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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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samedi 28 juin 2008 20:04

Daniel Darc - Les Invites (Villeurbanne), le 21 juin 2008

Fête de la musique today, et plutôt que de se perdre à Mirmande, on profite de la dernière soirée des Invites où Daniel Darc assure la tête d'affiche.

En formation presque nombreuse (2 grattes, basse, batterie & clavier), il jouera principalement les titres de son dernier Amours Suprêmes (référence Coltranienne) et de ce Crêve-coeur qui avait permis un retour réussi après quelques abîmes traversées.



Déjà vu pour l'album précédent au Kao, on note que l'ex leader de Taxi-Girl a durcit le ton côté arrangements et discours : entre 2 titres, Sarkozy en prends souvent pour son grade (Les regrets en spéciale dédicace à ses électeurs). Il chante aussi de moins en moins, il marmonne plutôt et semble titubant sous le chapiteau du square de la Doua.

Avec J'irai au Paradis et son riff très efficace, tout s'emballe, le pied de micro en fait les frais et Darc tombe la veste. La suite est tout aussi rock'n'roll, bien soutenu par un excellent groupe et un son parfait, le bonhomme chante souvent à genoux et va faire quelques tours dans la fosse donner quelques accolades.

Peu de voix donc mais un charisme évident, presque prédicateur sur Psaume 23. Chercher le garçon emballe cette fin de concert... Deux rappels, une fin de concert intimiste où accompagné du seul piano, Darc calme le jeu avec maestria et dévoile une sensibilité vraiment touchante.

Contrairement aux Balkan Beat Box l'avant veille, aucun calcul ici, Daniel Darc se donne tout entier : c'est déglingué parfois, pas parfait non plus, juste humain et sincère. Rare, quoi...

dimanche 22 juin 2008 14:38

Le Tigre des Platanes & Etenèsh Wassié, Balkan Beat Box - Les Invites (Villeurbanne), le 19 juin 2008

Ouverture ce soir du festival "pas pareil" au square de la Doua. Après Getatchew Mekuria & The Ex, on continue dans la musique éthiopienne métissée avec cette collaboration entre Etenèsh Wassié, chanteuse azmarie et Le Tigre des Platanes, combo jazz toulousain aux multiples influences.

tigredesPlatanes Etenèsh Wassié.jpg
Le Tigre est un quatuor : batterie, basse acoustique, trompette et saxophones et Etenèsh Wassié, vêtue d'une robe blanche traditionnelle (?) assure au chant ces réinterprétations des classiques éthiopiens. Le fameux groove est bien là, tout de langueur avec un brin de mélancolie.

Calme au début (on reconnait le Tezeta présent sur au moins la moitié des volumes Ethiopiques), le répertoire s'énerve progressivement avec des embardées sauvages de sax ou quelques trouvailles bien senties du batteur. Lors des parties plus nerveuses, la chanteuse nous sert une danse des épaules typique plutôt sympathique. Bonne ambiance, un peu d'humour, le groupe prends un plaisir évident sur scène.

Plaisir communicatif, la salle réagit très positivement mais, timing oblige, n'aura pas droit à rappel. Cà commence bien !!!

Direction le bar et son judicieux système de verres à bière consignés... Pendant ce temps, Beat Assailant prends possession de la scène : hip-hop trempé longuement dans la funk (la section 3 cuivres et la basse bien ronde y sont pour quelque chose), résultat efficace et pétaradant, parfait pour les étudiant(e)s voisins venu(e)s faire transpirer leur bouteille de jus d'orange. On encaisse un petit coup de vieux, on trouve çà répétitif et on retourne au bar.

Il est plus d'une heure du mat' quand les new-yorkais de Balkan Beat Box (auto-link) lancent leurs premières boucles. Saxophones, percus, machines, basse & gratte, ils sont 6 pour finir la soirée en beauté.

balkanBeatBox.jpg
Petit problème, le son : çà résonne et les cuivres sont mixés très en dessous... On passe outre et on observe : ils ont l'air bien sympathiques et haranguent souvent la foule. Celle-ci répond présent, normal, les jus d'orange sont vidés...

Côté musique, çà tourne vite en rond : une boucle électro, des riffs de sax, un tricotement de gratte... Les voix présentes sur le premier album manquent cruellement. Et puis la spontanéité n'est pas trop là : festif certes mais très pro et calculé. Déception !

mardi 10 juin 2008 23:06

Getatchew Mekuria + The Ex - Le Fil (Saint Etienne), le 04 Juin 2008

De part la longue ( :o) ) existence de ce blog, une règle voudrait que le concert de l'année ait lieu au mois de Juin. Nous y sommes donc et le déplacement stéphanois du jour part favori : l'association des vétérans (28 ans d'existence) punks hollandais The Ex avec le roi du saxophone éthiopien Getatchew Mekuria (né en 1928 (!) ou 1935 (!)) avait déjà fait merveille tant sur scène au CCO en 2004 que sur disque (hop, un rétro billet ici).

Le fil d'abord, nouvelle salle à la configuration surprenante : toute en longueur avec un bar attenant... on se dit que c'est juste pour la première partie : Fedayi Pacha, soit un jeune homme caché sous un habit XXL de moine à grosse capuche pour nous servir un mix d'ethno drum'n'bass original mais bien riche en basses et trop long.

Le concert aura bien lieu ici et la troupe s'installe rapidement. Pour cette tournée, le groupe est complété de 3 souffleurs (sax, trombone et clarinette), soient 9 personnes pour envoyer en grosse partie ce Moa Anbessa. Cà part à toute berzingue avec 2 des titres les plus bourrins de l'album. Mekuria arrive tranquillement, juste à temps pour poser sa partie, c'est puissant, le son est parfait et çà devrait durer un moment.

the ex getatchew mekuria.jpg
On a un peu peur quand le sax devient récalcitrant et coince quelque part dans les mécanismes, on flippe même quand notre homme disparait dans les coulisses. Pendant ce temps, la batteuse assure au chant le temps d'une réinterprétation d'un folklore de là bas en éthiopien s'il vous plait. L'absent réapparait revêtu d'un habit traditionnel flamboyant et accompagné d'un danseur frénétique qui enflamme un peu plus le public. C'est bon enfant et excellent.

getatchew mekuria the ex.jpg
Les autres musiciens ne sont pas en reste, que ce soient les guitaristes qui, sautant un peu de partout tels deux gamins, proposeront un joute bien bruitiste ou les fameux souffleurs qui se fendront de quelques solos tout aussi pêchu (c'est dingue la variété de sons qui sort d'une clarinette). Ils savent aussi calmer le jeu en fin de parcours : belle image où tous assis en bord de scène écoutent Mekuria, seul.

Lors des rappels, le héros de la soirée refusera de se plier aux règles du retour en backstage, encourageant ses acolytes à revenir sitôt partis. Le set s'achève sur un dernier morceau en solo et c'est bien dommage !

Quel pied !!! Le concert parfait, généreux, direct et ... et dire qu'il n'y a pas d'autre date en Rhône Alpes... çà va être long d'attendre Juin 2009.

ps : more interactivity with La bUze, mais pas encore au top du cadrage, c'est ici.

samedi 7 juin 2008 22:08

Paramount Styles & Laetitia Sheriff - Cave à Musique (Mâcon), le 31 Mai 2008

Week-end pluvieux, once again, de quoi s'enfermer à la cave de Mâcon pour une soirée prometteuse : nos retrouvailles avec Laetitia Sheriff et, juste avant, les américains de Paramount Styles.

Scott McCloud.jpg Ces derniers, qui jouent premier, constituent le nouveau projet de Scott McCloud, leader des mythiques Girls Against Boys, groupe phare des 90's et lacune buzienne presque incompréhensible au vu de ses influences (Fugazi & Jesus Lizard).

La forme presque acoustique du quintet (gratte folk pour le chanteur, violoncelliste) n'est qu'une trompeuse apparence. Le démenti arrive d'ailleurs rapidement, quand le clavier (peu audible) chausse sa basse : les titres deviennent plus nerveux et le songwriting de McLoud s'avère particulièrement sec, comme coupé au cordeau. Le bonhomme porte le tout avec brio et se donne sans retenue malgré la faible affluence dans la salle ce soir.

Que demander de plus ? Peut-être comment font-ils pour venir des USA à 5 zicos et faire la 1ère partie d'un concert à 12€ et 50 entrées...

Place maintenant à Laetita Sheriff en tournée avant la sortie de son deuxième album (en écoute ici), découverte et appréciée dans cette même salle il y a 4 ans pour son très bon Codification.

laeticia.jpg Toujours accompagnée des Mobiil Gaël Desbois (batterie) et Olivier Mellano (guitare et quinzaine (!) de pédales d'effet), l'entame du concert est plutôt bonne avec les titres accrocheurs de ce Games Over. Mellano superpose habilement ses strates sonores et on reconnait de suite son style très personnel.

On retrouve avec plaisir un titre de Codification avant que Laeticia ne délaisse sa 4 cordes pour le clavier. S'en suivent quelques morceaux plus froids et trop longs, 'expérimentaux' diront certains, mais çà manque surtout de diversité et de rythme (ne disons pas groove).

La suite ne relance pas l'affaire : pénible impression de répétition lors de la construction de chaque nouveau titre, interprétation sans trop de conviction et communication avec le public proche du rien.

Déception donc, comme si le groupe était toujours en rodage pour une tournée qui n'a pas réellement commencé !

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