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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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lundi 18 juin 2018 07:43

Dominique A + Feu! Chatterton - Nuits de Fourvière (Lyon), le 16 Juin 2018

Une éternité (ou presque) qu'on n'avait point mis les pieds dans l'antre romaino-lyonnaise. La faute a quelques mauvais souvenirs mais surtout à une programmation assez convenue et répétitive.

Cette année, c'est différent et nous voilà donc dès 19h30 dans des gradins bien remplis pour une soirée qui s'annonce sans pluie, facteur assez inattendu compte tenu des jours précédents.

A 19h30 pile-poil s'installe Malik Djoudi et son comparse pour servir une électro-pop minimaliste & chantée en français avec une voix chargée en effets et perchée dans les aigus. Tout ce qu'on n'aime pas en gros, pour pas dire plus. Principe de précaution, on file au bar histoire de découvrir un nouveau concept: la pinte de 40cl à 5€50. Respect !

Place à Feu! Chatterton dont on a beaucoup entendu parler lors de la sortie de leur premier disque, moins du suivant mais qu'on n'a toujours pas pris la peine d'écouter. Il faut d'emblée dire que les parisiens ont su créer et affirmer un style bien à eux, à la fois rock & littéraire, bien emmenés par un chanteur qui tient la scène !

On ne percevra pas tout des textes mais l'énergie est bien communicative et leur set passera comme une lettre à la poste (à l'exception d'une entame de rappel qui fait flop).

Place à Dominique A, auteur d'un Toute latitude un peu décevant (sans surprise surtout) et teinté d'électro. C'est logiquement par là qu'il commence, enchainant 'Cycle' & 'La mort d'un oiseau', 2 titres des qu'on n'apprécie guère, on se dit alors que peut-être sera-ce une soirée sans...

Mais c'est sans compter sur le répertoire bien garni du bonhomme: Pour la peau rétabli de suite le cap et rentre dedans sans fioritures bien aidé par les 2 (!) batteurs présents ce soir. Passé ce jalon, la setlist enchaine magistralement entre tension & nervosité, mêlant habilement nouveautés (excellent Corps de ferme) et titres plus anciens (Faussaire).

Même vu des gradins, A et ses bras immenses impressionne toujours, encore plus assuré dans ses chorégraphies flamenco.

Derrière, évidemment, le groupe est très bon et les instrumentations sont remaniées pour l'effectif (de l'habituel chez le nantais mais çà fait toujours plaisir pour le souligner).

'Le courage des oiseaux' annonce le rappel presque court: 'Eléor' et un 'Convoi' exaltant. 1h30 de grande qualité, once again !

mardi 17 avril 2018 19:48

Protomartyr + Korto, Marché Gare (Lyon), le 16 Avril 2018

Un bail que je n'étais point allé au Marché Gare... Mais c'est le printemps et y'aura pas mal de connaissances là bas (la moitié de la salle ou presque ;) ). Pour le reste - la ziq - l'écoute de 'Relatives In Descent', dernier album en date de Protomartyr, m'a plutôt laissé tiède. On verra...

Après virée en camionnette des familles & bière d'échauffement, nous voilà devant Korto, trio très regroupé sur scène qui fait dans l'attaque frontale. C'est brut et ramassé, sans fioriture aucune et tout simplement très bon.

Les morceaux s'étirent juste comme il faut, bien secoués par des breaks bluffants de maitrise et des variations qui apportent un beau contraste. Dommage que le set ait été si court mais les savoyards n'ont qu'un 7 titres à la vente.

Une autre mauvaise Grihète et nous revoilà dans la salle presque complète lorsque les 4 ricains débarquent: no-look et beaucoup de place pour le 'chanteur' et son pied de micro.

Le jeu de scène de ce dernier est assez atypique, marchant tel un conférencier vendeur d'assurance, tordant le nez sur une très mauvaise bière qu'il boira quand même et déblatérant son texte de façon très linéaire (voix trop faible dans le mix d'ailleurs).

Le premier titre mets de suite dans l'ambiance de ce que j'ai pu écouter, pas vraiment captivant ni percutant... Ce premier titre sera ponctué de quelques secondes de silence pendant lesquelles les gens applaudissent avant de repartir (ce n'est pourtant pas du jazz, y'a pas eu de solo de batterie).

Bref, j'attendrai en vain le 2ème morceau avant de perdre patience et quitter un sauna bien moite. Même pas la faute à la fatigue (gros kif pour la première partie) ou le style (on préfère dans un genre proche - et de loin - The Hold Steady, bien plus habité).

Vu de la porte, çà circule pas mal même si certains (les 4/5ème) semblent apprécier (on entendra Xavier hurler dans la fosse - c'est bon signe !)

mardi 3 avril 2018 06:04

Loic Lantoine & le Very Big Experimental Toubifri Orchestra - au Polaris (Corbas), le 23 Mars 2018

4 ans (bigre !) qu'on n'avait pas vu Lantoine sur scène et très content de le voir à l'occasion de cette collaboration avec le Toubifri Orchestra qui est plutôt couleur locale: pas mal de zicos qui gravitent dans la sphère du Périscope / Grolektif / Dur&Doux.

C'est complet et Capitaine Saxo lance la soirée avec 3 titres dont un hommage à Johnny pour un déconnade bien sympathique avant de laisser la place aux 18 musiciens du VBETO dont il fait partie.

18 sur scène donc dans des tenues extravagantes pour une musique extravagante: barrée mais jamais chiante, drôle quand il faut l'être et aventureuse dans les nombreuses nuances apportées à chaque titre, c'est un régal à voir !

Mêlant des réorchestrations du répertoire passé de Lantoine et des créations dédiées, la sauce a plus que pris et la prestation est survolée par son poète chanteur en forme mais presque timide ce soir !

On se souvenait de l'effet produit par le bonhomme en chair et en os mais là, à 3 mètres, c'est de nouveau la baffe éprouvée la première fois : présence énorme et sensibilité à fleur de peau, il sait faire passer du rire à la gorge nouée en 2 secondes et c'est plutôt rare.

Belle complicité aussi avec les membres du Toubifri, çà chambre gentiment et çà déconne - leur hommage aux flûtes à bec massacrées dans les écoles française vaut son pesant d'or - le concert généreux (1h30) passera si vite qu'on se tâte pour un déplacement dans la région lors de leurs prochaines dates !

jeudi 8 mars 2018 13:05

The Heliocentrics - Périscope (Lyon), le 07 Mars 2018

Depuis Décembre qu'on n'avait point fait de concert... Pas faute de dates intéressantes - Nils Frahm, Nada Surf, Buttshakers ou King Gizzard & the Lizard Wizard sont passés par ici - plutôt un problème d'agenda pas conciliable (+ épisode de flemme, oui).

On y remédie ce soir, achat compulsif après avoir vu le nom sur le programme du Périscope, fort d'un très bon souvenir de leur collaboration avec Mulatu Astatke.

Une écoute rapide de l'album 'A World of Masks' nous laisse assez sceptique sur ce qui nous attend et on traine un peu les pieds pour décoller : arrivé tard sur place, du monde dehors et un papier qui annonce complet, on est au final pile à l'heure pour se placer correctement dans la fosse.

Extinction des lumières à 21h50 et un premier morceau bien bruitiste afin de poser l'ambiance. Tout change dès le second titre avec la voix assez incroyable de Barbora Patkova, nouvelle recrue du collectif. On sait dès lors que le concert sera grand !

Une voix évoquant Portishead, Billie Holiday ou Amy Winehouse et une présence plutôt voyante: coupe blonde platine, maquillage, robe rouge pétant, la slovaque ne fait pas dans la discrétion. Elle est aussi bluffante de facilité dans sa technique vocale.

Derrière çà assure grave, les londoniens développant un mélange de funk, jazz, trip-hop complètement envoûtant. Les titres sont longs et très originaux, avec des pics d'intensité très communicatifs, les orchestrations plutôt géniales (l'unisson flûte+violon est parfait) et c'est un réel pied qu'on prend tout le long de la grosse heure que dure leur set.

Un titre de rappel du même acabit pour clore ce très beau moment et on rentre, sûr d'y retourner la prochaine fois et sans tergiverser !

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