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Live Chronique

Chroniques de concerts obscurs en salles obscures

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samedi 23 avril 2016 15:39

Calexico + Gaby Moreno - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 22 Avril 2016

On avait raté leur précédent passage ici même il y a un paquet de temps et on était plutôt curieux de les découvrir en live. D'abord parce quelques uns de leurs albums des débuts avaient été plutôt marquants, on avait ensuite décroché avant de jeter une oreille distraite sur Algiers (précédente livraison) et se demander la cause d'un tel abandon.

Le petit dernier (Edge of the Sun) nous a moins convaincu mais les divers échos live étaient plutôt bons, la preuve ? On retrouve ce soir là des gens de bonne compagnie, Hello Darkness au complet et en couple, par exemple ;) !

Peu de bruit sourd de la salle quand nous y entrons et pourtant, Gaby Moreno a déjà commencé les présentations. Avec un effectif mouvant tiré des 7 Calexico, elle mets tout de suite dans le bain désertique de la soirée, nous cueillant d'abord avec une charmante reprise de Françoise Hardy puis enchaînant entre anglais et espagnol des chansons délicates. Sa voix est remarquable et ce dernier titre joué seule à la guitare nous convaincra d'aller découvrir une discographie déjà bien garnie (4 albums).

Place à Calexico, la paire Joey Burns & John Convertino évidemment, accompagnée de multi-instrumentistes bien doués (trompettes, guitares, accordéons, claviers, vibraphone, ...). L'embarquement sera rapide et nous voilà propulsés dans l'univers si particulier (Tex-Mex/Americana) des américains.

Le dernier album (nos morceaux préférés) pour mise en bouche, chaque titre est comme un nouvel enchantement: çà joue pas forcément fort mais collectif et sans chiqué, le plaisir que prends le groupe est palpable, communicatif et très réjouissant.

Burns est plutôt à l'aise dans tout ce qu'il fait et laisse beaucoup de place à ses comparses, le plus discret restant le métronomique Convertino, rouge écarlate dans sa chemise 50's boutonnée jusqu'au cou.

La soirée alternera entre titres enlevés & mariachis et passages plus folk, portés par la voix de son leader (qu'on n'imaginait pas si bonne). Petit frisson aux premiers arpèges du Alone Again Or de Love, nous rappelant le passage non moins émouvant d'Arthur Lee à Lyon.

Gaby Moreno reviendra souvent pour pimenter un peu plus un setlist bien fournie (2h de concert ou presque), avec un très belle reprise de Ry Cooder en entame d'un rappel généreux.

Pour un premier concert en leur compagnie, dur de ne pas être comblé !

samedi 16 avril 2016 01:37

Yom et les Yiddish Cowboys - A Vaulx Jazz, le 9 Mars 2016

Un petit détour par AVaulxJazz, çà devient presqu'une tradition et çà fait pas de mal...

Dur aussi de ne pas être intrigué par le nouveau projet du surdoué Yom accompagné d'un autre combo (les Yiddish Cowboys donc) pour une virée aux Etats-Unis et un album de folk-songs dédié à son père.

Le clarinettiste va donc jouer avec les codes du mythe américain, nous laissant recréer ses grands espaces: routes sans fin, diners, club de blues, le voyage est ponctué d'étapes plongeant dans différents styles avec brio: pur folk, country, slow, musique de western ou blues. Des compositions originales pour la plupart, mais aussi l'ultra standard The Wayfaring Stranger en pivot central d'un concert prenant.

Coté cowboys, c'est irréprochable, avec des embardées électriques savamment dosées et un son juste incroyable !

Presque 1h30 de set & 2 rappels. On auraient bien pris un petit Picnic in Tchernobyl pour s'achever mais... c'était un autre projet.

vendredi 8 avril 2016 18:37

Otis Taylor - l'Epicerie Moderne (Feyzin), le 21 Mars 2016

Une petite épicerie, encore... pour, chose rare ici, du blues (euh, d'accord la fois d'avant ici même c'était JSBE ^^).

Otis Taylor fait dans un style qui lui est propre: blues donc mais chamanique ou vaudou, on sait pas trop, toujours est-il que ses titres longs aux motifs répétitifs créent, sur disque, comme une transe et on est impatient de voir ce qu'il en sort version live.

Ben, c'est différent: les titres sont moins longs (ou alors on ne voit pas le temps passer) et l'approche est à la cool !

Accompagné d'une violoncelliste survitaminée (aux chorégraphies un poil too much), d'un bassiste de Precision aux grosses poches sous les yeux et d'un batteur au groove félin, Taylor attaque sur une curieuse Telecaster 5 cordes. Les mêmes riffs qui tournent efficacement sur lesquels se pose la voix d'ours d'Otis et auxquels le violon répond par de courtes phrases. Derrière, la section rythmique ne bouge pas d'un yota, imprimant une pulse inébranlable.

Des titres issus des précédents disques (on a découvert récemment My World Is Gone & White African - il en reste une dizaine, le rythme des sorties étant annuel) mais sûrement aussi de Hey Joe (sublime intro pour sublime reprise), dernière livraison en date (vendu 20€ (!) en fin de concert), le tout exécuté dans une ambiance très bon enfant: petits jeux avec le public et même traquenard fait au batteur sur la fin de titre..

otisTaylorLyon.jpg [1]
L'américain disparaitra même un cours instant pour laisser place (et gagner du temps ?) à Anne Harris avant de revenir lentement (il marche difficilement) en fosse où une partie du public va improviser une chenille (!) à sa suite.

A l'heure de jeu, tout ce petit monde s'en va et le très court rappel a cappella nous faire dire que Taylor est un peu roublard sur ce coup là...

Note

[1] photo: France de Stefanis

jeudi 24 mars 2016 17:48

Miossec & Erwan Pinard - Marché Gare (Lyon), le 17 Mars 2016

Une belle programmation que Les Chants de Mars nous offrent cette année (on regrette d'ailleurs de ne pouvoir être ici même le lendemain pour Loïc Lantoine en version big band) !

D'abord dans le local avec Erwan Pinard qu'on a déjà vu place Sathonay et qui a attaqué très tôt (20h20 ?)... si bien qu'il nous manque déjà 3 titres au compteur quand Xavier & moi entront dans la salle (voilà ce que c'est que d'aller faire des burns en berlingo sur les parkings ^^), c'est dommage tant le garçon est en forme.

On reconnait quelques titres de Septembre mais beaucoup sont tirés du dernier album très recommandable dixit mon chauffeur.

erwanPinard.jpg
Irrésistiblement drôle et incisif, on se régale de cet humour noir serti de quelques éclairs de poésie qui font mouche à chaque fois. Les 2 frangins qui l'accompagnent (guitare & batterie) assurant à merveille des arrangements rock qui musclent le tout.

Le public, inhabituel pour le Marché Gare (enfin, celui qu'on a l'habitude d'y croiser), adhère dans sa grande majorité même si le volume sonore semble incommoder un chouilla.

Mais il est surtout venu pour Miossec en tournée depuis presqu'un an dans des petits lieux en formule acoustique / réarrangé pour un "petit ensemble" composé d'un accordéoniste (complètement dedans), un guitariste et une violoniste/mandoliniste (elle joue de la mandoline, quoi). Le gratteux ajoutant un beat fàçon grosse caisse histoire de donner un peu de rythme.

Tous les 4 sont de front, assis (!), on se doute que cette configuration se veut intimiste fàçon cabaret ou un truc du genre mais quand le public reste debout, çà fait bizarre... Et le répertoire choisi étant principalement inconnu: nouvel album (sûrement) + des fonds de tiroirs (dixit le Brestois), il est très difficile d'être captivé par ce qu'on entends & voit (l'accordéoniste excepté), le breton reste planqué sous son chapeau, quasi muet entre les chansons.

Néanmoins (quand même), il y aura quelques très beaux moments ("Que devient ton poing que tu tends les doigts" ou surtout "Nuit bleue"), aux arrangements minimalistes qui grattent jusqu'à l'os mais çà contrebalance pas l'ennui qui nous gagne... Et çà fait beaucoup par rapport à l'excellent souvenir de son dernier passage aux Escales de Vénissieux en 2012.

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