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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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jeudi 16 octobre 2008 00:55

Suzanne Vega - Salle Molière (Lyon), le 13 Octobre 2008

Soirée calme et assise ce soir puisque La bUze est au balcon et découvre la salle Molière au look ma foi bien rétro, remplie aux 2/3 pour accueillir Suzanne Vega.

suzanne vega glaurent.jpg
Pas de première partie et horaire respecté ou presque (20h), pas très rock'n'roll mais on n'est pas là pour çà !

Accompagnée du seul Gerry Leonard (guitariste chez Bowie), la new-yorkaise présente son dernier Beauty and Crime (tout a fait honorable) en formule acoustique.

Pas d'effet de mise en scène très spectaculaire : un spot braqué sur la chanteuse vêtue de noir, Gerry sort de l'ombre de temps en temps. No look pour les deux.

"Marlene on the wall" ouvre le bal. Suivront des titres piochés dans la plupart des tiroirs discographiques (7 albums), l'accent est évidemment mis sur le récent album ("New York Is a Woman", "Pornographer's Dream", "Frank & Ava").

L'accompagnement réduit pouvait laisser craindre une certaine monotonie, il n'en est rien : Leonard, à l'electrique (oui, je sais, j'ai dit formule acoustique), varie brillamment les approches, muscle juste ce qu'il faut son jeu par moment, joue habilement des effets sonores. Vega à l'acoustique (on y est) rythme l'ensemble et prends quelques leçons de français entre les chansons.

Toujours est-il que l'on retrouve avec délice la caresse de cette voix si particulière. La bUze fond sur "In Liverpool" (de l'excellent 99.9 F°), sommet de ce concert. C'est déjà la fin du set, plutôt convenue, avec les 2 tubes Luka (pas convaincant) & Tom's Diner enchainés.

2 rappels en douceur suivront et puis Suzanne s'en va. Il est 21h30... Au lit !

lundi 29 septembre 2008 22:37

The Notwist + Married Monk Solo - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 26 Septembre 2008

Quitte à être patient pour la rentrée musicale, autant pêcher du gros, et se déplacer jusqu'à Feyzin (presque une évidence, désormais) pour voir son premier groupe allemand en live (il faut un début à tout) : the Notwist. Je tiens à préciser que ce n'est pas un dégât collatéral d'une passion incontrôlable pour Tokio Hotel : je possède, factures à l'appui, Shrink et Neon Golden (ma préférence allant vers le bleu plutôt que le rouge).

Pour se mettre en jambes, un Married Monk en solo, à savoir le chanteur guitariste Christian Quermalet. Lançant les accompagnements au pied, il propose une poignée de chansons pop mélancoliques très bien ficelées avant de ralentir le rythme et de perdre une partie de l'auditoire. L'absence de groupe y est aussi pour quelque chose : interdiction de s'affranchir en cours de morceau de la partition qui défile, le tout est très millimétré et les accents Lou Reed-iens du chant n'y changeront rien : si on ne verse pas encore dans le karaoké, on touche aux limites de la formule.

A noter une très bonne reprise, plus décontractée puisque seul à la guitare, c'est connu mais impossible de me rappeler le groupe (les paroles semblaient assez drôles : 'love at first sight', 'it's gonna be hot in...'). Entracte!

Place à la tête d'affiche, en tournée promo de The Devil, You + Me, pas écouté. Ils sont 5, en formation plutôt rock : guitares, basse, batterie mais les machines et platine sont bien à portée de main.

notwist.jpg
Niveau look, c'est presque la revanche des geeks, no look pour tout le monde (c'est tellement rare maintenant que çà fait plaisir), paires de lunettes et Martin Gretschmann avec sa tronche de Garth dans Wayne's world qui en joue pas mal, surtout quand il enfile les dragonnes de ses wiimotes pour triturer un peu de texture sonore (la wiimote, çà fait pas trop rock'n'roll on stage, plutôt clip de Kraftwerk).

Sinon, pour la musique, l'entame est assez électro avec 3 titres presque dansants. On retrouve avec beaucoup de plaisir la voix si particulière de Markus Acher. Au 4ème top pourtant, arrêt brutal et retour au punk-rock (efficace) des premiers albums du groupe.

C'est le tournant du concert qui bascule alors dans ce que le groupe sait faire le mieux : un mélange d'électro-pop-rock-jazz (pour faire court). Les versions live sont étirées pour y placer une embardée bruitiste bien barrée, le temps aussi de construire des murs du son fascinants, très denses et compacts avec beaucoup de dB.

La cohésion du groupe est impeccable, le batteur est impressionnant (dans son toucher et aussi le head-banging). L'enchainement 'Neon golden' / 'Pilot' est juste parfait ; le "hit" des allemands semble d'ailleurs s'arrêter avant de rembrayer pour un final exceptionnel.

2 rappels et le groupe s'éclipse après de nombreuses salutations et une grosse banane sous les lunettes de chacun.
Grosse claque donc ! The Notwist, tout en humilité, sait transcender ses compos de façon inimaginée. De quoi oublier cette longue période loin des fosses.

dimanche 3 août 2008 21:41

Camille, The Dø & Fink - les Nuits de Fourvière (Lyon), le 27 juillet 2008

Bon, c'est presque fin juillet et La bUze n'a pas foulé le moindre caillou des théâtres antiques du coin... Il est temps d'y remédier avec cette affiche intéressante (et complète) des Nuits de Fourvière (ah si Léonard Cohen... blah blah blah).

fink.jpg Fink d'abord, DJ anglais reconverti à la gratte acoustique pour son 2ème album. Arrivé seul sur scène pour une chanson qui plante le décor, il sera progressivement rejoint par un bassiste puis un batteur.

C'est posé et prenant, suffisamment tendu pour capter l'attention du public malgré la chaleur et la nuit pas encore là. La voix du bonhomme fait son petit effet, son jeu de guitare aussi, le tout assoit une personnalité bien affirmée.

Un petit clin d'oeil à l'électro avec la très bonne reprise de Kraftwerk ('The Model') et c'est donc une excellente surprise que cette première première partie !

Place à la dernière hype de par ici: the Dø, duo franco-finnois auteur d'un "A Mouthful" plutôt rafraichissant. Depuis, il parait que c'est l'emballement médiatique (publicité, tous les gros festivals), de quoi se méfier, surtout quand on mate l'énorme batterie au centre de la scène.

Olivia.jpg Celle-ci lance le concert avec le titre branque qui ouvre aussi l'album, soit. La chanteuse chausse ensuite sa stratocaster pour poser les accords pourtant simples mais rudement efficaces d'une des pépites du disque.

Son collègue alterne claviers et basse et lance du pied quelques boucles non jouables. Y'a rien a dire, leur set est très rôdé : dansant (même si la fosse ne remue pas beaucoup - trop serrés ?), énergique, bancal aussi et donc charmant. La voix et le chant de la demoiselle y sont pour quelque-chose, c'est certain.

Le fait de n'avoir qu'un album à défendre ne transparait nullement, la plupart des titres ont été retravaillés sur la longueur pour la scène et çà passe nickel (c'est pas les Strokes qui peuvent en dire autant).

Ils ont la bonne idée de calmer le jeu au rappel avec un titre plus folk. Seconde bonne surprise que ce groupe en pleine ascension. Pourvu que çà dure...

Tête d'affiche maintenant avec Camille, en tournée Music-Hole, son 3ème entièrement vocal (non-écouté et très discuté il parait).

Elle se présente ce soir en chaussettes et habit de chaperon orange accompagnée de 8 musiciens-choristes. Un seul instrument traditionnel: le piano.

music hole.jpg Pas très communicatrice en début de set, on en profite pour écouter ces nouvelles chansons (sympathique météo marine revue et corrigée). Si la performance vocale impressionne au début, on l'oublie par la suite et le reste emballe moins (le côté un peu trop music-hall justement). Heureusement les retours au Fil sont réguliers et permettent de raccrocher au wagon.

Côté ambiance, la troupe s'entend à merveille et les encouragements ne sont pas feints quand les human beat box feront montre de l'étendue de leur talent ou quand le 'bassiste' partira pour une danse déchainée de quelques minutes.

Premier rappel avec changement de tenue pour Camille : un robe de soirée bien moulante au décolleté suspect. Comme c'est maintenant la tradition à Fourvière, le public lance ses coussins sur la scène, réplique du groupe et ensevelissement de la chanteuse sous ces accessoires.

Elle rappelle alors les premières parties pour tenter une impro (mauvaise) pendant laquelle elle trouvera le moyen d'enfiler une combinaison de plongée devant 3000 spectateurs sans rien montrer et finir par un très prudent stage diving...

Toujours doucement barge, quoi !

dimanche 20 juillet 2008 16:14

Ilene Barnes + Susheela Raman (Vénissieux), le 12 juillet 2008

Pleuvra, pleuvra pas... Une question presque typique pour cet été 2008 ! La bUze se déplace quand même jusqu'à Vénissieux pour ses Escales offertes et curieuses, féminines ce soir : Ilene Barnes et Susheela Raman se partagent l'affiche.

Ilene Barnes, from Detroit city - Surinam - Barbade, ... a déjà sorti 3 albums et parle parfaitement notre langue (elle est parisienne désormais). Accompagnée d'une guitariste et d'un batteur, elle s'impose d'entrée et avec le sourire, calmant gentiment un fan transi de la fosse.



Son gabarit impressionne (1m90 ?) mais pas autant que sa voix, souvent méconnaissable d'un titre à l'autre. Son registre folk-rock est aussi perméable à d'autres influences : blues, chants indiens et en fin de concert , une chanson bien régressive avec participation active du public pour un compte à rebours très original.

Chouette moment donc, à ne pas manquer si elle passe de par chez vous !

On continue dans le métissage avec Susheela Raman, anglaise d'origine tamoul mêlant soul, blues et rock à de fortes influences indiennes.

Sur scène ce soir, tous de noir vêtus, la formation est réduite : un guitariste classique (avec 2-3 pédales quand même) et un joueur de tablas.



Le début de concert est plutôt lent, ce qui permet d'apprécier la beauté de la voix de la demoiselle. Et c'est à peu prêt tout : pas d'emballement par la suite ou du moins on ne sait pas trop ce qu'il se passe, c'est décousu, guère addictif et la reprise du Voodoo Chile d'Hendrix n'y change rien.

Expédié rapidement (une heure à peine, rappel compris), c'est pas plus mal !

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