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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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dimanche 21 juin 2009 01:24

Tahiti 80, Naive New Beaters & Metronomy - Les Invites (Villeurbanne), le 18 juin 2009

Compte-rendu photo (ou presque) de cette première soirée du festival gratuit de Villeurbanne. Proximité du campus oblige, la programmation est ici plutôt remuante : Naive New Beaters, soit la "sensation" du moment suivi de Metronomy.

Pour ouvrir les hostilités, les frenchies de Tahiti 80, déjà vieux de 4 albums en plus d'une décennie. Ils vont facilement imposer leur pop-funk bien mélodique et efficace.

Tahiti_80_live.jpg
Les rouennais sont plutôt décontractés, çà groove et leur set est bien rôdé (fruit des nombreuses tournées japonaises, la terre d'accueil du groupe ?) ! Très sympa donc même si je goûte sans plus la voix haut perchée de Xavier Boyer.

Passons à l'inrockuptiblerie NNBs, soit une sauce electro-pop-rock-rap (un joyeux bordel quoi) montée par 3 lascards : Martin Luther B.B. King (!) (guitare), Eurobelix (machines) & David Boring au chant. Tous vêtu dans un accoutrement digne de Dschinghis Khan, les chorégraphies bien ringardes (et assumées comme telles) qui agrémentent leur prestation rappellent à nouveau le groupe allemand ou, (pas si) étrangement, Queen.

Naive_New_Beaters_live.jpg
C'est régressif, drôle aussi (hommage au saucisson brioché entre 2 titres) et côté musique ? Du lourd : lancement de batterie & basses roboratives préenregistrées que le guitariste double la plupart du temps. Boring rape par dessus en sautant un peu de partout. Bonne énergie donc mais après 3-4 morceaux... on va boire une bière (même pas bonne).

Longue attente (les horaires seront cruellement respectés cette année ) et retour des instruments (les vrais: batterie, gratte, claviers, basse & sax) pour les anglais de Metronomy qui officient encore au rayon electro-pop, j'ai bien aimé les jeux de lumière...

Metronomy_live.jpg
A suivre...

lundi 25 mai 2009 20:50

Marissa Nadler, Solarium Tremens, Cotton Wood - le Sonic (Lyon), le 19 Mai 2009

Et encore un Sonic, un ! Next a fait le déplacement : J-P et Daniel sont sur le pont, ce dernier a même remisé sa fabuleuse chemisette histoire de laisser toutes ses chances à J-P, (à peine) secrètement épris de Marissa Nadler.

Trois groupes ce soir et déjà des retrouvailles avec Cotton Wood : répertoire quasi identique à celui de la semaine d'avant, instrumentaux un poil trop longs inclus.

La bUze plonge alors dans une faille spatio-temporelle: à ma gauche, le stand merchandising déserté de Marissa Nadler, un jeune homme du public s'en approche discretos, compulse attentivement la pochette de son dernier effort avant d'avoir toutes les peines du monde à ranger l'objet dans son sac ! Et oui, au temps d'Hadopi, certains préfèrent le grand frisson :o) .

Retour sur le pont histoire de chopper un peu d'air frais avant de redescendre pour les Solarium Tremens, en configuration originale : 2 guitares, 1 violon, harpe et didgeridoo. Au programme: de jolis instrumentaux mais qui peinent à décoller (l'absence de section rythmique peut être ?), d'autant plus qu'ils sont entrecoupés par des lectures de strophes en prose des plus obscures qui font tout retomber. Bref, le post-rock acoustique, très peu pour moi.

Hydratation et oxygénation avant de replonger dans la fournaise rouge : Marissa Nadler tourne pour son 4ème LP Little Hells. Je ne connaissais que son (plaisant) prédécesseur, çà tombe bien puisque Diamond Heart ouvre le bal suivi d'une chanson à la 12 cordes peu convaincante (une nouvelle ?) avant un excellent Thinking of you.

marissaNadler.jpg
Ces 3 titres où Marissa Nadler s"accompagne seule à la guitare permettent d'apprécier la voix magnifique et délicate de l'américaine. Le groupe la rejoint : guitariste au bandana (c'est la saison, moi qui croyait que c'était le keffieh cette année), batteur et bassiste sosie de Régis (Régis était avec moi en IUT, il avait une R25 et y faisait hurler Metallica ou de l'accordéon) mais je m'égare...

Cette formule enrichie en électricité permet de ne pas trop sombrer dans la mélancolie et donne au concert son meilleur moment avec un superbe The whole is wide. Un peu plus loin, Oh lonesome me repris par Neil Young sur son After the gold rush que je reconnais pas (c'est pourtant mon préféré du loner au rayon folk, va falloir réécouter çà).

2 titres en rappel (Silvia) et peu de bavardage (timide Marissa ?) pour un concert plutôt bon donc, porté par le jeu en arpèges du gratteu et l'utilisation marquée de la reverb (ces éléments évoquent d'ailleurs plus les Cocteau Twins de Liz Frazer que le Mazzy Star d'Hope Sandoval plombé au velour souterrain).

- la chronique de JP ici. -

dimanche 17 mai 2009 22:02

Delaney Davidson - le Sonic (Lyon), le 12 Mai 2009

Emballé par sa prestation la veille juste avant Woven Hand et bien obligé d'obtempérer aux directives dictatoriales des nouveaux président et secrétaire de l'ABHAL, La bUze se retrouve en bord de Saône pour voir dans de meilleures (?) conditions ce Delaney Davidson.

Pas grand monde sur le pont, encore moins dans la cale... nous patientons avec une infusion houblonnée et voyons le Delaney quitter le navire. 1 heure plus tard, on le retrouve pourtant sur scène devant une trentaine (!) de personnes, toujours en tenue de vendeur d'aspirateur, sa mallette en cuir juste à côté.

delaneyDavidson.jpg
Seul à l'affiche ce soir, il prends donc le temps de dévoiler un répertoire beaucoup plus folk (dans une veine Calexico minimaliste). Dommage qu'au 2ème titre, il pète une corde de guitare parce que la suite sera assez laborieuse : pas de réparation, puis si (et blagues qui tombent à plat pendant ce moment de solitude), nombreux réaccordages, même le concours de danse ne prends pas trop. Pourtant, le néozélandais fait front mais rame pas mal (et niveau assistance et encouragements, une pédale loop, c'est pas le top).

Les titres relevés balancés à Feyzin sont au final peu nombreux : la fin de set en témoigne avec des reprises de Leadbelly (In the pines) et Hank Williams. Heureusement qu'au rappel, le désormais célèbre Dirty Dozen secouera quand même une assistance déjà bien réduite.

Bref, une soirée un peu loose pour Davidson et longuette pour La bUze, heureusement qu'au Sonic, la tisane est bonne !

mardi 12 mai 2009 19:49

Woven Hand, Delaney Davidson, Cotton Wood - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 11 Mai 2009

Soirée bottleneck ce soir, à l'Epicerie toujours et sur les conseils de Next, ici présents (excepté J-P-homme-brisé 2ème) accompagnés de Xavier.

Woven Hand à l'affiche et une première première partie locale: Cotton Wood soit un entame peu alerte en slide au dobro (instrumental arpégé trop répétitif). La suite est heureusement plus convaincante : des vieux blues, chantés ou non, mais exécutés avec ce truc en plus qui capte l'attention. Cà part donc bien et on a même un peu de rab'.

Ce n'est pas le cas pour Delaney Davidson, pote (?), membre (?) des Dead Brothers (je lis le flyer - ah). Seul à la gratte avec une pédale de loop, costumé en marchand d'aspirateur itinérant des 50's (et sans chemisette blanche), le gars maitrise plutôt pas mal.

Au deuxième titre, il lance une valse et quitte la scène pour ouvrir un concours de danse dans le public. 3 minutes après, çà danse un peu dans tous les coins et la salle lui est désormais acquise.

C'est fort, blues rock mal léché (genre l'album Jon Spencer + RL Burnside) et méchamment efficace. Un sombre histoire de Devil plus loin, c'est presque la fin. Trop court donc, comme une petite claque prise s'en l'avoir vu venir !

Place à la tête d'affiche et le plus très nouveau band de David Eugene Edwards des feux 16 Horsepower. 5 albums pour le groupe, pas un d'entendu mais une réputation scénique bien établie, La bUze demande à voir...

D'emblée, c'est la grosse baffe : une reprise de Joy Division (Heart & Soul, identifié par mes confrères) et sa section rythmique presque martiale. Lumière rouge qui lui a bien au teint et bandana vissé sur la tronche, Edwards restera assis pendant tout le set. Pourtant le concert est tout sauf statique, plutôt estomaquant sur ses 2 premiers titres.

wovenHands.jpg
Habité dès les premières notes, notre homme, quand il ouvre les yeux (ce qui est rare), pose un regard presque aussi allumé que celui de Klaus Kinski. Point de bavardages rigolos entre les morceaux ici mais plutôt des incantations chamaniques, bref, on n'est pas là pour rigoler.

Si l'intensité décroit un peu par la suite (pour ménager l'assistance ?), çà ne dure pas longtemps : superbe morceau à la mandoline porté par cette voix qui rappelle beaucoup le regretté Jeffrey Lee Pierce du Gun Club ou le magistral et envoutant Speaking Hands (?). Le son est énorme bien qu'ils ne soient que trois : impeccables Pascal Humbert à la basse & Peter van Laerhoven Ordy Garrison à la batterie.

A l'heure de jeu, la salle est presque à genoux. Rideau et ovation, rappel où la mandoline revient puis un dernier, un chouia moins prenant que le reste. M'enfin, la prestation de ce soir était ahurissante, la réputation d'Edwards (et du groupe) n'est pas usurpée, je reviendrais, c'est sûr !!

En 2007 et 2008, le concert de l'année avait lieu en juin, il se pourrait que cette fois le calendrier ait un peu d'avance !


- edit - les chroniques de Xavier (ici) et Daniel ().

- page 55 de 74 -

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