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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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lundi 4 mai 2009 20:28

Andrew Bird + Laura Marling - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 30 Avril 2009

Un mois sans concert, c'est pas humain... D'accord, c'était les vacances mais c'est pas une raison. Je sauve ma peau in extremis avec un nouveau détour à l'Epicerie, pour du connu en plus : Andrew Bird accompagné de la très jeune Laura Marling. Rappelé à l'ordre par J-P, j'y retrouve à coté du bar Daniel, dans la salle Benoit & J-P.

19 ans pour l'anglaise (les next boys sont un brin plus vieux ;o) ), beaucoup plus pour le folk qu'elle présentera ce soir. On remonte loin loin loin, de l'autre coté de l'Atlantique, avec cette voix qui ne fait pas son âge, un peu l'effet produit par Alela Diane, même si leurs organes sont très différents.

Jeu timide à la guitare et accompagnements discrets d'une violoncelliste-choriste planquée derrière la chevelure péroxydée de Marling, c'est finalement une première partie bien plaisante et presque courte. Un dernier titre aux arpèges très Last Year's Man et puis s'en va.

Place à Andrew Bird, en tournée pour son nouvel album Noble Beast, pas écouté (pas vraiment aimé le précédent Armchair Apocrypha) mais les souvenirs live du garçon sont plutôt positifs, avec une découverte au Sirius fabuleuse et, un an plus tard, un set plus policé à la salle Victor Hugo.

Depuis Andrew a embauché parait-il, en pleine période de crise qui plus est... C'est pourtant seul qu'il entame son set, dans une veine qui revient bien en mémoire (à défaut d'écouter ses albums) : il maitrise toujours au poil la formule violon + sampler sur les 2 premiers titres.

Une section rock le rejoint ensuite, le violon s'éclipse au profit d'une gibson. Cà mets un peu de temps à décoller je trouve (avec Imitosis et sa rythmique presque Buena Vista Social Club) mais la suite ira crescendo, Bird varie à loisir ses mini-pièces (le terme chanson n'est pas approprié ici), s'amusant (?) à calmer les envolées soniques de la bande par quelques silences appropriés.

andrewB2.jpg
Voix toujours impeccable et groupe compact, cette évolution par rapport aux précédents concerts est appréciable. La densité des morceaux y gagne aussi, comme sur ce Anonanimal commencé au sax par le bassiste avec un phrasé plutôt génial.

Le rappel a lieu tard et il sera généreux, Sovay fait même hurler quelques fans dans la salle (bien remplie, il est vrai). Belle soirée folk donc, comme quoi...



- edit - la chronique de Daniel : ici

lundi 23 mars 2009 23:06

Buzzcocks + Cortona - Ninkasi Kao (Lyon), le 22 Mars 2009

On replonge dans les décibels ce soir pour une virée exceptionnelle (?) au Ninkasi (et dont l'asso Kao Connection rencontre des quelques difficultés en ce moment). Soirée nostalgie (j'espère pas trop, j'aime pas çà) avec mon groupe punk préféré: les Buzzcocks qui lâchèrent fin des 70's 3 albums et une compile de singles juste parfaits, gorgés de bombinettes power-pop imparables[1].

Rayon madeleine, çà commence fort avec une première partie assurée par les locaux de Cortona. Ils doivent pas avoir 30 balais et proposent du punk rock labellisé 1977. C'est carré et efficace, pénible aussi : pas d'originalité dans les compos et un chanteur qui récite par coeur ses poses de rockeur. Vite, au bar !

La fosse est pleine juste avant que les mancuniens n'entrent en scène, le public est presque varié niveau âge (étonnant) mais beaucoup moins féminin que pour The Ex en début de semaine.

Le ton est donné d'entrée de jeu avec (I hate) fast cars : son très bon et puissant, pas de fioritures ni de bavardages entre les morceaux, 3 minutes règlementaires pour chacun, çà pogotte gentiment aux premiers rangs, on va se gaver !

shelley diggle.jpg
Sur scène on retrouve l'âme du groupe d'origine (en excluant Devoto qui a rapidement lâché l'affaire), à savoir Steve Diggle et Pete Shelley. Si le premier s'en donne à coeur joie brandissant dès qu'il peut son intrument, le second tire presque la tronche (sûrement agacé par des problèmes d'ampli qui perdureront tout le set). Derrière, la section rythmique reste en retrait mais assure plutôt pas mal.

Pour le répertoire, on ne change pas de décennie. Tout est tiré de cet âge d'or et entendre en live ces power-songs procure un plaisir indicible : What do I get, Ever Fallen in Love, Autonomy, Just Lust, Sixteen again (!)... c'est bien 25 perles qui seront alignées ce soir, Orgasm Addict ouvrant un rappel généreux et plein de oh-oh-oh.

Dix ans que j'avais pas ré-écouté ces titres aux mélodies exceptionnelles, merde, je vais replonger ! Merci aux Buzzcocks et revenez quand vous voulez !

Notes

[1] tout est compilé dans l'excellent coffret Product

mercredi 18 mars 2009 23:50

The Ex + Ililta Band - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 16 Mars 2009

Nouvelle épicerie qu'on espère un peu plus bruyante que les précédents concerts de 2009. Pas trop inquiet quand même : The Ex est à l'affiche.

Comme en Novembre 2006 ici-même, la première partie est éthiopienne pur jus. Mohammed 'Jimmy' Mohammed n'étant plus (décédé un mois après cette représentation), c'est Ililta Band qui ouvre la soirée.

D'abord à deux (chant + krar) pour le classique éthiopien Tezeta (présent sur chaque volume ou presque de la collection Ethiopiques). Un autre titre dans la même veine et un joueur de manseqo arrive, beaucoup plus sonore.

C'est bien rude - entendez très traditionnel - et le public réagit timidement (il faut dire que le format pop-rock éthiopien dépasse largement les 2 minutes 30 ;o) ). Pourtant, petit à petit, le trio va s'imposer, obtenant une belle participation de l'assistance à la faveur de titres plus enjoués. Si bien qu'ils ne s'arrêtent plus (Terrie Ex est hilare en backstage) et qu'il faudra carrément débrancher le masenko.

Etonnante et sympathique mise en bouche, mais on commence à avoir l'habitude avec les hollandais.

Ces derniers fêtent cette tournée leurs 30 ans d'activisme, avec changement de personnel quand même. Conséquent cette fois-ci puisque G.W. Sok vient de lâcher l'affaire, remplacé au chant par Arnold de Boer, transfuge de Zea. Petite appréhension donc mais départ réussi avec une introduction fromagère opportune.

theEx4.jpg
Début de l'assaut : les deux guitares baritones lancent des mini-riffs bien crados, rapidement rejointes par la batterie martiale de Katherina, déjà très concentrée sur ses fûts. Le nouveau chanteur est aussi venu avec sa guitare ajoutant un peu de dissonance à l'ensemble. Son parfait et une impression de puissance toujours là.

Côté répertoire, on dirait des nouveaux morceaux (du moins à mon oreille - un disque est d'ailleurs annoncé), la bande des quarantenaires manifeste un enthousiasme très communicatif à les présenter : gros smiles, petites joutes de six-cordes, on saute un peu de partout... Rares (NoMeansNo, Fleshtones) sont ces groupes "matures" qui distillent autant d'énergie sur scène !

Sur le fond, c'est un retour aux fondamentaux punk (le changement de personnel peut l'expliquer), surtout à cause du chant de Boer, presque mélodique et moins scandé que celui de Sok. L'absence des incartades éthiopiennes (notamment le titre chanté par la batteuse en langue de là-bas (me demandez pas laquelle, y'en a 80)) manque un poil. Heureusement qu'au premier rappel, la reprise des Konono 1er nous remets en tête la curiosité des néerlandais !

Bref, cette 4ème séance fut plutôt très bonne, moins aventureuse certes, mais plus ludique et à peine moins tendue que les précédentes. De toutes façons, The Ex reste un groupe à voir sur scène.

lundi 2 mars 2009 21:03

Mathieu Boogaerts + Yasmina - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 17 Février 2009

Petite épicerie ce soir, un brin décalée sur le papier : Mathieu Boogaerts ouvre sa tournée ici.

Yasmina assure la première partie accompagnée d'un guitariste et d'un contrebassiste. Des textes en français et une voix qui, dans ses moments calmes, évoque Valérie Leulliot. Musicalement, c'est pas trop ce que j'aime mais c'est plutôt bien fait, le jeu de contrebasse apportant un plus indéniable. Surtout, la jeune fille se démène pas mal pour faire participer le public et çà paye.

Pause bière qui nous fait louper le début du set de Mathieu Boogaerts. Ce dernier présente son tout frais "I love you", premier album au monde (?) composé à la batterie, qui suscite des avis partagés. J'ai pas d'idée sur la chose, ayant seulement trempé mes oreilles dans ses 2 premiers disques, sa réputation scénique ayant fait le reste pour m'amener ici.

D'abord, la scène parait bien vide : pas de câbles, pas d'enceintes de retour (ils se font par oreillette), ce qui autorise quelques facéties de configurations, le batteur étant sur roulettes. Ils sont 4, tous torse moquette sous une veste de smoking, chacun arborant un pantalon aux couleurs pétantes.

boogaerts.jpg
Côté répertoire, les nouvelles compos sont à l'honneur et les anciennes remaniées pour un rendu plutôt pêchu. Le son fait très années 80's (l'effet synthé en bandoulière ?) mais çà passe, l'univers du gars est bien présent et il sait faire le pitre comme personne.

Si tout n'est pas en place (ils se cherchent un peu, reconnaissant être déstabilisés par la taille de la scène), leur plaisir à jouer et (sûrement) improviser quelques trucs est évident et communicatif. Jouant avec les silences (un peu trop sur un 'Dom' ralenti à l'extrême), Boogaerts n'est, déception, pas très bavard en début de set. Il se rattrape bien sur la fin, avouant qu'après 3 ans sans concert, il a des choses à dire.

Après un premier rappel où il passe derrière les fûts pour une très drôle reprise de Jesse Garon, il se lance dans des mini-sondages absurdes sur le ressenti du public. 2 titres de rab' et c'en est fini... trop court !

Un bon remède anti-crise, en tout cas !

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