La bUze

lundi 29 septembre 2008

The Notwist + Married Monk Solo - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 26 Septembre 2008

Quitte à être patient pour la rentrée musicale, autant pêcher du gros, et se déplacer jusqu'à Feyzin (presque une évidence, désormais) pour voir son premier groupe allemand en live (il faut un début à tout) : the Notwist. Je tiens à préciser que ce n'est pas un dégât collatéral d'une passion incontrôlable pour Tokio Hotel : je possède, factures à l'appui, Shrink et Neon Golden (ma préférence allant vers le bleu plutôt que le rouge).

Pour se mettre en jambes, un Married Monk en solo, à savoir le chanteur guitariste Christian Quermalet. Lançant les accompagnements au pied, il propose une poignée de chansons pop mélancoliques très bien ficelées avant de ralentir le rythme et de perdre une partie de l'auditoire. L'absence de groupe y est aussi pour quelque chose : interdiction de s'affranchir en cours de morceau de la partition qui défile, le tout est très millimétré et les accents Lou Reed-iens du chant n'y changeront rien : si on ne verse pas encore dans le karaoké, on touche aux limites de la formule.

A noter une très bonne reprise, plus décontractée puisque seul à la guitare, c'est connu mais impossible de me rappeler le groupe (les paroles semblaient assez drôles : 'love at first sight', 'it's gonna be hot in...'). Entracte!

Place à la tête d'affiche, en tournée promo de The Devil, You + Me, pas écouté. Ils sont 5, en formation plutôt rock : guitares, basse, batterie mais les machines et platine sont bien à portée de main.

notwist.jpg
Niveau look, c'est presque la revanche des geeks, no look pour tout le monde (c'est tellement rare maintenant que çà fait plaisir), paires de lunettes et Martin Gretschmann avec sa tronche de Garth dans Wayne's world qui en joue pas mal, surtout quand il enfile les dragonnes de ses wiimotes pour triturer un peu de texture sonore (la wiimote, çà fait pas trop rock'n'roll on stage, plutôt clip de Kraftwerk).

Sinon, pour la musique, l'entame est assez électro avec 3 titres presque dansants. On retrouve avec beaucoup de plaisir la voix si particulière de Markus Acher. Au 4ème top pourtant, arrêt brutal et retour au punk-rock (efficace) des premiers albums du groupe.

C'est le tournant du concert qui bascule alors dans ce que le groupe sait faire le mieux : un mélange d'électro-pop-rock-jazz (pour faire court). Les versions live sont étirées pour y placer une embardée bruitiste bien barrée, le temps aussi de construire des murs du son fascinants, très denses et compacts avec beaucoup de dB.

La cohésion du groupe est impeccable, le batteur est impressionnant (dans son toucher et aussi le head-banging). L'enchainement 'Neon golden' / 'Pilot' est juste parfait ; le "hit" des allemands semble d'ailleurs s'arrêter avant de rembrayer pour un final exceptionnel.

2 rappels et le groupe s'éclipse après de nombreuses salutations et une grosse banane sous les lunettes de chacun.
Grosse claque donc ! The Notwist, tout en humilité, sait transcender ses compos de façon inimaginée. De quoi oublier cette longue période loin des fosses.

dimanche 3 août 2008

Camille, The Dø & Fink - les Nuits de Fourvière (Lyon), le 27 juillet 2008

Bon, c'est presque fin juillet et La bUze n'a pas foulé le moindre caillou des théâtres antiques du coin... Il est temps d'y remédier avec cette affiche intéressante (et complète) des Nuits de Fourvière (ah si Léonard Cohen... blah blah blah).

fink.jpg Fink d'abord, DJ anglais reconverti à la gratte acoustique pour son 2ème album. Arrivé seul sur scène pour une chanson qui plante le décor, il sera progressivement rejoint par un bassiste puis un batteur.

C'est posé et prenant, suffisamment tendu pour capter l'attention du public malgré la chaleur et la nuit pas encore là. La voix du bonhomme fait son petit effet, son jeu de guitare aussi, le tout assoit une personnalité bien affirmée.

Un petit clin d'oeil à l'électro avec la très bonne reprise de Kraftwerk ('The Model') et c'est donc une excellente surprise que cette première première partie !

Place à la dernière hype de par ici: the Dø, duo franco-finnois auteur d'un "A Mouthful" plutôt rafraichissant. Depuis, il parait que c'est l'emballement médiatique (publicité, tous les gros festivals), de quoi se méfier, surtout quand on mate l'énorme batterie au centre de la scène.

Olivia.jpg Celle-ci lance le concert avec le titre branque qui ouvre aussi l'album, soit. La chanteuse chausse ensuite sa stratocaster pour poser les accords pourtant simples mais rudement efficaces d'une des pépites du disque.

Son collègue alterne claviers et basse et lance du pied quelques boucles non jouables. Y'a rien a dire, leur set est très rôdé : dansant (même si la fosse ne remue pas beaucoup - trop serrés ?), énergique, bancal aussi et donc charmant. La voix et le chant de la demoiselle y sont pour quelque-chose, c'est certain.

Le fait de n'avoir qu'un album à défendre ne transparait nullement, la plupart des titres ont été retravaillés sur la longueur pour la scène et çà passe nickel (c'est pas les Strokes qui peuvent en dire autant).

Ils ont la bonne idée de calmer le jeu au rappel avec un titre plus folk. Seconde bonne surprise que ce groupe en pleine ascension. Pourvu que çà dure...

Tête d'affiche maintenant avec Camille, en tournée Music-Hole, son 3ème entièrement vocal (non-écouté et très discuté il parait).

Elle se présente ce soir en chaussettes et habit de chaperon orange accompagnée de 8 musiciens-choristes. Un seul instrument traditionnel: le piano.

music hole.jpg Pas très communicatrice en début de set, on en profite pour écouter ces nouvelles chansons (sympathique météo marine revue et corrigée). Si la performance vocale impressionne au début, on l'oublie par la suite et le reste emballe moins (le côté un peu trop music-hall justement). Heureusement les retours au Fil sont réguliers et permettent de raccrocher au wagon.

Côté ambiance, la troupe s'entend à merveille et les encouragements ne sont pas feints quand les human beat box feront montre de l'étendue de leur talent ou quand le 'bassiste' partira pour une danse déchainée de quelques minutes.

Premier rappel avec changement de tenue pour Camille : un robe de soirée bien moulante au décolleté suspect. Comme c'est maintenant la tradition à Fourvière, le public lance ses coussins sur la scène, réplique du groupe et ensevelissement de la chanteuse sous ces accessoires.

Elle rappelle alors les premières parties pour tenter une impro (mauvaise) pendant laquelle elle trouvera le moyen d'enfiler une combinaison de plongée devant 3000 spectateurs sans rien montrer et finir par un très prudent stage diving...

Toujours doucement barge, quoi !

dimanche 20 juillet 2008

Ilene Barnes + Susheela Raman (Vénissieux), le 12 juillet 2008

Pleuvra, pleuvra pas... Une question presque typique pour cet été 2008 ! La bUze se déplace quand même jusqu'à Vénissieux pour ses Escales offertes et curieuses, féminines ce soir : Ilene Barnes et Susheela Raman se partagent l'affiche.

Ilene Barnes, from Detroit city - Surinam - Barbade, ... a déjà sorti 3 albums et parle parfaitement notre langue (elle est parisienne désormais). Accompagnée d'une guitariste et d'un batteur, elle s'impose d'entrée et avec le sourire, calmant gentiment un fan transi de la fosse.



Son gabarit impressionne (1m90 ?) mais pas autant que sa voix, souvent méconnaissable d'un titre à l'autre. Son registre folk-rock est aussi perméable à d'autres influences : blues, chants indiens et en fin de concert , une chanson bien régressive avec participation active du public pour un compte à rebours très original.

Chouette moment donc, à ne pas manquer si elle passe de par chez vous !

On continue dans le métissage avec Susheela Raman, anglaise d'origine tamoul mêlant soul, blues et rock à de fortes influences indiennes.

Sur scène ce soir, tous de noir vêtus, la formation est réduite : un guitariste classique (avec 2-3 pédales quand même) et un joueur de tablas.



Le début de concert est plutôt lent, ce qui permet d'apprécier la beauté de la voix de la demoiselle. Et c'est à peu prêt tout : pas d'emballement par la suite ou du moins on ne sait pas trop ce qu'il se passe, c'est décousu, guère addictif et la reprise du Voodoo Chile d'Hendrix n'y change rien.

Expédié rapidement (une heure à peine, rappel compris), c'est pas plus mal !

samedi 28 juin 2008

Daniel Darc - Les Invites (Villeurbanne), le 21 juin 2008

Fête de la musique today, et plutôt que de se perdre à Mirmande, on profite de la dernière soirée des Invites où Daniel Darc assure la tête d'affiche.

En formation presque nombreuse (2 grattes, basse, batterie & clavier), il jouera principalement les titres de son dernier Amours Suprêmes (référence Coltranienne) et de ce Crêve-coeur qui avait permis un retour réussi après quelques abîmes traversées.



Déjà vu pour l'album précédent au Kao, on note que l'ex leader de Taxi-Girl a durcit le ton côté arrangements et discours : entre 2 titres, Sarkozy en prends souvent pour son grade (Les regrets en spéciale dédicace à ses électeurs). Il chante aussi de moins en moins, il marmonne plutôt et semble titubant sous le chapiteau du square de la Doua.

Avec J'irai au Paradis et son riff très efficace, tout s'emballe, le pied de micro en fait les frais et Darc tombe la veste. La suite est tout aussi rock'n'roll, bien soutenu par un excellent groupe et un son parfait, le bonhomme chante souvent à genoux et va faire quelques tours dans la fosse donner quelques accolades.

Peu de voix donc mais un charisme évident, presque prédicateur sur Psaume 23. Chercher le garçon emballe cette fin de concert... Deux rappels, une fin de concert intimiste où accompagné du seul piano, Darc calme le jeu avec maestria et dévoile une sensibilité vraiment touchante.

Contrairement aux Balkan Beat Box l'avant veille, aucun calcul ici, Daniel Darc se donne tout entier : c'est déglingué parfois, pas parfait non plus, juste humain et sincère. Rare, quoi...

dimanche 22 juin 2008

Le Tigre des Platanes & Etenèsh Wassié, Balkan Beat Box - Les Invites (Villeurbanne), le 19 juin 2008

Ouverture ce soir du festival "pas pareil" au square de la Doua. Après Getatchew Mekuria & The Ex, on continue dans la musique éthiopienne métissée avec cette collaboration entre Etenèsh Wassié, chanteuse azmarie et Le Tigre des Platanes, combo jazz toulousain aux multiples influences.

tigredesPlatanes Etenèsh Wassié.jpg
Le Tigre est un quatuor : batterie, basse acoustique, trompette et saxophones et Etenèsh Wassié, vêtue d'une robe blanche traditionnelle (?) assure au chant ces réinterprétations des classiques éthiopiens. Le fameux groove est bien là, tout de langueur avec un brin de mélancolie.

Calme au début (on reconnait le Tezeta présent sur au moins la moitié des volumes Ethiopiques), le répertoire s'énerve progressivement avec des embardées sauvages de sax ou quelques trouvailles bien senties du batteur. Lors des parties plus nerveuses, la chanteuse nous sert une danse des épaules typique plutôt sympathique. Bonne ambiance, un peu d'humour, le groupe prends un plaisir évident sur scène.

Plaisir communicatif, la salle réagit très positivement mais, timing oblige, n'aura pas droit à rappel. Cà commence bien !!!

Direction le bar et son judicieux système de verres à bière consignés... Pendant ce temps, Beat Assailant prends possession de la scène : hip-hop trempé longuement dans la funk (la section 3 cuivres et la basse bien ronde y sont pour quelque chose), résultat efficace et pétaradant, parfait pour les étudiant(e)s voisins venu(e)s faire transpirer leur bouteille de jus d'orange. On encaisse un petit coup de vieux, on trouve çà répétitif et on retourne au bar.

Il est plus d'une heure du mat' quand les new-yorkais de Balkan Beat Box (auto-link) lancent leurs premières boucles. Saxophones, percus, machines, basse & gratte, ils sont 6 pour finir la soirée en beauté.

balkanBeatBox.jpg
Petit problème, le son : çà résonne et les cuivres sont mixés très en dessous... On passe outre et on observe : ils ont l'air bien sympathiques et haranguent souvent la foule. Celle-ci répond présent, normal, les jus d'orange sont vidés...

Côté musique, çà tourne vite en rond : une boucle électro, des riffs de sax, un tricotement de gratte... Les voix présentes sur le premier album manquent cruellement. Et puis la spontanéité n'est pas trop là : festif certes mais très pro et calculé. Déception !

mardi 10 juin 2008

Getatchew Mekuria + The Ex - Le Fil (Saint Etienne), le 04 Juin 2008

De part la longue ( :o) ) existence de ce blog, une règle voudrait que le concert de l'année ait lieu au mois de Juin. Nous y sommes donc et le déplacement stéphanois du jour part favori : l'association des vétérans (28 ans d'existence) punks hollandais The Ex avec le roi du saxophone éthiopien Getatchew Mekuria (né en 1928 (!) ou 1935 (!)) avait déjà fait merveille tant sur scène au CCO en 2004 que sur disque (hop, un rétro billet ici).

Le fil d'abord, nouvelle salle à la configuration surprenante : toute en longueur avec un bar attenant... on se dit que c'est juste pour la première partie : Fedayi Pacha, soit un jeune homme caché sous un habit XXL de moine à grosse capuche pour nous servir un mix d'ethno drum'n'bass original mais bien riche en basses et trop long.

Le concert aura bien lieu ici et la troupe s'installe rapidement. Pour cette tournée, le groupe est complété de 3 souffleurs (sax, trombone et clarinette), soient 9 personnes pour envoyer en grosse partie ce Moa Anbessa. Cà part à toute berzingue avec 2 des titres les plus bourrins de l'album. Mekuria arrive tranquillement, juste à temps pour poser sa partie, c'est puissant, le son est parfait et çà devrait durer un moment.

the ex getatchew mekuria.jpg
On a un peu peur quand le sax devient récalcitrant et coince quelque part dans les mécanismes, on flippe même quand notre homme disparait dans les coulisses. Pendant ce temps, la batteuse assure au chant le temps d'une réinterprétation d'un folklore de là bas en éthiopien s'il vous plait. L'absent réapparait revêtu d'un habit traditionnel flamboyant et accompagné d'un danseur frénétique qui enflamme un peu plus le public. C'est bon enfant et excellent.

getatchew mekuria the ex.jpg
Les autres musiciens ne sont pas en reste, que ce soient les guitaristes qui, sautant un peu de partout tels deux gamins, proposeront un joute bien bruitiste ou les fameux souffleurs qui se fendront de quelques solos tout aussi pêchu (c'est dingue la variété de sons qui sort d'une clarinette). Ils savent aussi calmer le jeu en fin de parcours : belle image où tous assis en bord de scène écoutent Mekuria, seul.

Lors des rappels, le héros de la soirée refusera de se plier aux règles du retour en backstage, encourageant ses acolytes à revenir sitôt partis. Le set s'achève sur un dernier morceau en solo et c'est bien dommage !

Quel pied !!! Le concert parfait, généreux, direct et ... et dire qu'il n'y a pas d'autre date en Rhône Alpes... çà va être long d'attendre Juin 2009.

ps : more interactivity with La bUze, mais pas encore au top du cadrage, c'est ici.

samedi 7 juin 2008

Paramount Styles & Laetitia Sheriff - Cave à Musique (Mâcon), le 31 Mai 2008

Week-end pluvieux, once again, de quoi s'enfermer à la cave de Mâcon pour une soirée prometteuse : nos retrouvailles avec Laetitia Sheriff et, juste avant, les américains de Paramount Styles.

Scott McCloud.jpg Ces derniers, qui jouent premier, constituent le nouveau projet de Scott McCloud, leader des mythiques Girls Against Boys, groupe phare des 90's et lacune buzienne presque incompréhensible au vu de ses influences (Fugazi & Jesus Lizard).

La forme presque acoustique du quintet (gratte folk pour le chanteur, violoncelliste) n'est qu'une trompeuse apparence. Le démenti arrive d'ailleurs rapidement, quand le clavier (peu audible) chausse sa basse : les titres deviennent plus nerveux et le songwriting de McLoud s'avère particulièrement sec, comme coupé au cordeau. Le bonhomme porte le tout avec brio et se donne sans retenue malgré la faible affluence dans la salle ce soir.

Que demander de plus ? Peut-être comment font-ils pour venir des USA à 5 zicos et faire la 1ère partie d'un concert à 12€ et 50 entrées...

Place maintenant à Laetita Sheriff en tournée avant la sortie de son deuxième album (en écoute ici), découverte et appréciée dans cette même salle il y a 4 ans pour son très bon Codification.

laeticia.jpg Toujours accompagnée des Mobiil Gaël Desbois (batterie) et Olivier Mellano (guitare et quinzaine (!) de pédales d'effet), l'entame du concert est plutôt bonne avec les titres accrocheurs de ce Games Over. Mellano superpose habilement ses strates sonores et on reconnait de suite son style très personnel.

On retrouve avec plaisir un titre de Codification avant que Laeticia ne délaisse sa 4 cordes pour le clavier. S'en suivent quelques morceaux plus froids et trop longs, 'expérimentaux' diront certains, mais çà manque surtout de diversité et de rythme (ne disons pas groove).

La suite ne relance pas l'affaire : pénible impression de répétition lors de la construction de chaque nouveau titre, interprétation sans trop de conviction et communication avec le public proche du rien.

Déception donc, comme si le groupe était toujours en rodage pour une tournée qui n'a pas réellement commencé !

dimanche 25 mai 2008

Hawksley Workman - Marché Gare (Lyon), le 19 Mai 2008

Double découverte ce soir : d'une part, le Marché Gare, petite salle tout comme il faut (bonne acoustique, pas de problème de visibilité) ouverte depuis 2 ans (?) mais à la programmation peu emballante... D'autre part Hawksley Workman, trentenaire allumé auteur de déjà 10 albums.

Pas de première partie, le groupe s'installe : 2 claviers, un violoniste, un clarinettiste et Workman, d'abord aux percus pour 2 premiers titres bien bancals et rigolos.

hawksley workman.jpg
Voix puissante et charisme évident, le canadien est vraiment à l'aise sur scène et mène son petit monde sans difficulté. Presque tous multi-instrumentistes (guitare batterie pour lui, violon, guitare, basse, batterie pour les autres), la première moitié du concert est assez éclectique et rappelle parfois les Guillemots. Les morceaux sont chargés et s'éternisent un peu trop (surtout quand chacun y va de sa virtuosité). Côté chant, on dira que çà ne fait pas dans la demi-mesure : rarement posé, bien au contraire... difficile donc d'y trouver un brin d'émotion.

A l'heure de jeu, le groupe laisse son frontman seul... On se dit que le tout est plié quand il entame un début de strip-tease mais c'est sans compter sur l'excentricité du lascard : tout en chantonnant, il enfile une sorte de grenouillère vert-fluo du plus bel effet. Les autres reviennent dans le même uniforme et le changement vestimentaire impacte fortement leur musique : ce sera rock et bien bourrin. Pas très varié non plus et çà dure... Enfin, le public semble apprécier (les fans sont venus nombreux) et à l'heure du rappel, les applaudissements vrombissent. De quoi obtenir deux fois du rab'.

Deux heures sans temps mort, Hawksley Workman est une vraie bête de scène, drôle et barrée... par contre côté musique, j'en resterais là.

dimanche 18 mai 2008

Alain Bashung - Auditorium de Lyon, le 14 Mai 2008

Retour au live après un mois de pause et détour par le temple lyonnais de la musique classique : l'auditorium ! Point d'orchestre symphonique pourtant, moins de têtes blanches que lors des (fameux) concerts Expresso, Alain Bashung affiche complet.

Pas de première partie annoncée mais Chloé Mons (femme de) arrive sur scène avec un ukulélé électrique. Au menu des "compositions" personnelles : en français, en anglais, on comprends pas grand chose tant le chant vire au n'importe quoi (pseudo country braillarde). Le public d'abord poli commence à réagir, ce qui ne décontenance pas l'invitée surprise. Doigt d'honneur, cris, un accord par morceau, c'est tellement vide de tout et INSUPPORTABLE qu'on est secoué de rires nerveux. Sans conteste, mon pire truc jamais entendu... même Cindy Sanders eut été mieux !

Performance ? 1er degré ? On sait pas et on s'en fout, surtout quand elle retourne en coulisses... Calmons-nous un brin le temps de, de quoi, d'ailleurs, y'avait qu'un ukulélé ? 20 minutes quand même avant que le noir ne se fasse.

Le groupe arrive: batteur, bassiste, guitariste et violoniste rejoints rapidement par le maitre de cérémonie, costard & chapeau noirs (la classe).

bashung.jpg
Comme un légo ouvre le set suivi de deux autres titres de ce nouveau Bleu pétrole (pas écouté). La voix est toujours impeccable mais le son de la salle est bien mauvais quand le groupe joue au complet : beaucoup de basses, çà résonne (quand on est en haut) et on identifie à peine les paroles :o( .

Comme à son habitude, le gars n'est pas très bavard mais est-ce bien nécessaire avec un tel répertoire : Samuel Hall, La nuit je mens, Je tuerai la pianiste, Osez Joséphine, ... Un florilège aux orchestrations plus rock que pour la précédente tournée (pas d'Imprudence ce soir). Le public ne s'y trompe pas et il y a beaucoup de ferveur dans les applaudissements.

Premier rappel avec un grandiose Madame rêve, puis un duo avec madame (Calamity Jane, bof), retour en arrière pour Vertige de l'amour. Le groupe s'en va et Bashung revient seul à la guitare acoustique avec Angora et un très poignant Nights in white satin.

Très beau moment donc, certes moins prenant qu'en Octobre 2003 (la faute au son et à la position assise du lieu (je m'y ferais jamais)) mais avec une bonne vingtaine de titres, ce grand monsieur visiblement fatigué a plus qu'assuré l'essentiel.

Chapeau bas Monsieur Bashung!!!


ps: 22€ l'album à la sortie du concert, de qui se moque-t-on ?

lundi 28 avril 2008

Firewater + Alela Diane - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 10 Avril 2008

La soirée prometteuse de Feyzin (encore une fois) ! Parking plein, grosse file d'attente pour la sensation folk de 2007 : Alela Diane accompagnée de Firewater pour la première partie.

Avant ce beau monde, Mariee Sioux, folkeuse voisine d'Alela, jouera seule à la guitare 3 titres de son album. Voix cristalline et arpège à gogo... Un peu trop traditionnel pour la bUze.

Place à Firewater, le plus très nouveau projet de Tod A, ex-hurleur chez les Cop Shoot Cop (groupe culte des 90's). Entouré d'un effectif mouvant à chaque album et après Duane Denison (Jesus Lizard), Jennifer Charles (Elysian Fields), ce soir c'est pas mal non plus : Jean-Marc Butty (croisé chez PJ Harvey, Venus ou Murat) à la batterie, Uri Kinrot (Balkan Beat Box & Gogol Bordello) à la guitare, Reut Regev au trombone, Erik Sanko (Lounge Lizards, Skeleton Key) à la basse et Johnny Kalsi (Transglobal Underground) aux dohol et percus. Ils présentent The Golden Hour, nouvel album enregistré aux 4 coins de la planète par leur globe-trotter de chef en exil depuis la réélection de Bush.

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Cà commence par une structure blues pas très traditionnelle vite embarquée vers d'autres horizons. La configuration du groupe s'y prête furieusement : d'abord par Kalsi et ses percussions pour la touche indienne, ensuite avec Reut Regev, impressionnante au trombone barré du côté des Balkans.

Les titres sont donc rock mais fortement métissés : des rythmiques ska souvent, arabisantes parfois ou des pays de l'est. Le tout porté par la voix moins gueulante qu'avec CSC de Tod A. La totale réussite de l'ensemble tient en la cohésion sonore qui se dégage du groupe: tout est foutrement original, inclassable et complètement à sa place.

Première partie oblige, le timing est serré et après 7/8 titres, c'est plié. Le public en redemande et obtient un seul petit rab... trop court !

Au tour maintenant de la superstar de la soirée : Alela Diane, 24 ans et sans concurrence possible, auteure du meilleur album sorti en 2007 enregistré en 2004. J'en avais déjà parlé ici et je maintiens mon propos d'alors.

alelaDianeLive.jpg
Arrivée seule sur scène et plutôt timide, elle décoche une première chanson de ce Pirate's gospel et impose le silence dans la salle ! Les renforts arrivent pour les suivantes : son père (c'est mignon) - guitare et mandoline, un géant joueur de banjo à la pilosité du crâne inversée et Mariee Sioux aux choeurs.

Dans le prolongement de l'album, ils joueront deux folks traditionnels américains archivés par Alan Lomax et plusieurs nouveautés (annonciatrices d'un album en cours d'élaboration ?) où l'évolution du songwriting de la jeune fille est très perceptible.

On peut regretter que les orchestrations retenues fassent perdre à quelques morceaux leur caractère intimiste mais, compte-tenu de leur ancienneté, c'est bien compréhensible et cela permet d'explorer de nouvelles pistes.

Là encore, tout passe trop vite et c'est déjà le dernier titre (superbe Clickity Clack). Rappel obligatoire et on recommence : une guitare, cette voix sans âge et un très beau Oh Mama. Le sommet d'émotion de ce concert arrive juste après : un inédit en duo avec son père.

Ultime arpège et rideau... Merci donc !!!