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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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lundi 13 août 2012 22:34

Tinariwen - Nuits de Fourvière (Lyon), le 23 Juillet 2012

Retours, le temps de quelques billets, sur des concerts plus ou moins lointains et des ébauches de chroniques enfin terminées... Cà pourrait même être fourni, je préviens !

Depuis le temps que je voulais les voir (c'est pas faute de manque de dates non plus, ils tournent beaucoup dans nos contrées), il suffisait juste d'une personne bien intentionnée ;) , un peu de désert à l'Odéon, çà ne se refuse pas...

Il fait encore jour quand le groupe arrive (pas de première partie ce soir) et lance lentement sa prestation. Les premiers titres sont parmi les plus calmes et l'entame passée, le soufflé retombe pas mal. De quoi être presque inquiet pour la suite: sera-ce interminable ?

Le démenti ne tarde pas à venir lorsque l'homme en habit d'or prends le lead (la configuration du groupe tournera pendant tout le set). La soirée vire alors plus électrique, portée par des percus renforcées.

Tinariwen_live_fourviere.jpg
Ce coup de boost est le bon, je ne décrocherais plus de la setlist encore bien longue, et ce, sans connaitre plus d'un album des touaregs: ils arrivent, en tournant un même motif, à l'enrichir jusqu'à un point presque hypnotique, avec un groove simple mais très efficace, les voix, excellentes, apportant la touche finale à l'édifice.

Le public ne s'y trompe pas et danse joyeusement devant les musiciens (au grand dam des hurleurs assis des gradins... y'en a toujours...) jusqu'à tard dans la nuit (presque 2 heures de concert ?).

Excellente surprise donc, de quoi avoir envie de continuer l'aventure discographique et (presque) se réconcilier avec les Nuits de Fourvière.

dimanche 5 août 2012 23:54

The Adolescents & Les mauvais garçons - Warm Audio (Décines), le 30 Juillet 2012

Soirée punk revival en cette fin de mois de Juillet, et, surprise, l'endroit (jauge à 150 places) est complet (ouf, je chope une des 5 dernières places).

Le lieu est petit mais convivial, bar immense (mais débordé par l'affluence), Les Mauvais Garçons attaquent et proposent une musique punk plutôt bien faite (25 ans d'expérience, çà aide), avec des textes en français qui rappellent les Sheriff (l'accent du sud en moins) et quelques reprises bien senties: le Perfect Day du grabataire Reed revu et corrigé ou un titre des Burning Heads pour rester de ce coté-ci de l'Atlantique. Pas hyper fan de la voix du chanteur mais le tout reste éminemment sympathique et lance très bien la soirée.

A peine plus âgés, The Adolescents sont, parait-il, un de ces groupes "cultes" américains dont le premier album est sorti en 1981 (!) (et qu'on a à peine pris la peine d'écouter).

La découverte se fera live et elle est rudement bonne: en ouverture, un No way flamboyant, les titres qui suivent, carrés et gorgés de mélodies très accrocheuses. Les choeurs, souvent présents, emballent un public qui n'en a pas besoin (dingue le monde ici présent qui connait le répertoire des californiens).

Coté look, c'est assez improbable et dans un genre singulier pour chacun des 5 musiciens : Tony Cadena en chanteur-leader ventripotent, Steve Soto les cheveux tirés en arrière à l'ancienne et un visage d'une rare pâleur, ... mais dépassons les apparences parce que çà joue, et même très bien, avec conviction et plaisir partagé.

Les bombinettes de 2'30 s'enchainent sans temps mort, çà pogote gentiment et quelques slammeurs se lancent. La salle décinoise porte alors bien son nom, c'est une étuve ! Le rappel arrive néanmoins, vite expédié, il laisse un pare-terre trempé de bière et sueur, on sort prendre l'air !

vendredi 6 juillet 2012 00:46

Portishead - Théâtre antique de Vienne, le 25 Juin 2012

Comme çà passe vite: 3 ans qu'on avait point mis les pieds sur les pierres romaines viennoises... et encore, à l'arrache de dernière minute puisque j'étais pas vraiment prêt à raquer 45€ pour voir Portishead mais la demande n'étant pas aussi forte que l'offre, le prix du billet d'occasion a bien chuté.

Retrouvailles bien sympathiques avec un lieu toujours aussi majestueux et presque plein, c'est Though Form qui joue déjà, pas grand chose à en entendre donc à en dire tout occupé à s'hydrater... On file alors dans la fosse prêt à en découdre dès le premier pogo (!).

Le groupe arrive peu avant 22h et commence par l'ouverture de ce Third toujours pas écouté (malgré sa position dominante dans les tops de l'an 2008). Cà surprend, les titres de cet album étant très différents de ce qu'avait proposé les anglais jusqu'ici, dans le bon sens (excellentissime The rip, We carry on) ou laissant dans l'expectative en première écoute (Hunter, Nylon smile). Heureusement, ils distillent judicieusement leurs "grands classiques": dur de bouder son plaisir à écouter live Mysterons, Glory box ou Wandering star.

portishead_live_vienne.jpg [1]

Portés par des visuels originaux et construits en direct via une dizaine de petites caméras disposées sur toute la scène, la prestation vaut l'expérience. Heureusement, dirons-nous, car sans cela, ce serait bien austère et très millimétré, trop calqué sur les enregistrements discographiques (notes et sons prêts) et sans long discours: un premier merci de la part de Beth Gibbons juste avant le rappel (!).

Pour ce dernier, une pluie fine s'invite le temps d'un magnifique Roads, grand moment de la soirée (presque le frisson) avant de conclure fàçon krautrock avec We carry on.

Bref, content de les avoir vu.... On espère juste que le groupe ne s'installe pas dans le surplace artistique qui guettait presque ce soir.

Notes

[1] photo petitecureilmagique

vendredi 15 juin 2012 23:07

Dirty Three & Shellac + Helen Money - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 30 Mai 2012

...suite et fin...

Shellac, on aime plus (At Action Park) ou moins (Excellent Italian Greyhound) sur disque mais, vert d'avoir raté leur passage ici même il y a 2 ans, je m'étais promis de pas réitérer la boulette...

Pourtant, en regagnant le noir, on se dit que même si la réputation scénique des gentilés de Chicago n'est pas à faire, çà va être dur de surpasser les Dirty Three.

Shellac_live_lyon.jpg
On découvre de visu Steve Albini: no-look absolu (quel fascinant polo à manches mi-longues), grosses lunettes pas loin du style 'revenge of the geek'.

Pas mieux pour la scène puisque les 3 musiciens sont sur la même ligne, l'éclairage fixe et sans couleur, là n'est pas l'essentiel: tout est dans le son, ramassé, travaillé. C'est brut, sans artifice, mais bien puissant. Idéal pour servir des compos piochées au gré des 4 albums du groupe.

Tous joués impeccablement avec une sorte de mise en scène qui n'appartient qu'à Shellac, des trucs un peu idiots mais drôles: Bob Weston qui se transforme en animateur de questions/réponses entre les titres, ou les mimiques de Todd Trainer, spectacle à part entière (comme le peuvent être celles du batteur d'Unsane d'ailleurs).

Cà joue aussi longtemps (pas loin d'1h30), avec un plaisir évident, terminant par ce magistral The End of Radio :


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