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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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lundi 13 août 2007 00:18

Neil Young & Crazy Horse - Vienne, le 17 juillet 2001

neilyoungFillmore.jpg Cà y est, Neil Young s'est enfin décidé à publier quelques archives inédites de sa longue carrière... Ce premier volume 'Live at the Fillmore East' est énorme: le Crazy Horse d'origine avec Danny Witten, 6 titres seulement mais les Cowgirl in the sand & Down by the river dépassent largement les 10 minutes.

Dur de décrocher du loner: excepté sa période Geffen (années 80) et ses derniers disques plutôt ronronnants, La bUze a presque tout, est presque fan...

Et quant il est passé à Vienne il y a quelques années, impossible de ne pas y aller:

Pas de souvenir de la première partie mais plein du son énorme du Crazy Horse, ce côté rugueux, roboratif, une rythmique pachydermique et pourtant si agile, ces larsens qui couvrent parfois la voix particulière de Neil Young.

Coté interaction avec le public c'est le minimum syndical mais on s'en fout, seuls comptent ces morceaux devenus classiques et les différentes facettes de Young étalées ce soir-là: électrique d'abord puis accoustique pour un mini-show à l'harmonica et/ou au piano avec 2 choristes, la part belle est faite (logiquement) à After the gold rush, Harvest & Harvest moon.

Le Crazy Horse reviendra mettre le feu pour une seconde moitié de show époustouflante: Rockin' In The Free World, Hey hey my my ,etc...

Au rappel, un nouveau titre: Going Home (qui figurera de façon incongrue sur l'album Are you passionate ?, bien moyen et à orientation plus soul) emporte tout :    goto radio La bUze  

Il manquait juste le Cowgirl in the sand... un prétexte pour y retourner la prochaine fois !!!

mardi 24 juillet 2007 22:14

Eddy la Gooyatsh - Fêtes Escales (Vénissieux), le 13 juillet 2007

Premier détour par les Escales, bien que ce festival en soit à sa 9ème édition, pour voir en cette veille de fête nationale: un patriote, un vrai, qui chante la France d'autrefois, avec nostalgie...

Euh, en fait pas du tout, c'est Eddy La Gooyatsh, chanteur nancéen, activiste dans quelques groupes de la scène locale et depuis quelques années, à son compte. L'ayant loupé au théatre de l'Iris lors d'une présentation qui donnait bougrement envie, il fallait se rattraper.

eddy.jpg Le concert à lieu dans le parc attenant à la mairie, public hétéroclite et familial, un chapiteau où Eddy se présente d'abord seul avec un mini-ukulélé pour une mini-intro. On sent qu'on va passer un bon moment !

Rejoint par un contrebassiste, et enfilant une Telecaster, il nous présente les titres de son premier album 'l'amour et l'eau fraîche' à sa façon à lui, bien décalée, quoi...

Des titres à l'ouest, avec des bribes de quotidien, un peu de poésie et beaucoup d'humour, une reprise de Brassens. Le public apprécie, participe volontiers au jeu du C..-... et des V..... (un récalcitrant dans la salle: 'Moi, j'suis pas une v...., j'suis un taureau') et en redemande.

Une très fraîche surprise donc, à revoir sans tarder plus qu'à commenter. Eddy, çà file la banane (navré pour cette chute un peau glissante) !

samedi 21 juillet 2007 10:25

Arcade Fire & Herman Düne - les Nuits de Fourvière (Lyon), le 18 juillet 2007

Encore un amphithéatre ce soir, pour la grosse affiche rock de ces Nuits de Fourvière: Arcade Fire.

C'est complet depuis longtemps et les invités de dernière minute pour assurer la première partie sont les Herman Düne, que La bUze aura vu quelques fois ces derniers temps.

Même configuration de groupe que pour les Invites mais on craint le pire dès la première chanson, quand David-Ivar exécute un (affreux) solo après avoir mis un grand coup au bouton volume de son ampli.

La suite ronronnera gentiment pendant 45 minutes : répertoire monotone et chanté sans trop de conviction, la section rythmique et les 2 cuivres transfuges express d'Arcade Fire n'y changeront pas grand chose. La trompette apporte tout de même un plus à ces chansons mono-gimmick-guitaristique joués en boucle.

Fatigués les Herman Düne ? surement... Surestimés ? peut-être !

Les nuages sont passés et la nuit est là quand Arcade Fire arrive. L'installation de la scène a donné lieu a un joli ballet de roadies : il y en a un peu de partout, des amplis, des claviers, un harmonium (démonté de l'église racheté avec les recettes du premier album ?), des néons et 5 cubes hauts sur pied avec un grand rond blanc sur une de leur face.

C'est ces boites qui donnent le top: des images d'une fillette indienne (?) arranguant les foules y sont projetées (un message pour les fans du groupe venus nombreux ce soir-là ?). Le groupe arrive alors et entame un Black Mirror assourdissant : volume beaucoup trop fort et magma informe... il faudra quelques chansons pour équilibrer tout çà (sans maitrise, la puissance n'est rien... ok, j'la ref'rais plus) ; une Poupée de cire bien bourrin par exemple.

arcade_fire_flickr_429.jpg
On en profite pour observer les canadiens: 10 sur scène, 2 filles aux violons et Régine à la vielle ou l'accordéon, un chanteur géant et charismatique... Tout ce petit monde s'agite dans tous les sens, changeant souvent d'instrument (au risque de laisser retomber la tension du titre achevé). Un jeu de lumière original et quelques projections inquiétantes donnent l'impression d'une messe païenne.

Miraculeusement (on désespérait presque), au détour d'une chanson, tout trouve sa place: le son est alors au top et le groupe en état de grâce. Chaque titre fait mouche et c'est jubilatoire de voir cette bande de sales gosses comme lâchés dans un magasin de musique. Ils s'en donnent à coeur joie, le public aussi, mis à contribution pour faire les coeurs avec bonheur.

Tout filera désormais trop vite jusqu'au rappel (en ouh ouh ouh): 2 titres exceptionnels et puis s'en vont.

Sans ces problèmes de début de set, Arcade Fire eut atteint le sans-faute : un engagement entier, une énergie folle, de l'humour, des oh oh oh et beaucoup d'humilité... Je reviendrais !

samedi 14 juillet 2007 20:53

Magic Slim & The Teardrops, Al Green, Nico Wayne Toussaint Blues Band - Jazz à Vienne, le 07 juillet 2007

Incroyable, il fait beau et chaud ce soir, les gens l'ont bien compris: le théatre est plein... Difficile de trouver une place potable à moins de prendre de la hauteur.

Les Nico Wayne Toussaint Blues Band attaquent les premiers avec un blues pas très propre, impression renforcée par le jeu d'harmonica (communément appelée "ruine babines" - c'était la minute culturelle) du Nico en question. Ce dernier porte un costume vert-fluo du plus mauvais gout (un peu dans le genre The Mask) mais il ne ménage pas sa peine pour chauffer le public et y arrivera sans problème. Bien sympatique, la mise en bouche par ces gars du sud-ouest !

magic_slim.jpg On change alors de tranche d'âge avec Magic Slim & The Teardrops, puisque le Magic a 70 balais au compteur et plus toutes ses dents. Légende vivante du Chicago Blues, il est accompagné de son groupe de toujours qui débute seul le show. On s'interroge sur le guitariste, c'est lui ou pas lui, finalement non, l'authentique Slim (pas slim du tout, il est immense) arrivant pour le second titre à une allure pachydermique mais presque, vêtu de noir et coiffé d'un chapeau.

Par des gestes très lents, il enfilera sa courroie, la guitare parait toute petite entre ses mains (maçon le jour, gratteux le soir). Le guitariste des Teardrops s'efface alors et c'est parti pour du blues bien rugueux, sans fioritures mais tellement bon. D'abord instrumental, il ne tarde pas à chanter avec une voix un peu voilée et envoutante. Les morceaux s'étirent pas mal et s'en est presque hypnotique, on reste scotché au son de sa gratte mixée très en avant. Derrière, la maison est solide.

S'il marmonne quelques commentaires inter-chansons, c'est pas très compréhensible (enfin il paraît content d'être ici). Par contre son toucher de guitare est impressionnant, deux onglets sur le pouce et l'index pour un jeu puissant et sauvage. Aucun sentiment de répétition dans le répertoire de ce soir, le bonhomme connaitrait 500 thèmes... forcément ! Il aurait même joué plus longtemps si des petits signes des loges ne demandaient de laisser la place pour la suite !

La suite, justement, c'est une autre légende de la soul music cette fois.

Al Green, sexagénaire, s'est fendu pendant la première moitié des 70's d'albums très... sensuels qui trustèrent les charts de l'époque. Après quelques incidents personnels, il se tourna vers l'église et le gospel pour y rester une quinzaine d'années, devenant pasteur. Son retour s'est fait plus marquant au début de ce siècle avec 2 albums qui reprenaient l'ouvrage là où il s'était arrêté 25 ans auparavant.

al_green.jpg
La configuration de ce soir est fournie avec, entre autres, une section cuivre, 2 choristes, 2 guitares, 2 claviers, ... et lorsque le premier titre part, Mr Al arrive, très chic: costume noir, chemise blanche à jabot et souliers vernis. Il est très vite rejoint par 2 danseurs bleus de la tête aux pieds, portant une veste de coupe immonde et présentant une chorégraphie kitsch à l'extrème... Déstabilisant tout çà !!!

Les 2 schtroumpfs disparaissent mais çà ne s'arrange pas beaucoup: on nous sert déjà la présentation des musiciens (et ils sont nombreux). Al Green cabotine à souhait, lance des fleurs au public et se marre sans cesse... Côté chant, c'est dur de se faire une idée puisque qu'aucune chanson n'est vraiment bien tenue jusqu'au bout. Le révérend enchaine par son jeu des reprises des autres qui durent une minute si bien qu'on n'a toujours pas l'impression que le concert ait commencé alors que la soirée est bien entamée...

Cà ira mieux sur la fin avec quelques standards et un peu plus de concentration, le danseurs reviendront changés (ils mixeront leur panoplie bleue avec une blanche, terrible) et on perçoit quelques secondes la voix miraculeuse du monsieur avant qu'il ne la force à nouveau.

Sympathique mais décevant, le révérend... surtout par rapport aux prestations d'un autre grand de la soul, le king Solomon Burke. Que ce soit à Vienne en 2004 ou à Lyon l'année suivante, il avait délivré 2 shows euphorisants devant une cour conquise.

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