Putain, pas moyen de sortir cette chronique live du Loner à Vienne... Et pourtant, c'était au poil, bien rugissant, plus que 11 ans auparavant, avec le même Crazy Horse derrière.
Moins poli aussi, le set acoustique beau et fourni la fois d'avant étant ici réduit à 3 titres à la gratte (Heart of Gold, évidemment le Blowin' in the wind de Bob) plus un Singer Without a Song pour dire qu'on n'a pas charrié le piano pour rien...
Le rêve hippie ainsi expédié, le reste ne sera que déluge de décibels & larsens: 3 titres sortis de Psychedelic Pill (qui se prêtait justement bien au live, à l'étirement) et quelques classiques (mais point trop). Par moment, le chaos évoque même les Swans vu à l'Epicerie en début d'année !
Pas de compromis, pas vraiment d'interaction avec le public non plus, on pardonne au Loner tant ces 2 heures faisaient rudement plaisir ! Neil still rules !!!
2 premières parties pour faire patienter un amphi-théatre venu pour l'australien, pas forcément raccord avec l'univers de ce dernier d'ailleurs, bizarre...
First Julia Holter accompagnée d'un quatuor curieux dans sa forme: batterie, saxophone, violon et violoncelle pour une musique intimiste qui a du mal à captiver en cette fin de journée caniculaire. On l'imagine bien scandinave mais non, elle est californienne et, on l'avoue, tout çà nous passe bien au dessus.
Pas mieux pour Bertrand Belin, juste après. On avait déjà vu le garçon à l'Epicerie et le ressenti reste inchangé: bien fait coté musique ou voix mais zéro accroche sur les textes, c'est donc plus la peine d'insister.
Place à la tête d'affiche et ses 6 mauvaises graines, toutes en costard classieux pour un début de set inconnu (dernier album non ouï, pas hyper connaisseur du monsieur). On a eu la bonne idée d'aller dans la fosse et c'est un très bon choix tant Nick Cave arpente la scène de tous cotés, un coté showman qu'on ne soupçonnait pas.
Un seul regret: ne pas être face au génialissime Warren Ellis qu'on a adoré lors de ses 2 passages à l'Epicerie avec les Dirty Three. Ici, il semble presque domestiqué, au service de son comparse des Grinderman. Enfin, c'est relatif puisque il reste un spectacle à lui tout seul, alternant violon, guitare, flûte traversière ou clavier (?), jouant de dos, le tout dans un style indescriptible.
Coté répertoire, les titres plus anciens ne tarderont pas: Weeping song, Deanna, the Mercy Seat enchainé avec un énorme Stagger Lee, acmé de cette soirée.
Le concert s'achève sur un morceau étrange qu'on imagine bien tiré du nouveau disque. Ce n'est pas terminé pour autant puisque le rappel sera copieux et excellent (rahhh Red Right Hand), prolongé jusqu'à plus soif et achevé seul au piano.
Grosse classe donc, presque de quoi se réconcilier avec le festival ! Et c'est pas Xavier qui me contredira...
Ultime détour à Jazz à Vienne (on a loupé la soirée funk avec un Nile Rodgers au top (argggghhh)) et cette soirée 'Nouvelles Stars'.
La première se nomme José James, on patiente poliment... jazz mâtiné de soul, hip-hop ou rnb qui laisse totalement froid malgré la chaleur renvoyée par les pierres du théâtre.
On est surtout venu pour Youn Sun Nah et quand elle se lance seule au kalimba, c'est un premier frisson. L'enchainement avec un excellent Hurt de NIN accompagnée du guitariste Ulf Wakenius donne le deuxième, ce ne sera pas le dernier.
[1]
Rejointe par un accordéoniste et un contrebassiste, la suite alternera reprises (Tom Waits entre autres) et compositions : d'une élégante finesse pour celles de Vincent Peirani, plus démonstratrices quant à celles de Wakenius.
L'émotion est là et réciproque, en témoignent les interventions toutes timides de la coréenne entre chaque titre (et presque autant de standing ovations (j'exagère)). Avec le temps va, tout s'en va... c'est le rappel (et quel rappel).... déjà !
Dur d'embrayer sur Avishai Cohen qui n'emballe pas vraiment : très jazz, trop technique, je reste complètement à coté... A mi parcours, quelques embardées dans des registres plus métissés arriveront à me sortir d'une torpeur moite mais c'est dur... Ils avaient pourtant l'air content d'être là, on est parti au 4ème rappel !
On enchaine blues encore, le lendemain même de Ben Harper...
L'occasion de sortir Johnny Winter du placard (ou du paravent) pour 1h de show bien bruyant, plein de reprises diverses (Muddy Waters, Chuck Berry, les Stones) et pas vraiment variées dans leur interprétation: à fond la caisse. Le texan est fatigué et encore moins en forme que Rodriguez. Les 3 musiciens qui l'accompagnent compensent, le guitariste prenant les tours de solos les plus rapides. A 21h, on remballe le monsieur, drôle d'impression...
C'est Shemekia Copeland qui le remplace et saura exploiter tout le site du théâtre antique par sa présence et sa voix surpuissante. On connaissait les disques d'il y a 10 ans, le registre du soir sera moins soul qu'espéré et plus... blues. Plaisant et ébouriffant, un peu trop à l'américaine à mon gout.
Quand Robert Cray prends le relais, forcément, c'est différent... On ne le connait pas et la transition après la tornade Copeland est... assez brutale.
[1]
Mais très vite on bascule dans ce set presqu'intimiste, tout en délicatesse et volupté. Cray joue de la strat' et chante comme un dieu, son band l'accompagne avec beaucoup de subtilité et ses compos mêlent merveilleusement le blues au funk ou à la soul. C'est la très bonne découverte de cette soirée !
Ultimes bafouilles...