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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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vendredi 22 juin 2007 17:37

Patrick Scheyder & Marc Perrone, Nouvelle Vague - Les Invites (Villeurbanne), le 21 juin 2007

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Rendez-vous obligatoire de ce début d'été: les Invites de Villeurbanne qui proposent gratuitement depuis 6 ans une programmation éclectique répartie sur 3 jours et 2 sites au milieu des arbres.

L'orage de la veille ayant détruit la scène du parc de la Commune, exit le hip-hop klezmer de Socalled Orchestra et le tropicalisme de Lenine, dommage l'affiche était bien allèchante! La bUze désabuzée file donc au chapiteau planté square de la Doua où elle arrive trop tard pour Antiquarks Duo (déja chroniqué ici).

Marc Perrone (roi de l’accordéon diatonique) et Patrick Scheyder (pianiste classique) prennent donc place et commencent par de longs instrumentaux mélancoliques (venant de l'europe de l'est ?) qui dénotent largement de ce qu'on peut habituellement entendre un soir de fête de la musique ;o). Si certains morceaux sont introduits par des maltraitances pianistiques, peu à peu, une intimité se crée. Perrone chante sur quelques titres, en italien, en français, nous livre de drôles d'anecdotes et présente avec humour ses tubes (!).

Fort d'à prioris, je redoutais l'accordéon, mais là et avec celui-ci (le diatonique), çà passe tout seul ! Après un détour par le répertoire classique (Chopin ?), le concert s'achève en chansons françaises du début du siècle dernier, reprises en choeur par le public.

Un très beau moment donc !



Une bière plus loin, Nouvelle Vague entre en scène et les chaises utilisées précédemment sont vites mises de coté.

Le public est nombreux et étudiant, l'ambiance monte rapidement et les premiers titres le font plutot bien (Buzzcocks, Clash, ...) mais comme sur disque, çà ne m'accroche pas plus que çà sur la durée... L'originalité des réorchestrations devient un peu systématique, les deux chanteuses minaudent pas mal et les musiciens restent en retrait.

C'est pas trop l'avis du reste de la salle qui en redemande. L'excellent (mais sans Camille) 'Too drunk to fuck' des Dead Kennedys rejoué une seconde fois termine cette première soirée à plus d'1h30 du mat'.

La suite tomorrow...

samedi 16 juin 2007 23:42

NoMeansNo (& Ned) - Rail Theatre (Lyon), 13 juin 2007

Quelle putain de soirée !!!

Pour la découverte du Rail Théatre (la honte), c'est rock'n'roll ce soir avec une programmation Grrrnd Zero bien affutée : les locos/aux Ned et les canadiens vétérans de NoMeansNo, trio formé en 1979 (!) qui s'articule autour des frères Wright accompagné depuis les 90's par le jeune (quarantenaire ?) Tom Holliston.

La salle est pleine (400 personnes, mezzanine comprise), la bière est bonne et pas chère, il en faudra d'ailleurs, vu la chaleur qui règne ici.

Ce n'est pas Ned qui participera à faire descendre la température: un look un brin Devo (les saloppettes surement) et du rock bien velu sorti du garage, c'est distordu et tranchant. Malgré quelques problèmes de son, leur prestation noisy-punk est très bonne, avec un batteur limite psychophate qui ne tient pas en place. Les bassiste et guitaristes assurent aussi, le trio criera à tour de rôle ou en coeur. Une bonne entame pour ce qui arrive donc...

NoMeansNo, visuellement, çà ne paye pas de mine : les 2 papys un peu nerd qui trainaient dans la salle précédemment (mention spéciale au look du batteur: caleçon long aux couleurs bien dégueues + baskets + chaussettes blanches) et bien ce sont eux !!!

flickr.jpg
Pas de roadie ici, ils s'installent rapidement et c'est parti: quelques titres punk-rock pour faire chauffer la salle puis çà vire un peu plus hardcore avec des morceaux hypnotiques introduits généralement à la basse par Rob Wright. La guitare de Tom et le jeu de batterie ahurissant (puissant, qui part parfois en free jazz) de John Wright complètent magnifiquement. Les breaks sont nombreux et toujours efficaces. Pas le temps de s'arrêter pour des applaudissements que çà repart... sauf pour raconter quelques petites histoires bien décalées (avec un fort accent nord-américain).

Niveau jeu de scène, çà bouge quand même: pieds levés pour Rob et surtout sourires pour tous, public compris ! Cà pogotte même pas mal dans la fosse, avec jet de gobelets de bières à la clef. Toute leur discographie est abordée (notamment le mythique Wrong), pas une faute de gout.

Le groupe s'en va après une heure de show... pour mieux revenir: un 1er rappel qui met définitivement le feu... la basse groove terriblement (disco-punk les NoMeansNo ?), impossible de résister... Toujours aucun signe de fatigue. Leur plaisir de jouer est palpable, La bUze à la banane et n'est pas la seule.

Second rappel du même niveau, mais d'où vient ce groupe ? ils tournent à quoi ? la Kro que nous montre le batteur ? Le concert s'achève, après 2 heures incroyables, concluses par 10 minutes de hurlements/remerciements.

Générosité, simplicité, efficacité & intégrité, que de noms en '-té' pour décrire cette soirée !

Longue vie aux NoMeansNo et MERCI !

C'était le concert de l'année en léger différé du Rail Theatre.

mardi 12 juin 2007 00:00

Andrew Bird (+ Great Lake Swimmers) - le Sirius (Lyon), novembre 2004

La bUze écrivait à Bernard Lenoir ceci :

D'abord le cadre: une péniche en bord de Rhone propose une capacité forcément réduite et donc appropriée pour les concerts intimistes comme ce sera le cas ce soir.

En première partie, le chanteur des Great Lake Swimmers (autre groupe du label Fargo Records) présente en solo à la guitare accoustique les titres de son groupe... très belle voix, ambiance feu de camp, les gens s'assoient par terre, Andrew Bird vient l'accompagner sur un titre puis c'est une reprise de Springsteen et un rappel nourri et mérité. Bref un début de soirée très sympathique...

A 22h, commence la prestation d'Andrew Bird, il construit ses chansons au sampler, jongle entre un violon, une guitare, un xylophone, chante et, plus surprenant siffle parfois (Micheline Dax et André Rieux sont ici enterrés :o)). Ce qui sidère d'entrée, c'est la voix du bonhomme, d'une présence incroyable, qui fait surgir alternativement les fantômes de Jeff Buckley et Nick Drake... on peut dire qu'il y a pire comme comparaison...

Ensuite, les compositions ne ressemblent à rien de connu, sans structure couplet-refrain à laquelle se raccrocher mais çà fonctionne terriblement bien. La salle reste scotchée.

Les titres, plutot longs et piochés dans ses 4 albums, s'enchainent pendant 1h30 puis Andrew part en cabine... Un premier rappel de quelques morceaux dont un, seul à la guitare, totalement envoutant, le concert semble plié mais personne ne souhaite vraiment que çà s'arrete et après 5 minutes d'applaudissements fournis, nous avons encore droit à un dernier titre.

La prestation de ce soir restera longtemps dans les mémoires !

Mark Lanegan Band - l'Usine (Genève), le 7 septembre 2004

La bUze, au stade aquatique publiait ceci ici, Mr Lenoir se fendra même d'une lecture à l'antenne de France Inter (la postérité quoi !!!) :

2 mois d'abstinence en décibels et une rentrée rock lyonnaise assez pauvre rendent le trajet jusqu'à Genève plutôt agréable : au programme ce soir-là, délicat passage de la frontière, découverte de l'Usine (haut lieu de la culture underground en suisse) et le Mark Lanegan Band à l'affiche...

Pas de 1ère partie, la salle se remplit peu à peu, on évite la bière-coca (!) au bar et le concert commence peu après 22h.

En formation très rock (2 guitares (électriques), 1 basse, 1 batterie, une choriste) et bien tatouée, les premiers morceaux sont les plus nerveux du dernier (et magnifique) Bubblegum, flirtant parfois avec le métal sans trop s'y attarder non plus... Ensuite, c'est une alternance de morceaux calmes et plus enlevés, piochés dans la plupart des 6 albums solo (déjà !) du garçon.

La voix est toujours aussi impressionnante (combien de cigarettes ???), l'interprétation de One way street est à tomber !

Côté jeu de scène, c'est sans fioritures: quelques mercis entre les chansons, pas de lumière sur Mark Lanegan, qui, s'il ne chante pas, reste dans l'ombre entre le bassiste et le batteur. On entre-aperçoit son visage le temps de quelques flashs, ... et ça ne rigole pas, comme si seule la musique importait vraiment.

Le rappel vire psychédélique (on retrouve les Screaming Trees), les seuls musiciens terminant le set (1h45 au total) sur une ligne de basse hypnotique pendant 10 bonnes minutes...

Bref, un excellent concert (excepté le volume sonore trop élevé), et dans l'attente d'une prochaine tournée un peu plus fournie en dates françaises, Mark Lanegan reste inquiétant...

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