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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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lundi 9 juillet 2007 23:42

Joan as Police Woman & Antony and the Johnsons - les Nuits de Fourvière (Lyon), le 01 juillet 2007

D'abord, pas d'Antony and the Johnsons pour cause d'arrêt maladie (problèmes de cartilage de la trachée)... La bonne idée des organisateurs, c'est de maintenir gratuitement la soirée avec la première partie désormais seule tête d'affiche: Joan As Police Woman.

joan as policewoman goddeau.jpg
Drôle de nom pour une proche d'Antony, justement (ex-membre des Johnsons, un duo sur son album à elle) et drôle de fille aussi.

Le théatre est moitié plein (pas mal) quand Joan arrive accompagnée d'une bassiste et d'un batteur. Lors des premiers titres au piano, on pense à Tori Amos (comparaison facile je l'avoue), pas trop à Cat Power contrairement à ce que j'ai pu lire. Plutôt bavarde et loufoque, un peu stone surement: les intermèdes sont bien barrés et longs, trop peut-être pour créer une unité et une dynamique au concert.

Les titres plus nerveux (à la guitare) accrochent mieux mais çà retombe vite. Par contre on se marre bien sur scène, le batteur dépouillé de ses vêtements en terres lyonnaises en prends pour son grade et les vestiges du théatre aussi. Le single 'Eternal flame' fonctionne bien, le public apprécie et obtient un dernier titre de miss Wasser, seule au piano.

Une soirée un peu freak donc.

samedi 30 juin 2007 14:48

Esbjörn Svensson Trio (EST) & Robin McKelle - Jazz à Vienne, le 29 juin 2007

Retrouvailles suprises (1 place offerte) avec le Théatre antique de Vienne pour la première grosse soirée de ce festival Jazz à Vienne: Robin McKelle et Esbjörn Svensson Trio.

Deuxième surprise, il fait presque beau, chose rare en ce mois de juin pour être signalée. Dernière surprise, un moineau défèque sur la chemise très jazzy de La bUze (noire quoi), y'a plus de respect pour les rapaces, j'vous l'dis moi !!!

Robin McKelle, c'est le dernier carton jazz vocal avec l'album Introducing...' sorti l'année passée. En formation Big Band, c'est donc ce dernier qui commence seul la première partie. Un grosse section cuivres à laquelle s'ajoutent les batterie, contrebasse, guitare et piano, soit 17 musiciens (français, sinon c'est un avion complet qu'il faut réserver).

L'américaine arrive après cette introduction pour un répertoire très swing, alternant titres perso et reprises (Armstrong, entre autres). Caractérisée par une bonne humeur constante (mise à l'épreuve lors d'une chute contre un ampli de retour) et une (belle) voix sans âge, Robin est visiblement flattée et heureuse de fouler cette scène viennoise.

Le Big Band est efficace (chacun ou presque se fendra d'un petit solo) mais c'est sur les quelques titres en formation réduite (trio) que j'accroche le plus. Un peu de scat et un premier rappel salsa emballe le public. Exceptées une vilaine robe rose et une vieille scie au piano en guise de titre final, cette première partie était donc plutôt sympathique.

C'est maintenant au tour des suèdois d'Esbjörn Svensson Trio aka E.S.T., groupe jazz phénomène jamais trop loin de la pop (sacrilège !) et du rock (pour la mise en place scènique par exemple: le piano, la contrebasse et la batterie sont accolés tel un tout au centre du plateau).

est.jpg Déjà entendus à l'auditorium de Lyon le 13 Novembre 2001, c'est avec plaisir qu'on reprend une dose de ces ambiances instrumentales construites patiemment et ressemblant à pas grand chose de connu (sauf peut-être une bande originale d'un film de Tim Burton, quoique).

Un gros travail est effectué sur les sonorités (en particulier la batterie) afin de développer des climats intriguants et envoûtants, caractères accentués par le cadre et la nuit tombée. De longues pièces donc, dépassant largement les 10 minutes, sans paroles ni applaudissements puisque même les enchainements valent le coup.

La première pause a lieu après 3 titres, Esbjörn présente ses deux collègues dans un français bien maitrisé. Cà repart de façon plus angoissante cette fois avec des effets sur la contrebasse qui la mue en guitare à riffs saturés pour un détour par le métal (si si !!! du métal à jazz à Vienne), corde pétée à la clef et recherche expresse d'une remplacante.

Si le pianiste donne son nom au trio, E.S.T. ne peut se réduire qu'à lui : la contribution des 3 musiciens est équivalente et la cohésion du groupe repose peut-être sur cette parité (enfin j'me comprends). Chaque morceau crée son propre univers interconnecté aux autres et c'est ainsi jusqu'au rappel, presque rock (on pense à Radiohead) le temps d'un instant.

Un excellent concert donc ! E.S.T. en live reste une expérience unique pour tous les curieux mélomanes...

ps: considération plus terre à terre: le verre de Kro à 3 €, c'est abusé !

mercredi 27 juin 2007 00:08

Red, Izabo & The Bellrays - Les Invites (Villeurbanne), le 23 juin 2007

Pour ce dernier jour du festival le don d'ubiquité m'arrangerait puisqu'au parc de la Commune, l'afrobeat de Seun Kuti fait bien envie alors qu'au square de la Doua, les Bellrays donnent le change.

C'est finalement le rock'n'roll qui l'emporte, la faute peut-être à Red qui ouvre la soirée. "Déjà lu" me direz-vous mais c'est tellement bon qu'il est dur de résister.

redInvites.jpg
Casquette rouge vissée sur la tête, le concert part sur les chapeaux de roux (désolé). Très proche de celui de Feyzin: une majorité de titres du dernier lp, la très bonne reprise de Lambchop, la guitare rectangulaire alternée avec la basse... c'est rugueux, mal lêché et parfois hypnotique, mais le plaisir est intact.

Je signerais volontiers pour un neuvième tour !


Pause restauration: jus de gingembre et poulet Yassa, La bUze mange ses congénères sans problème... Cà s'agite alors dans le chapiteau: c'est Izabo, groupe pop-disco-rock israelien qui débute.

Ils sont 4, chant+guitare, basse, batterie et claviers, à délivrer une pop bien sucrée. Trop surement, çà écoeure vite: la voix aigue du chanteur, les plans solos de guitare et un manque de charisme, tout çà fait penser à un groupe pour ados bien calibré sans la market-option rebel'attitude des Kyo, c'est dire...


Tout le contraire des Bellrays qui font déjà les méchants lors de l'installation du matos.

bellrays.jpg
La chanteuse arrive vêtue d'une très 70's robe verte à fleurs (qui siée à merveille à sa coupe afro) et cà commence à fond les ballons : dès le deuxième titre, le guitariste crispé sur son manche dégouline de sueur.

Pas grand chose à fredonner sur ce premier tiers de show, c'est sale et bien destructuré. Le batteur cogne comme un fou mais c'est la voix qui impressionne de puissance. Etrangement, Lisa Kekaula ne bouge pas tant que çà: par contre elle joue du tabourin ou des maracas, harengue la foule telle un prêcheuse (et la fosse réagit :o)).

Cà s'éclaircit par la suite avec des bribes de soul music qui durent quelques secondes avant de repartir en furie, le pogo est lancé. Aucun temps mort, mais où vont-il chercher toute cette énergie ?

Le rappel exhume des titres des 2 premiers albums (compilés là dessus), le show s'achève après 1h30 de prestation bien sauvage et barrée, sans concession et sans retenue.

Les Bellrays, un groupe à voir sur scène, quoi !

dimanche 24 juin 2007 00:58

Herman Düne, Adrienne Pauly, Idir - Les Invites (Villeurbanne), le 22 juin 2007

Les Invites, deuxième...

HermanDuneInvites.jpg
Ce soir, le parc de la Commune est accessible, une scène a été reconstruite et la météo devrait nous laisser tranquille (y'a même un brin de soleil) pour assister d'abord à la prestation d'Herman Düne, le "meilleur duo folk franco-suédo-suisse à barbes" (dixit le Petit Bulletin). Vu à Mâcon le 11 novembre dernier pour un très bon concert, la formation a un peu bougé en effectif: un nouveau barbu tient la basse et un percussioniste seconde Neman (André étant toujours (définitivement ?) resté à la maison).

Ils piocheront avec efficacité dans leurs derniers efforts discographiques, exposant leur versant pop sur la seconde moitié du set. Le public présent semble déjà connaitre et apprécier. David-Ivar surprend quand même en partant plusieurs fois en vocalises très opérette, étonnant ! Il se fend, entre les morceaux de quelques traductions 'anglais-pour-les-nuls', 1er ou second degré, on ne sait pas.

Après 3/4 d'heure, le groupe s'éclipse. Une entame sympathique donc même si leur musique convient mieux aux petites salles obscures qu'en plein air et plein jour...



S'installe ensuite Adrienne Pauly qui cartonne en ce moment avec son 'J'veux un mec'.

En formation rock et tous vêtus de cuir et lunettes de soleil (top cliché tout çà), le son est puissant, un peu trop même puisque la voix d'Adrienne reste en retrait alors que c'est justement son point fort. On s'en rendra plus compte entre les chansons, avec la gouaille très parisienne de la dame. Musicalement c'est efficace mais pas très original, des schémas assez prévisibles, les textes peuvent par contre mériter une écoute plus attentive.

La foule se réveille sur le single. La bUze s'en va avant le rappel...



Vient le tour d'Idir, chanteur algérien qui présente en partie son nouvel album 'la France des couleurs' sorti en début de mois.

Le population a quelque peu changé puisque toute ou presque la communauté kabyle lyonnaise a fait le déplacement au parc et les premiers rangs sont trustés par les fans. C'est donc dans une ambiance chaleureuse que se déroule l'intégralité de ce concert.

Idir, tantôt charmeur, tantôt joueur, feint de ne pas se rappeler son premier tube pour mieux faire participer l'assistance. Par des mots simples et une vraie sincérité, il suscite aussi l'émotion, lors de la longue présentation d'une chanson que lui chantait sa maman. Ou encore quand il passe quelques messages sur le poids des traditions ou la volonté d'émancipation des femmes de la communauté (illustrée par un texte co-écrit par Grand Corps Malade). Une pensée sera également envoyée à Lounès Matoub, autre grand chanteur kabyle, assassiné en 1998 par le GIA.

Le public est ravi, çà fredonne dans tous les coins et pfftt, c'est déjà terminé ! Cet Idir là est un peu magicien !!!

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