-4 morceaux... on va boire une bière (même pas bonne).

Longue attente (les horaires seront cruellement respectés cette année ) et retour des instruments (les vrais: batterie, gratte, claviers, basse & sax) pour les anglais de Metronomy qui officient encore au rayon electro-pop, j'ai bien aimé les jeux de lumière...

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A suivre...

lundi, mai 25 2009

Marissa Nadler, Solarium Tremens, Cotton Wood - le Sonic (Lyon), le 19 Mai 2009

Et encore un Sonic, un ! Next a fait le déplacement : J-P et Daniel sont sur le pont, ce dernier a même remisé sa fabuleuse chemisette histoire de laisser toutes ses chances à J-P, (à peine) secrètement épris de Marissa Nadler.

Trois groupes ce soir et déjà des retrouvailles avec Cotton Wood : répertoire quasi identique à celui de la semaine d'avant, instrumentaux un poil trop longs inclus.

La bUze plonge alors dans une faille spatio-temporelle: à ma gauche, le stand merchandising déserté de Marissa Nadler, un jeune homme du public s'en approche discretos, compulse attentivement la pochette de son dernier effort avant d'avoir toutes les peines du monde à ranger l'objet dans son sac ! Et oui, au temps d'Hadopi, certains préfèrent le grand frisson :o) .

Retour sur le pont histoire de chopper un peu d'air frais avant de redescendre pour les Solarium Tremens, en configuration originale : 2 guitares, 1 violon, harpe et didgeridoo. Au programme: de jolis instrumentaux mais qui peinent à décoller (l'absence de section rythmique peut être ?), d'autant plus qu'ils sont entrecoupés par des lectures de strophes en prose des plus obscures qui font tout retomber. Bref, le post-rock acoustique, très peu pour moi.

Hydratation et oxygénation avant de replonger dans la fournaise rouge : Marissa Nadler tourne pour son 4ème LP Little Hells. Je ne connaissais que son (plaisant) prédécesseur, çà tombe bien puisque Diamond Heart ouvre le bal suivi d'une chanson à la 12 cordes peu convaincante (une nouvelle ?) avant un excellent Thinking of you.

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Ces 3 titres où Marissa Nadler s"accompagne seule à la guitare permettent d'apprécier la voix magnifique et délicate de l'américaine. Le groupe la rejoint : guitariste au bandana (c'est la saison, moi qui croyait que c'était le keffieh cette année), batteur et bassiste sosie de Régis (Régis était avec moi en IUT, il avait une R25 et y faisait hurler Metallica ou de l'accordéon) mais je m'égare...

Cette formule enrichie en électricité permet de ne pas trop sombrer dans la mélancolie et donne au concert son meilleur moment avec un superbe The whole is wide. Un peu plus loin, Oh lonesome me repris par Neil Young sur son After the gold rush que je reconnais pas (c'est pourtant mon préféré du loner au rayon folk, va falloir réécouter çà).

2 titres en rappel (Silvia) et peu de bavardage (timide Marissa ?) pour un concert plutôt bon donc, porté par le jeu en arpèges du gratteu et l'utilisation marquée de la reverb (ces éléments évoquent d'ailleurs plus les Cocteau Twins de Liz Frazer que le Mazzy Star d'Hope Sandoval plombé au velour souterrain).

- la chronique de JP ici. -

dimanche, mai 17 2009

Delaney Davidson - le Sonic (Lyon), le 12 Mai 2009

Emballé par sa prestation la veille juste avant Woven Hand et bien obligé d'obtempérer aux directives dictatoriales des nouveaux président et secrétaire de l'ABHAL, La bUze se retrouve en bord de Saône pour voir dans de meilleures (?) conditions ce Delaney Davidson.

Pas grand monde sur le pont, encore moins dans la cale... nous patientons avec une infusion houblonnée et voyons le Delaney quitter le navire. 1 heure plus tard, on le retrouve pourtant sur scène devant une trentaine (!) de personnes, toujours en tenue de vendeur d'aspirateur, sa mallette en cuir juste à côté.

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Seul à l'affiche ce soir, il prends donc le temps de dévoiler un répertoire beaucoup plus folk (dans une veine Calexico minimaliste). Dommage qu'au 2ème titre, il pète une corde de guitare parce que la suite sera assez laborieuse : pas de réparation, puis si (et blagues qui tombent à plat pendant ce moment de solitude), nombreux réaccordages, même le concours de danse ne prends pas trop. Pourtant, le néozélandais fait front mais rame pas mal (et niveau assistance et encouragements, une pédale loop, c'est pas le top).

Les titres relevés balancés à Feyzin sont au final peu nombreux : la fin de set en témoigne avec des reprises de Leadbelly (In the pines) et Hank Williams. Heureusement qu'au rappel, le désormais célèbre Dirty Dozen secouera quand même une assistance déjà bien réduite.

Bref, une soirée un peu loose pour Davidson et longuette pour La bUze, heureusement qu'au Sonic, la tisane est bonne !

mardi, mai 12 2009

Woven Hand, Delaney Davidson, Cotton Wood - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 11 Mai 2009

Soirée bottleneck ce soir, à l'Epicerie toujours et sur les conseils de Next, ici présents (excepté J-P-homme-brisé 2ème) accompagnés de Xavier.

Woven Hand à l'affiche et une première première partie locale: Cotton Wood soit un entame peu alerte en slide au dobro (instrumental arpégé trop répétitif). La suite est heureusement plus convaincante : des vieux blues, chantés ou non, mais exécutés avec ce truc en plus qui capte l'attention. Cà part donc bien et on a même un peu de rab'.

Ce n'est pas le cas pour Delaney Davidson, pote (?), membre (?) des Dead Brothers (je lis le flyer - ah). Seul à la gratte avec une pédale de loop, costumé en marchand d'aspirateur itinérant des 50's (et sans chemisette blanche), le gars maitrise plutôt pas mal.

Au deuxième titre, il lance une valse et quitte la scène pour ouvrir un concours de danse dans le public. 3 minutes après, çà danse un peu dans tous les coins et la salle lui est désormais acquise.

C'est fort, blues rock mal léché (genre l'album Jon Spencer + RL Burnside) et méchamment efficace. Un sombre histoire de Devil plus loin, c'est presque la fin. Trop court donc, comme une petite claque prise s'en l'avoir vu venir !

Place à la tête d'affiche et le plus très nouveau band de David Eugene Edwards des feux 16 Horsepower. 5 albums pour le groupe, pas un d'entendu mais une réputation scénique bien établie, La bUze demande à voir...

D'emblée, c'est la grosse baffe : une reprise de Joy Division (Heart & Soul, identifié par mes confrères) et sa section rythmique presque martiale. Lumière rouge qui lui a bien au teint et bandana vissé sur la tronche, Edwards restera assis pendant tout le set. Pourtant le concert est tout sauf statique, plutôt estomaquant sur ses 2 premiers titres.

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Habité dès les premières notes, notre homme, quand il ouvre les yeux (ce qui est rare), pose un regard presque aussi allumé que celui de Klaus Kinski. Point de bavardages rigolos entre les morceaux ici mais plutôt des incantations chamaniques, bref, on n'est pas là pour rigoler.

Si l'intensité décroit un peu par la suite (pour ménager l'assistance ?), çà ne dure pas longtemps : superbe morceau à la mandoline porté par cette voix qui rappelle beaucoup le regretté Jeffrey Lee Pierce du Gun Club ou le magistral et envoutant Speaking Hands (?). Le son est énorme bien qu'ils ne soient que trois : impeccables Pascal Humbert à la basse & Peter van Laerhoven Ordy Garrison à la batterie.

A l'heure de jeu, la salle est presque à genoux. Rideau et ovation, rappel où la mandoline revient puis un dernier, un chouia moins prenant que le reste. M'enfin, la prestation de ce soir était ahurissante, la réputation d'Edwards (et du groupe) n'est pas usurpée, je reviendrais, c'est sûr !!

En 2007 et 2008, le concert de l'année avait lieu en juin, il se pourrait que cette fois le calendrier ait un peu d'avance !


- edit - les chroniques de Xavier (ici) et Daniel (là).

lundi, mai 4 2009

Andrew Bird + Laura Marling - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 30 Avril 2009

Un mois sans concert, c'est pas humain... D'accord, c'était les vacances mais c'est pas une raison. Je sauve ma peau in extremis avec un nouveau détour à l'Epicerie, pour du connu en plus : Andrew Bird accompagné de la très jeune Laura Marling. Rappelé à l'ordre par J-P, j'y retrouve à coté du bar Daniel, dans la salle Benoit & J-P.

19 ans pour l'anglaise (les next boys sont un brin plus vieux ;o) ), beaucoup plus pour le folk qu'elle présentera ce soir. On remonte loin loin loin, de l'autre coté de l'Atlantique, avec cette voix qui ne fait pas son âge, un peu l'effet produit par Alela Diane, même si leurs organes sont très différents.

Jeu timide à la guitare et accompagnements discrets d'une violoncelliste-choriste planquée derrière la chevelure péroxydée de Marling, c'est finalement une première partie bien plaisante et presque courte. Un dernier titre aux arpèges très Last Year's Man et puis s'en va.

Place à Andrew Bird, en tournée pour son nouvel album Noble Beast, pas écouté (pas vraiment aimé le précédent Armchair Apocrypha) mais les souvenirs live du garçon sont plutôt positifs, avec une découverte au Sirius fabuleuse et, un an plus tard, un set plus policé à la salle Victor Hugo.

Depuis Andrew a embauché parait-il, en pleine période de crise qui plus est... C'est pourtant seul qu'il entame son set, dans une veine qui revient bien en mémoire (à défaut d'écouter ses albums) : il maitrise toujours au poil la formule violon + sampler sur les 2 premiers titres.

Une section rock le rejoint ensuite, le violon s'éclipse au profit d'une gibson. Cà mets un peu de temps à décoller je trouve (avec Imitosis et sa rythmique presque Buena Vista Social Club) mais la suite ira crescendo, Bird varie à loisir ses mini-pièces (le terme chanson n'est pas approprié ici), s'amusant (?) à calmer les envolées soniques de la bande par quelques silences appropriés.

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Voix toujours impeccable et groupe compact, cette évolution par rapport aux précédents concerts est appréciable. La densité des morceaux y gagne aussi, comme sur ce Anonanimal commencé au sax par le bassiste avec un phrasé plutôt génial.

Le rappel a lieu tard et il sera généreux, Sovay fait même hurler quelques fans dans la salle (bien remplie, il est vrai). Belle soirée folk donc, comme quoi...



- edit - la chronique de Daniel : ici

lundi, mars 23 2009

Buzzcocks + Cortona - Ninkasi Kao (Lyon), le 22 Mars 2009

On replonge dans les décibels ce soir pour une virée exceptionnelle (?) au Ninkasi (et dont l'asso Kao Connection rencontre des quelques difficultés en ce moment). Soirée nostalgie (j'espère pas trop, j'aime pas çà) avec mon groupe punk préféré: les Buzzcocks qui lâchèrent fin des 70's 3 albums et une compile de singles juste parfaits, gorgés de bombinettes power-pop imparables[1].

Rayon madeleine, çà commence fort avec une première partie assurée par les locaux de Cortona. Ils doivent pas avoir 30 balais et proposent du punk rock labellisé 1977. C'est carré et efficace, pénible aussi : pas d'originalité dans les compos et un chanteur qui récite par coeur ses poses de rockeur. Vite, au bar !

La fosse est pleine juste avant que les mancuniens n'entrent en scène, le public est presque varié niveau âge (étonnant) mais beaucoup moins féminin que pour The Ex en début de semaine.

Le ton est donné d'entrée de jeu avec (I hate) fast cars : son très bon et puissant, pas de fioritures ni de bavardages entre les morceaux, 3 minutes règlementaires pour chacun, çà pogotte gentiment aux premiers rangs, on va se gaver !

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Sur scène on retrouve l'âme du groupe d'origine (en excluant Devoto qui a rapidement lâché l'affaire), à savoir Steve Diggle et Pete Shelley. Si le premier s'en donne à coeur joie brandissant dès qu'il peut son intrument, le second tire presque la tronche (sûrement agacé par des problèmes d'ampli qui perdureront tout le set). Derrière, la section rythmique reste en retrait mais assure plutôt pas mal.

Pour le répertoire, on ne change pas de décennie. Tout est tiré de cet âge d'or et entendre en live ces power-songs procure un plaisir indicible : What do I get, Ever Fallen in Love, Autonomy, Just Lust, Sixteen again (!)... c'est bien 25 perles qui seront alignées ce soir, Orgasm Addict ouvrant un rappel généreux et plein de oh-oh-oh.

Dix ans que j'avais pas ré-écouté ces titres aux mélodies exceptionnelles, merde, je vais replonger ! Merci aux Buzzcocks et revenez quand vous voulez !

Notes

[1] tout est compilé dans l'excellent coffret Product

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