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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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dimanche 25 mai 2008 21:55

Hawksley Workman - Marché Gare (Lyon), le 19 Mai 2008

Double découverte ce soir : d'une part, le Marché Gare, petite salle tout comme il faut (bonne acoustique, pas de problème de visibilité) ouverte depuis 2 ans (?) mais à la programmation peu emballante... D'autre part Hawksley Workman, trentenaire allumé auteur de déjà 10 albums.

Pas de première partie, le groupe s'installe : 2 claviers, un violoniste, un clarinettiste et Workman, d'abord aux percus pour 2 premiers titres bien bancals et rigolos.

hawksley workman.jpg
Voix puissante et charisme évident, le canadien est vraiment à l'aise sur scène et mène son petit monde sans difficulté. Presque tous multi-instrumentistes (guitare batterie pour lui, violon, guitare, basse, batterie pour les autres), la première moitié du concert est assez éclectique et rappelle parfois les Guillemots. Les morceaux sont chargés et s'éternisent un peu trop (surtout quand chacun y va de sa virtuosité). Côté chant, on dira que çà ne fait pas dans la demi-mesure : rarement posé, bien au contraire... difficile donc d'y trouver un brin d'émotion.

A l'heure de jeu, le groupe laisse son frontman seul... On se dit que le tout est plié quand il entame un début de strip-tease mais c'est sans compter sur l'excentricité du lascard : tout en chantonnant, il enfile une sorte de grenouillère vert-fluo du plus bel effet. Les autres reviennent dans le même uniforme et le changement vestimentaire impacte fortement leur musique : ce sera rock et bien bourrin. Pas très varié non plus et çà dure... Enfin, le public semble apprécier (les fans sont venus nombreux) et à l'heure du rappel, les applaudissements vrombissent. De quoi obtenir deux fois du rab'.

Deux heures sans temps mort, Hawksley Workman est une vraie bête de scène, drôle et barrée... par contre côté musique, j'en resterais là.

dimanche 18 mai 2008 00:34

Alain Bashung - Auditorium de Lyon, le 14 Mai 2008

Retour au live après un mois de pause et détour par le temple lyonnais de la musique classique : l'auditorium ! Point d'orchestre symphonique pourtant, moins de têtes blanches que lors des (fameux) concerts Expresso, Alain Bashung affiche complet.

Pas de première partie annoncée mais Chloé Mons (femme de) arrive sur scène avec un ukulélé électrique. Au menu des "compositions" personnelles : en français, en anglais, on comprends pas grand chose tant le chant vire au n'importe quoi (pseudo country braillarde). Le public d'abord poli commence à réagir, ce qui ne décontenance pas l'invitée surprise. Doigt d'honneur, cris, un accord par morceau, c'est tellement vide de tout et INSUPPORTABLE qu'on est secoué de rires nerveux. Sans conteste, mon pire truc jamais entendu... même Cindy Sanders eut été mieux !

Performance ? 1er degré ? On sait pas et on s'en fout, surtout quand elle retourne en coulisses... Calmons-nous un brin le temps de, de quoi, d'ailleurs, y'avait qu'un ukulélé ? 20 minutes quand même avant que le noir ne se fasse.

Le groupe arrive: batteur, bassiste, guitariste et violoniste rejoints rapidement par le maitre de cérémonie, costard & chapeau noirs (la classe).

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Comme un légo ouvre le set suivi de deux autres titres de ce nouveau Bleu pétrole (pas écouté). La voix est toujours impeccable mais le son de la salle est bien mauvais quand le groupe joue au complet : beaucoup de basses, çà résonne (quand on est en haut) et on identifie à peine les paroles :o( .

Comme à son habitude, le gars n'est pas très bavard mais est-ce bien nécessaire avec un tel répertoire : Samuel Hall, La nuit je mens, Je tuerai la pianiste, Osez Joséphine, ... Un florilège aux orchestrations plus rock que pour la précédente tournée (pas d'Imprudence ce soir). Le public ne s'y trompe pas et il y a beaucoup de ferveur dans les applaudissements.

Premier rappel avec un grandiose Madame rêve, puis un duo avec madame (Calamity Jane, bof), retour en arrière pour Vertige de l'amour. Le groupe s'en va et Bashung revient seul à la guitare acoustique avec Angora et un très poignant Nights in white satin.

Très beau moment donc, certes moins prenant qu'en Octobre 2003 (la faute au son et à la position assise du lieu (je m'y ferais jamais)) mais avec une bonne vingtaine de titres, ce grand monsieur visiblement fatigué a plus qu'assuré l'essentiel.

Chapeau bas Monsieur Bashung!!!


ps: 22€ l'album à la sortie du concert, de qui se moque-t-on ?

lundi 28 avril 2008 00:01

Firewater + Alela Diane - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 10 Avril 2008

La soirée prometteuse de Feyzin (encore une fois) ! Parking plein, grosse file d'attente pour la sensation folk de 2007 : Alela Diane accompagnée de Firewater pour la première partie.

Avant ce beau monde, Mariee Sioux, folkeuse voisine d'Alela, jouera seule à la guitare 3 titres de son album. Voix cristalline et arpège à gogo... Un peu trop traditionnel pour la bUze.

Place à Firewater, le plus très nouveau projet de Tod A, ex-hurleur chez les Cop Shoot Cop (groupe culte des 90's). Entouré d'un effectif mouvant à chaque album et après Duane Denison (Jesus Lizard), Jennifer Charles (Elysian Fields), ce soir c'est pas mal non plus : Jean-Marc Butty (croisé chez PJ Harvey, Venus ou Murat) à la batterie, Uri Kinrot (Balkan Beat Box & Gogol Bordello) à la guitare, Reut Regev au trombone, Erik Sanko (Lounge Lizards, Skeleton Key) à la basse et Johnny Kalsi (Transglobal Underground) aux dohol et percus. Ils présentent The Golden Hour, nouvel album enregistré aux 4 coins de la planète par leur globe-trotter de chef en exil depuis la réélection de Bush.

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Cà commence par une structure blues pas très traditionnelle vite embarquée vers d'autres horizons. La configuration du groupe s'y prête furieusement : d'abord par Kalsi et ses percussions pour la touche indienne, ensuite avec Reut Regev, impressionnante au trombone barré du côté des Balkans.

Les titres sont donc rock mais fortement métissés : des rythmiques ska souvent, arabisantes parfois ou des pays de l'est. Le tout porté par la voix moins gueulante qu'avec CSC de Tod A. La totale réussite de l'ensemble tient en la cohésion sonore qui se dégage du groupe: tout est foutrement original, inclassable et complètement à sa place.

Première partie oblige, le timing est serré et après 7/8 titres, c'est plié. Le public en redemande et obtient un seul petit rab... trop court !

Au tour maintenant de la superstar de la soirée : Alela Diane, 24 ans et sans concurrence possible, auteure du meilleur album sorti en 2007 enregistré en 2004. J'en avais déjà parlé ici et je maintiens mon propos d'alors.

alelaDianeLive.jpg
Arrivée seule sur scène et plutôt timide, elle décoche une première chanson de ce Pirate's gospel et impose le silence dans la salle ! Les renforts arrivent pour les suivantes : son père (c'est mignon) - guitare et mandoline, un géant joueur de banjo à la pilosité du crâne inversée et Mariee Sioux aux choeurs.

Dans le prolongement de l'album, ils joueront deux folks traditionnels américains archivés par Alan Lomax et plusieurs nouveautés (annonciatrices d'un album en cours d'élaboration ?) où l'évolution du songwriting de la jeune fille est très perceptible.

On peut regretter que les orchestrations retenues fassent perdre à quelques morceaux leur caractère intimiste mais, compte-tenu de leur ancienneté, c'est bien compréhensible et cela permet d'explorer de nouvelles pistes.

Là encore, tout passe trop vite et c'est déjà le dernier titre (superbe Clickity Clack). Rappel obligatoire et on recommence : une guitare, cette voix sans âge et un très beau Oh Mama. Le sommet d'émotion de ce concert arrive juste après : un inédit en duo avec son père.

Ultime arpège et rideau... Merci donc !!!

samedi 15 mars 2008 15:52

Benjamin Fincher + Minor Majority - le Sirius (Lyon), le 07 mars 2008

Le Sirius est encore blindé mais qu'importe... l'affiche du jour est tentante : Minor Majority est là pour présenter une double galette (best of sur la première, raretés réenregistrées sur la seconde, le tout paru ici chez les indé-crottables de Vicious Circle (Abus Dangereux, c'est eux)).

Première partie assurée par Benjamin Fincher, un gars à la guitare sèche et une fille au violoncelle (parfois au tambourin) pour un répertoire folk-pop. Belle voix pour lui, mais les compos n'accrochent pas plus que çà et on s'ennuie rapidement. La fin du set avec des instruments-jouets (c'est nouveau, il parait) n'arrange rien, au contraire. Le bontempi-style c'est pas mon truc !

Les #@&ù£@ restés bien assis pendant la prestation des Mantais se lèvent enfin pour donner de l'espace à l'arrière cale et la température augmente sensiblement et régulièrement.

Les ventilos sont activés lorsque le groupe entre en scène : clavier, batteur, bassiste, guitariste et chanteur guitariste. Première chanson qui met cash dans le bain : son excellent et pop-song tout pareil. Le grain de voix rappelle immédiatement les Tindersticks.

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La suite est du même acabit, chaque titre fait mouche et le talent mélodique des Norvégiens est évident. On se ballade parmi leurs références (R.E.M., Madrugada) avec plaisir et le public suit, tout sourire, les embarquées du groupe même quand il durcit le ton.

Un seul point négatif (et personnel) : à chaque chanson et comme si c'était une clause de son contrat, le guitariste a droit à son solo peu souvent approprié et trop souvent interminable. D'accord il maitrise son instrument mais c'est un peu vain et presque ridicule puisque le tout s'agrémente des mimiques top-concerné-top-cliché déjà vu chez, euh... Spinal Tap ?

Ce détail excepté, Minor Majority en live, c'est vraiment bien. Pas de frime (alors que çà marche pas mal pour eux en Norvège) et du goût. La preuve : ils reprendront Nick Drake.

Rappel mérité et fourni, de quoi boucler la semaine bien joliment...

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