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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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samedi 10 décembre 2011

Le Prince Miiaou + Francois And The Atlas Mountains - le Marché Gare (Lyon), le 1 Décembre 2011

Arghhh... Plus d'un mois sans décibels, il était temps de remettre un pied dans une salle quelconque ! Pas à l'Epicerie, encore moins à la Halle (où Aznavour fait son nième casse d'adieux) mais juste en face, au Marché Gare.

C'est l'occasion d'y voir Le Prince Miiaou qui a sorti ce début d'année un album bien foutu (je le redis !): disonnances et songs très personnelles, petit buzz, on pensait même qu'elle tenait l'affiche.

prince_miiaou_live.jpg [1]
C'est pourtant elle qui ouvre la soirée, accompagnée d'un batteur et de deux multi-instrumentistes (guitare/basse/claviers & violoncelle) auxquels s'adjoindront quelques loops (juste ce qu'il faut).

Fill The Blank With Your Own Emptiness tient la dragée haute de la setlist et c'est tant mieux ! Entre envolées bruitistes (quelques réminiscences de post-rock, sujet de thèse de la demoiselle) et morceaux plus intimistes qui permettent de mieux goûter à la charmante voix de Maud-Élisa Mandeau (rappellant parfois celle de Laetitia Sheriff), on apprécie à peu près tout (un peu moins quand même les titres plus anciens plus brouillons et/ou moins immédiats).

L'ambiance n'est pas vraiment portée sur l'euphorie - on devine la fille un peu torturée - mais les quelques mots échangés avec le public révèlent aussi un peu d'humour et beaucoup de timidité. L'heure de jeu arrive vite fait et c'est le Tous les garçons et les filles de Françoise Hardy qui servira de conclusion, en solo à la télécaster, çà le fait !

Pause bar en attendant la mise en place François et ses The Atlas Mountains... Assez drôles au début, atypiques aussi - percus africaines & machines + guitare & claviers - pour une ethno-pop-folk chantée en anglais (aïe l'accent) et français. Hélàs, la voix noyée dans une tonne d'effets est plutôt insupportable et les textes incompréhensibles... on décanille au 4ème titre, heureux au final de l'ordre de passage retenu ce soir là !

Notes

[1] photo laurent.lagarde

vendredi 18 novembre 2011

Papier Tigre - Mike Watt and The Missingmen- Le Clacson (Oullins), le 25 Octobre 2011

Soirée bruyante au Clacson avec la possibilité d'entendre enfin Mike Watt, membre original des excellents (& méconnus & mésestimés) Minutemen qui ont foutu le souk dans l'underground américain du début des 80's avant le crash fatal de son leader-chanteur-guitariste D. Boon.

On arrive pour Papier Tigre et son noise-rock bien balancé et très bien place. Le batteur orchestre un dialogue à 2 guitares inventif et on adhère sans souci aux compositions du trio nantais. Le set est assez long, on apprécie d'autant plus !

Places aux vieux briscards américains (enfin, le batteur ne semble pas tout à fait de la même génération que ses 2 acolytes cordeux) qui assurent eux-même la mise en place au son du Love Supreme de Coltrane histoire de poser quelques jalons.

mike_watt_live_lyon.jpg
Parce que ce qui suivra sera un peu hors-norme: déconstruit, free (souvent) avec alternance d'envolées rapides et passages calmes où la belle voix grave de Watt et la subtilité de son jeu de basse font merveille. Dur de déterminer la part d'impro dans tout cela mais pn s'en fout : c'est plaisant et le groupe s'amuse bien.

Le rappel sera prétexte à ressortir quelques titres des Minutemen, que demander de mieux ?

lundi 7 novembre 2011

Bonnie Prince Billy - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 18 Octobre 2011

Soirée pépère à l'Epicerie avec le prolifique Will Oldham en vadrouille pour la sortie d'un nième album inconnu (suis resté sur les bons souvenirs d'"I See a Darkness" et d'un autre du temps des Palace Brothers). Un peu de monde, sans plus, de quoi retrouver Xavier [1] dès l'entrée (Hello Darkness est au complet ce soir).

Première partie "originale" : un sax et un mac pour une matière sonore bien trafiquée et... vite lassante... on file au bar avant de revenir à l'obscurité pour l'instrumental accompagnant l'arrivée de Bonnie Prince Billy, sans barbe... La barbe, parlons-en : la suite ne sera qu'ennui mortel.

Pas réceptif du tout à la présence (bien grand mot) scénique de l'américain (ai plutôt vu un vendeur ambulant (moustache comprise) tentant de me refourguer sa camelote en vain), pas captivé non plus par sa voix (encore moins quand les choeurs féminin et masculin très country s'y superposent (à chaque titre ou presque)), je m'accroche mais c'est très mou (pas de batterie), les compos indissociables l'une de l'autre s'étirent interminablement et je me dis alors que l'épreuve Josh T Pearson n'était qu'un entrainement !

bonnie_prince_billy_live_lyon.jpg

J'irais m'asseoir à l'heure de jeu (mi-parcours seulement) pour constater que la fille à coté de moi pique régulièrement du nez avant de se réveiller pour applaudir... 20 minutes plus tard (3 chansons ?), elle ronfle carrément !

En fin de set, je reconnais enfin I see a darkness mais l'interprétation qui en est faite est comme ce qui a précédé... Cà prendrait presque juste après (entendre par là un bon 1/4 d'heure plus tard) mais non, fausse alerte... de quoi décamper et attendre dehors le retour des autres (moins négatifs, forcément...).

Une soirée sans mais un test réussi !

Notes

[1] sa chronique un poil plus enthousiaste est ICI

vendredi 28 octobre 2011

Melvins - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 2 Octobre 2011

Nervermind est sorti il y a 20 ans... Tout le monde en a parlé mais j'avoue, j'ai pas réécouté le disque (inventaire rapide des "inédits" que Geffen essaye de fourguer en 4 CDs, et à part un live plutôt efficace, rien)... A la place, rien ne vaut un déplacement à l'Epicerie pour enfin voir les Melvins, le groupe dont Cobain a été roadie (et recalé au poste de gratteux), qui mènent la barque à leur guise depuis plus de 20 ans, rarement dans le coup mais trainant une solide réputation live !

La première partie mets dans l'ambiance : DJ Blackwoods, soit juste un bon vieux magnétophone à bandes sur scène et 2 allumés aux machines derrière. C'est assez apocalyptique et on se lasse un brin de tout çà au bout d'1/4 d'heure, ce qui laisse à peine le temps d'aller choper une bière (grosse affluence ici).

On ne loupe que les quelques premières secondes des américains : dur de ne pas savoir que çà a commencé tant le son est bien bien puissant ! On apprécie d'entrée le visuel : Buzz et sa touffe grisonnante dans un costume de fou du roi qui doit à peine tenir chaud, un bassiste bien velu en tenue or de gladiateur, rien sur les 2 batteurs, planqués derrière leurs cymbales.

The Melvins, Lyon [1]
Coté songs, c'est épars et faute d'avoir exploré leur riche discographie en dehors de la trilogie Revolve/Houdini/Stag, on apprécie beaucoup les incursions qui y sont faites ce soir ! Le reste est un mélange des genres des plus étourdissants : hard-rock évidemment mais aussi punk-rock, pop-song ou canon a capella (si si), le tout à la sauce Melvins[2], c'est à dire assez floue sur le degré avec lequel il faut le prendre.

Les morceaux lents, regroupés en fin de set, font un peu redescendre l'attention, ni Revolve ni Sweet Willy Rollbar dans la setlist mais on regrette déjà de les voir partir (en n'ayant pipé mot ni fait de rappel).

L'épicerie avait terminé sa saison au taquet avec Unsane, on avoue que la reprise est aussi bruyante... On reconnait d'ailleurs Pete Shore (bassiste chez Unsane) à la console et tour manager sur ce coup là, comme quoi, le monde est petit !

Notes

[1] photo Arnal

[2] y'a qu'à voir leur site officiel pour se faire une idée...

mardi 4 octobre 2011

Paramount Styles + Cotton Wood - le Sonic (Lyon), le 1 Octobre 2011

On va rabâcher un peu avec la sortie du samedi soir : agenda vide et souvenir bon (mais flou) d'une première partie mâconnaise motivent à prendre le velo'v pour le quai des Etroits... à la bourre certes mais (c'est une habitude ici) rien n'a commencé et le public est très clairsemé quand Cotton Wood sature son ampli.

On l'avait déjà vu en mode acoustique, le voici branché Gibson et bottleneck pour un répertoire toujours très américain, un jeu aux doigts (et onglet) remarquable et un partage moite-moite instrumentaux / titres chantés. Le résultat est comme lors des précédentes fois : des beaux moments et d'autres plus ennuyeux...

Place au plus très nouveau projet de Scott Mc Cloud (ex Girls Against Boys donc), en tournée pour promouvoir un 2ème effort avec un quintet qui s'entasse sur la petite scène de la péniche (le bassiste dépasse un peu sur le coté).

Le son est plutôt bon (chose pas toujours constante en ces lieux), seul le violoncelle reste un peu en retrait sur les titres les plus pêchus.

ps_live.jpg [1]
Contrairement au court show de 2008, on peut gouter pleinement au songwriting de l'américain : mélodique, puissant et très efficace, bref, tout ce qu'on aime dans ce registre.

Des titres avec leurs moments de tension (Come to Ney York) ou d'autres plus introspectifs (Come to where you are) servis par un groupe qui joue très soudé, les jeux de la seconde gratte et du violoncelle étant des plus indéniables. On sait pas ce que çà vaut sur disque mais on va creuser.

On profite ainsi jusqu'au rappel... tant pis pour ceux qui n'ont pas fait le déplacement !

Notes

[1] photo Hazam (merci) et sa chronique.

mardi 13 septembre 2011

Mounam & The Soul Funk Soldiers - le Périscope (Lyon), le 8 Septembre 2011

D'habitude, coté programmation musicale, Septembre ressemble étrangement à Août : morne plaine, le beau temps en moins... Cette année, rien de tout çà : déjà The Ex la semaine dernière et ce soir Mounam & The Soul Funk Soldiers pour maintenir la température.

On file donc au Périscope, petite salle coincée derrière Perrache, ouverte depuis quelques temps et plutôt axée musiques improvisées où un public presque nombreux prends l'air pas loin des murailles des anciennes prisons Saint-Paul & Saint-Joseph.

Pas de première partie, l'essentiel direct : de la soul-funk servie comme de l'autre coté de l'Atlantique, avec discours d'intro sur fond d'instrumental pour faire venir la chanteuse avant d'envoyer une bonne heure & demi de groove irrésistible.

mounam_soul_funk_soldiers_live.jpg
Visuellement, çà ressemble pas mal à Sharon Jones et ses Dap Kings (2 grattes, 3 cuivres, tous bien sappés) et dans le fond également puisque 2 titres (parcimonieusement choisis) du band de Brooklyn seront joués ce soir accompagnés d'un petit James Brown des familles ou d'un imparable Mr Big Stuff. Le groupe a aussi quelques compos qui n'ont pas à vraiment à rougir face aux classiques susnommés.

Pas mal de qualités, donc... mais la principale reste l'efficacité des 7 protagonistes à jouer compact et carré : pas un temps mort, des solos de cuivres / guitare magnifiquement dosés, Mounam qui en fait juste ce qu'il faut... une soirée simplement excellente clôturée par un rappel prétexte à une mise en scène assez drôle, on reviendra sans problème !

jeudi 8 septembre 2011

The Ex & Brass Unbound + Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp - le Clacson (Oullins), le 1 Septembre 2011

On avait fini la saison à Oullins, on fait sa pré-rentrée au même endroit avec une nouvelle soirée Grrrnd Zero, une fois de plus menacés d'expulsion par le grand méchant Lyon (à soutenir donc !). C'est complet mais, coup de pot, on choppe une des dernières places disponibles au guichet - ouf !

D'abord Seb Radix, homme orchestre (guitare, voix, et aux pieds : clavier et tambourin (!)) dont on ne verra pas grand chose, on est plus là (et à l'heure) pour l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp (quel nom) et sa musique bien dans le ton de la tête d'affiche[1].

Une formation originale : violon, trombone, xylo, contrebasse, guitare & batterie pour des pièces assez longues, efficaces en live. Pas de gros groove tout le temps, plutôt des ambiances variées et vraiment plaisantes.

Certes, quand ils veulent hausser le ton, ils haussent le ton et le public en redemande... Le Clacson est alors à température pour accueillir The Ex, bientôt résident dans le coin (ou, plus probable, encore et toujours sur les routes).

Après Mekuria il y a 3 mois, place à une collaboration avec 4 cuivres pour pulser un peu leur ethno-punk remuant.

The_Ex_Brass_Unbound_live_lyon.jpg
Je vais pas en dire grand chose (déjà fait moult fois) sinon que la setlist est remaniée, que la section cuivres est presque discrète et qu'on trouve le début de concert un poil mou. Mais la suite sera comme d'hab : épatante, notamment un State of shock d'anthologie (initialement joué avec Tom Cora), acmé de ce concert tropical.

Et donc, toujours pas de déception avec nos hollandais préférés... diantre !


ps: ICI un report de la même tournée avec, entre autres, un vidéo du-dit State of shock et un petit laïus de sieur Albini qu'on ne peut démentir 12 ans plus tard.

Notes

[1] On apprendra par la suite que la batteur d'OTPMD officiait avec Andy Moor au sein de The Dog Faced Hermans.

dimanche 14 août 2011

Secret Chief 3 + Fat32 - le Clacson (Oullins), le 12 Juillet 2011

On serait presque passé à coté de la clôture Grrrnd Zero : une date en Juillet, en plus à Oullins... mais Nyko avait (à peine) abordé le sujet et leur Book of Angels était plutôt bon donc... allons à Oullins !

Voir d'abord, le duo FAT32 tout ravager sur son passage : batterie + claviers bien agressifs pour des non-compositions bien frappées. Cà crie de temps à autre et c'est assez drôle à une fréquence équivalente... On tiendra pas jusqu'au bout mais on est content d'avoir vu çà et on conseillera FAT32 pour animer le mariage de son meilleur ennemi !

Place à la formation de Trey Spruance, enfin, une de ses configurations puisque Secret Chief 3 est à géométrie variable. Ce soir ils sont 5 : batterie, basse, clavier, guitares (et autres instruments frettés (bizarrement (1/4 de ton ?))) et violon (ou guitare ou trompette), tous encapuchonnés malgré un température assez élevée.

La musique des américains reste bien inclassable: sautillante parfois (le leader sautille souvent), planante ou lorgnant du coté du métal le temps de quelques passages bien plombés. On reconnaitra le thème d'Halloween et on succombera au reste : instrumentaux orientalisant, surf musique ou (presque) easy-listening.

sc3.jpg [1]
Presque 2 heures de pièces virtuoses sans être démonstratrices, pas un micro pour discourir entre chacune, des musiciens au top (la batteuse limite en transe) pour présenter un univers propre mais absolument pas inaccessible.

Bref, juste de la musique et de la bonne. On tient peut-être le concert de l'année [2] !

Notes

[1] photo feiticeira_org

[2] dire qu'ils étaient déjà passés à Lyon en 2009 ... argh

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