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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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mercredi 31 octobre 2007 00:02

Rachid Taha - Theo Argence (Saint-Priest), le 26 octobre 2007

La bUze est en déplacement ce soir : virée lointaine au moins jusqu'à Saint-Priest pour découvrir le théatre du centre Théo Argence, plutôt bien aménagé et l'organisation sympathique des lieux (pizzas et gateaux maison). Ceci pour voir en vrai le grand Rachid Taha qui joue un peu à domicile (il a vécu quelques années à Lyon) à l'occasion de la tournée 'Diwan 2'.

Pas de première partie ; les musiciens arrivent un par un (derbouka, luth, batteur, bassiste, guitariste & claviers) pour construire un premier morceau qui met tout de suite dans le bain. Rachid les rejoint, costume rouge qui pête et chapeau noir vissé sur la tête.

rachidTaha.jpg Dès le deuxième titre, un tiers de la salle se lève et ce sera définitif ! Il faut dire que le chanteur provoque gentiment le public. Il sait aussi être plus incisif, rappelant la réappropriation sarkozienne de Guy Môcquet qui remplace le 'camarade' original par un 'compagnon' moins coconnoté.

Pour la musique, c'est un subtil mélange entre rock, punk et musique arabe, influences parfaitement assimilées par le chef.

Comme il avait su le faire avec 'Douce France', l'ex Carte de Séjour s'approprie trop bien le 'Rock El Casbah' du Clash pour une reprise monumentale. La bUze reconnait aussi des titres du premier 'Diwan' : 'Ach Adami' joué rarement sur scène et bien sûr 'Ya Raya' qui met littéralement le feu au théatre, les youyous fusent à en perdre quelques oreilles !

Une petite accalmie permettra à Hakim Hamadouche de montrer ce qu'il sait faire au luth et au chant (++) pour deux très beaux titres.

Le concert touche à sa fin, un trop court rappel et les salutations d'usage? Plutôt ému, Mr Taha s'en va... Beau moment !

mardi 23 octobre 2007 23:01

Sharon Jones & the Dap Kings (+ The Dynamites) - Ninkasi (Lyon), le 18 octobre 2007

Détour ninkasien ce jeudi pour la soirée funk de l'année et pas moyen de se garer, bizarre... on apprendra le lendemain que Michel Sardou raccole et amasse un max chez Tony Garnier ce soir-là.

Mais revenons chez le brasseur où c'est blindé, même pour la première partie qui a déjà commencé : The Dynamites featuring Charles Walker viennent de Nashville et proposent un retour au temps de la Motown avec cuivres et voix bien chaude.

Charles Walker mouille la chemise et les cuivres (multi-instrumentistes) assurent impeccablement, la bonne humeur est au rendez-vous, dommage d'avoir loupé le début ! à surveiller donc...

On tente ensuite une approche vers le bar où 2 serveuses font difficilement face à 12 mètres linéaires de buveurs.

Retour difficile dans la fosse, il faut jouer des épaules et c'est dense... à croire que la tête d'affiche jouit désormais d'une bonne réputation (le prix du billet en témoigne). Pas usurpée certes, La bUze a déjà gouté à çà 2 fois en 2005, à la Cave à Musique de Mâcon et en off lors du festival Jazz à Vienne.

Comme d'habitude, les Dap Kings arrivent en premier pour chauffer la salle. 3 cuivres, 2 guitares, 1 basse, 1 batteur et 1 percussionniste, de quoi faire du beau son. Cà groove rapidement, même si la voix du guitariste n'est pas celle de Charles Walker. Suit une longue harangue pour annoncer la venue de notre 'Soul Sister' préférée.

sharonJones.jpg
La voila donc, vêtue d'une robe moins flashy que les fois précédentes mais toujours aussi pêchue malgré la cinquantaine juste passée.

Les titres du nouvel album (100 Days 100 Nights, écouté une fois et bien prometteur) sont à la fête, mais on retrouve aussi ses classiques, notamment ceux pour lesquels Sharon Jones choisit un garçon du public pour mieux se moquer de tous les autres (My man is a mid-man) ou encore celui permettant de reviser l'anatomie-du-corps-humain-en-anglais...

Présentés en début de concert, les Dap Kings restent impeccables (Amy Winehouse aurait tenté de les débaucher) et entièrement au service de leur patronne. Celle-ci s'éclipse à l'heure, nouvelle harangue du guitariste (re-pub très américaine pour les CDs, T-shirts, ...) et rappel très très réussi: It's A Man's Man's Man's World (mysogine cette chanson d'ailleurs) du Godfather of Soul.

Que dire de plus... allez-y !!!

jeudi 4 octobre 2007 19:12

Jeffrey Lewis Band - Cave à Musique (Mâcon), le 27 Septembre 2007

Un petit déplacement en terres mâconnaises cette semaine pour le concert du Jeffrey Lewis Band à la Cave à Musique.

Jeffrey Lewis, trentenaire à la discographie déjà fournie et "leader" du courant anti-folk en provenance de New-York tourne un peu avant la sortie de son nouvel album de reprises du groupe Crass.

jeffreyLewis.jpg Ni première partie (le billet est à 5 €) ni grande scène mais une petite estrade installée de travers pour rendre l'endroit plus intimiste qu'il ne l'est déjà, la salle compte une trentaine de personne à l'ouverture des portes.

Les musiciens arrivent, et côté vestimentaire, c'est sûrement le groupe le plus mal sappé jamais vu par La bUze (mention spéciale pour la fille aux mini-claviers: robe à fleurs old-school, collants bleus et chaussettes noires).

Le set commence par une chanson sans refrain et de long couplets plaqués sur 3 accords... tristounet et trop long, çà part mal et ce qui suit n'est guère plus avenant. Arrive un intermède BD acapella plutôt sympa où Jeffrey, support papier en main, fait défiler une histoire bien tordue et dessinée par ses soins.

Tout s'emballe lorsque le jeune homme et son groupe décident de nous comter l'histoire du punk de 1950 au mid-70's: une petite présentation orale et une mini-cover expédiée sauvagement pour, entre autres, les Velvet Undergroung, Stooges, Richard Hell et Fugs (qui balançaient en 1965 leur excellent Nothing: Monday, nothing, Thuesday nothing...). Trop bon!

Les morceaux percutent beaucoup plus, le frère bassiste propose des riffs bien efficaces et l'ambiance s'emballe. Cà joue fort, c'est mal lêché mais rudement efficace, tout à l'énergie. Lewis tiens désormais son public et le temps s'accélère. Rideau et, après des applaudissements mérités, un rappel généreux.

Une bien bonne soirée donc, avec le sourire aux lèvres et une simplicité évidente, à réitérer ASAP...

ps1: le concert la veille au Ground Zero lyonnais valait aussi le déplacement.
ps2: mention ++ au public mâconnais, toujours plus enthousiaste que celui qui vit 70km au sud...

vendredi 28 septembre 2007 00:29

Joe Lally & The John Venture - le Clacson (Oullins), le 21 Septembre 2007

Et ben, elle a tardé, cette rentrée musicale... 2 mois à préserver ses oreilles, écouter de la musique de chambre (ahhh, le hautbois), c'est presque long. On rattaque tant qu'à faire par une nouvelle salle rhônalpine, le Clacson. Pas très nouvelle non plus, c'est juste la MJC de Oullins qui change de nom et invite gratos pour l'occasion.

Cà commence par The John Venture, réunion-fusion des groupes stéphanois Angil et Broadway: 6 chemises noires, 6 cravates rouges, 2 gars aux platines, 2 chanteurs (parfois guitaristes), 1 vidéaste et 1 clavier pour créer une texture sonore dense et enrichie en basse.

Au programme, beaucoup d'électro, un peu de dub, du hip-hop et quelques envolées rock bancal, rien que çà. C'est assez déroutant, pas toujours immédiat mais souvent prenant. Les voix jumelles rappellent dEUS. Certains titres mériteraient quand même un petit élagage, notamment les trips bruitistes de fin de morceau.

En conclusion, une expérience originale que cette John Venture... et sans licenciement (?)

Vient le tour de Joe Lally, plus connu pour être le bassiste des excellentissimes Fugazi, groupe hardcore culte de Washington, DC.

joeLally2_.jpg A défaut d'avoir jamais pu les voir en live, je remonte mon Fugazi en kit: d'abord Ian MacKaye et ses Evens au CCO en Novembre 2004 pour la soirée d'anniversaire monstrueuse de The Ex et maintenant le projet solo de Lally.

Fidèle à son instrument, il s'essaye désormais au chant. Entamant seul le concert, il sera progressivement rejoint par batteur et guitariste. Le chant, justement, n'est pas génial ; la voix est nasillarde et sans coffre... espèrons que la musique compense.

C'est pas trop le cas au début: des chansons lentes, atrophiées, dur dur d'y rentrer. Le public applaudit poliment mais l'électrocardiogramme de la salle reste plat. Devant ce constat, le groupe envoie des titres plus nerveux, avec quelques bribes de basse fugaziennes.

Le guitariste, assis et inquiétant, produit du bon larsen en frappant ses cordes d'une baguette de métal ou décoche quelques riffs sauvages, rugueux et concis. L'homme derrière les fûts assure, avec un jeu varié. Quelques instants, la sauce prends donc plutôt bien, on flirte avec le jazz-rock mais çà retombe sans cesse, au grand dam du batteur. La faute peut-être à des intermèdes un peu long où Lally tente quelque discours avec le public, pas réceptif.

Ce climat mitigé perdurera jusqu'à la fin du show. Un rappel est timidement demandé... et en retour de politesse, Joe viendra faire un texte acapella.

Une rentrée en demi-teinte donc mais les prochains mois s'annoncent fournis...

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